Un livre édité par Soral interdit pour antisémitisme, 4 partiellement censurés

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La justice a ordonné mercredi, en référé, l'interdiction pour antisémitisme d'un livre édité par l'essayiste proche de l'extrême droite Alain Soral, une décision rare, et la censure partielle de quatre autres.

"L'Anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme" de Paul-Eric Blanrue, édité en 2013 et vendu sur le site internet des éditions Kontre Kulture, devra être retiré de la vente "dans un délai d'un mois", selon une décision du tribunal de Bobigny consultée par l'AFP.

Certains passages de quatre autres ouvrages du XIXe et du XXe siècle, republiés par Alain Soral, "La France juive" d'Edouard Drumont, "Le salut par les juifs" de Léon Bloy, "Le juif international" d'Henry Ford et "La controverse de Sion" de Douglas Reed devront être retirés.

La justice reproche à ces ouvrages les délits "d'injure envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion déterminée", de "négation de crime contre l'humanité" et de "provocation à la haine raciale".

La maison d'édition et Alain Soral sont également condamnés à verser, "à titre de provision", 8.000 euros à la Licra, ainsi qu'à payer une partie des frais de justice. La Licra avait demandé 20.000 euros de dommages et intérêts par ouvrage.

"On est dans la lettre de cachet", "la Licra décide qui a le droit d'éditer des livres ou non", a réagi Alain Soral, affirmant à l'AFP son intention de faire appel. "On ne peut pas interdire d'éditer des textes historiques à la demande d'une association qui ne représente qu'elle-même", a-t-il ajouté.

"Le pouvoir inique qui dirige la France essaie de me punir par tous les moyens", a ajouté ce proche de Dieudonné, affirmant que le but de la décision et de la sanction financière était de le "mettre à mort", ainsi que sa maison d'édition, qui dégage un chiffre d'affaires de 640.400 euros pour un bénéfice net de 64.300 euros, selon le registre du commerce.

'Une décision très rare'

Cette interdiction, "c'est à mourir de rire", a déclaré à l'AFP l'auteur, Paul-Eric Blanrue. "C'était un ouvrage de gentillesse, d'amabilité et de réflexion", a-t-il ajouté, appelant à "dissoudre la Licra" qu'il qualifie "d'association de bien-pensance sioniste" et distingue dans ses propos des "Français" qui n'accepteraient plus "de se faire dicter en France la loi par Israël".

La Licra s'est réjouie de cette décision "qui a un côté rafraîchissant et assainissant", selon son secrétaire général Roger Benguigui. "Il s'agissait de pointer des initiatives prises par des gens d'extrême droite pour relégitimiser des théories racialistes", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'interdiction d'un livre est "très rare", cela "n'existait plus depuis quelques années", a relevé l'avocat spécialisé Yves Baudelot. "C'est rare, mais pas très surprenant au regard de la nature du message" du livre, a ajouté son confrère Basile Ader.

Présenté comme un "manuel d'éducation civique non-conformiste" , l'ouvrage de Blanrue compile en 321 pages des centaines de propos antisémites tenus par diverses personnalités dans l'Histoire. Son auteur en avait publié une première version en 2007, aux éditions Blanche, un éditeur d'ouvrages érotiques. Elle était préfacée par Yann Moix, qui vient de décrocher le prix Renaudot, et n'avait pas été condamnée à l'époque.

Lors de l'audience de septembre, l'avocat d'Alain Soral, Me Lahcène Drici, avait insisté sur le caractère "pédagogique" de ces rééditions, un argument balayé par la Licra qui fustigeait une attitude "purement provocatrice". Selon M. Soral, les ventes de ces ouvrages, proposées sur le site de Kontre Kulture mais que l'on trouve aussi sur Amazon par exemple, sont restées confidentielles, à quelques centaines d'exemplaires.

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