Décès de Charles Zalber, l'enfant juif caché pendant la guerre - Ronfeugerai

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Article paru dans "Ouest-France"
         
Charles Zalber est décédé vendredi 30 décembre, à l'âge de 78 ans. Il sera inhumé ce mardi à Bagneux, en région parisienne.

Sa gratitude envers le village était immense. Avec ses parents et sa soeur, le petit Charles Zaclberg (devenu Zalber dans les années 50) a échappé à la barbarie nazie en se réfugiant à Ronfeugerai entre 1942 et 1945. La famille doit sa survie au comte Lefébure, maire de l'époque, et à son premier adjoint, Gaston Gauquelin. Tous les quatre ont été dissimulés à la Folinière sous une fausse identité. Avec la complicité des habitants : les enfants étaient scolarisés avec ceux du village.

« Le premier contact que j'ai eu avec lui remonte à 2004, se souvient Pierre Lion, le maire. Il voulait rendre hommage aux personnes qui l'avaient hébergé. » Le 16 octobre 2004, tout le village était réuni autour Charles Zalber, venu poser deux plaques à l'église et à la mairie : « Que le comte Lefébure et ceux qui à Ronfeugerai ont permis à une famille juive de traverser les années terribles soient honorés à jamais. »

Citoyen d'honneur

Ce jour-là, Charles Zalber était fait citoyen honneur de Ronfeugerai. Une grande amitié était née entre le maire et le petit protégé de la commune.

Le 20 août 2011, Charles Zalber est revenu dans l'Orne, « faire le nécessaire au soir de sa vie » : « A Paris, il était propriétaire d'une grande galerie d'art, indique le maire. Il nous a offert une toile de Jean-Pierre Ruel qui symbolise la fuite heureuse. Elle est accrochée dans la salle du conseil municipal. »

Le sénateur Nathalie Goulet pleure un ami qui « n'a eu de cesse de témoigner sa reconnaissance à son village, village héroïque. Il ne distinguait pas le prêtre, les châtelains, les gendarmes qu'il citait souvent, ses camarades de classe et l'instituteur. Chacun avait concouru à lui assurer la vie sauve et une enfance normale à une époque qui ne l'était guère [...] A l'heure où chacun s'interroge sur l'utilité du devoir de mémoire et la nécessité d'écouter et surtout d'entendre les derniers témoins, nous, ses amis, sommes heureux d'avoir partagé des moments uniques de fraternité ». En guise d'adieu, elle lui fait une promesse : « Charles, vous pouvez dormir tranquille, nous veillons scrupuleusement sur votre souvenir. »

Ce mardi, à bord de deux voitures, le maire, des représentants de la commune et d'anciens camarades de classe de Charles Zalber, partiront de Ronfeugerai dire au-revoir à celui qui restera à jamais un enfant de la commune.

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