Qui est ce site tikoun-Olam qui nargue la censure israèlienne ?

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Tikun Olam, un blog américain fondé en 2003 et spécialisé sur Israël,  dont l’auteur réside… sur la côte Ouest des États-Unis,  à Seattle.

Anodin en apparence, ce blog affiche en fait de très hauts scores de consultations et constitue un casse-tête pour la censure israélienne. 
Tikun Olam s’est ainsi fait connaître en balançant ni plus ni moins que  les noms des candidats à la direction du Mossad et du Shabbak avant les médias israéliens.

Il se distingue depuis en révélant et commentant régulièrement des affaires liées à la sécurité d’État israélienne. Un exemple parmi des dizaines ? Silverstein a révélé que des bateaux du groupe Ofer, sanctionné par les USA pour avoir commercé avec l’Iran (ici), servaient en fait à faire entrer des agents israéliens au cœur de la République Islamique.

L’histoire publiée par Silverstein est très corsée et inclut des citations authentiques pas piquées des hannetons. Comme par exemple quand l’ancien du patron du Mossad, déclare,  " bon quoi, il n’y a pas de loi qui interdit d’accoster en Iran..Et puis les frères Ofer ne font pas de négoce avec l’Iran, il font de la livraison, nuance". Presque du Audiard dans le texte. Un vrai délice.

Un peu moins cependant, lorsque Silverstein retrace l’historique précis des livraisons et avance ses analyses  sur le nucléaire iranien et le bien-fondé de mener telle ou telle action clandestine.
De nombreux israéliens se demandent comment à l’autre bout de la planète Silverstein peut depuis son salon douillet, sortir de pareils scoop. La réponse en fait est assez simple. Richard est un très bon investigateur, persévérant, méthodique, maniaque presque.

En plus de l’anglais, il maitrise  l’hébreu couramment  (et accessoirement le yiddish).

Il puise et retraite avec maestria l’information “blanche” disponible sur le net, creuse les rapports en ligne et dispose d’un bon réseau de contacts parmi les bloggers et les activistes israéliens eux-mêmes. 
Il arrive aussi apparemment que des indicateurs lui fournissent  des informations exclusives sur un plateau. C’est là que les choses se compliquent. Car ce que publie Silverstein est loin d’être neutre et  pourrait dans certains cas impacter par exemple sur la sécurité d’agents en opération.

Officiellement, la censure israélienne laisse dire et  ne s’intéresse pas aux  blogs étrangers totalement libres de dire ce qu’ils veulent certes, mais pas forcément crédibles.

Pourtant la presse israélienne  bridée dans son expression sur les questions de sécurité reprend régulièrement et opportunément les posts mis en ligne par Silverstein sur Tikun Olam.
Et les israéliens ne sont pas les seuls à faire cela. Récemment Silverstein a  fait plusieurs fois la une des agences de presses iraniennes. Aujourd’hui encore pour affirmer que la dernière exécution d’un scientifique nucléaire iranien est l’oeuvre conjointe du MKO (l’OMPI, l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien) et du Mossad.  Et pour renforcer la portée du propos, Fars News orne la dépêche du logo de l’Institut israélien.  Pour les iraniens,  les révélations de Silverstein ont donc valeur de parole d’évangile…Hum.

A ce stade, les choses se gâtent carrément. Le mécanisme fut  identique pour “Stuxnet” le ver qui a attaqué les centrifugeuses iraniennes. Il existe en fait deux possibilités. Ou bien Silverstein dit vrai, il tient effectivement son information d’un initié israélien et les systèmes de renseignements israéliens ont un gros problème d’étanchéité et de fiabilité. Ou alors plus probablement la fuite est organisée en vue de produire un effet…Pas forcément favorable à Israël d’ailleurs.

Dans le cas de Stuxnet par exemple, il est clair pour les experts qui connaissent le dossier un peu au delà de sa dimension technologique, qu’aucune information sérieuse n’a pu filtrer du système de sécurité israélien.  Contrairement à ce qu’ont écrit certains médias l’Etat d’Israël n’a jamais revendiqué Stuxnet, ni d’une façon ni d’une autre. Silence radio total.

Par conséquent toutes les théories attribuant le ver à Israël ne sont que de pures spéculations, ou mieux des guerres de l’information, ou des “psy-ops” comme on dit. Dans le cas de Stuxnet l’origine des rumeurs pointe vers le camp opposé à l’intervention en Iran. Une nébuleuse qui agrège des intérêts épars aux USA, en Europe et en Israël au coeur même de l’appareil d’État  et parfois, de manière inattendue en opposition totale avec le sommet de l’exécutif (à l’instar de ce qui se passe en France).

Alors dans l’affaire des attentats en Iran évoquée plus haut, à qui les fuites profitent-elles ? Chacun est libre d’ élaborer des scénarios… Cependant, agiter à tort ou à raison le chiffon rouge en chantant youhou c’est nous, ne sert en aucune façon les intérêts d’Israël et expose inutilement par rebond la diaspora et les intérêts israéliens dans le monde.

Pourtant Silverstein ne s’arrête pas en si bon chemin et assortit ses révélations  (vraies ou fausses, là n’est pas le problème) d’un jugement de valeur. En substance : ce que fait Israël (les supposées exécutions) n’est pas  bien  et il n’est ni moral, ni utile  de commanditer l’exécution de  scientifiques fussent-ils les cerveaux du nucléaire iranien. Cqfd.

Alors pourquoi Tikun Olam met-il en scène de tels efforts pour accréditer la culpabilité d’Israël (probablement hors de cause mais bouc émissaire idéal y compris pour les occidentaux comme dans le cas de Stuxnet) ? Au service de quels intérêts et de quelles visions ?
En attendant la réponse, Silverstein qui se définit comme libéral (gauche américaine) est d’ores et déjà dans le collimateur de l’Aipac (lobby sioniste US) et de certains lecteurs qui lui reprochent,  de mettre Israël en danger avec ses “enquêtes” et ses démonstrations sulfureuses. Ce à quoi Richard rétorque bien entendu  qu’il ne veut que le bien d’Israël et sa sécurité...

Tout est relatif à suivre....

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