Reportages, Judaïsme, Pologne : Le patrimoine architectural et spirituel juif de l’Europe Centrale?

Reportages - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

cracovie-wawel.jpgChaque année, début juillet, au coeur de l’ancien quartier juif de Cracovie, rue Sheroka, des milliers de jeunes Polonais toute la nuit dansent, chantent et s’amusent au son de la musique klezmer jouée par les célébrités de New York et de Tel-Aviv.

Le concert de clotûre du festival de la culture juive de Cracovie, qui en est à sa 23-ème édition,  bat les records de popularité.

Ce qui nous renvoie à la question du le patrimoine architectural et spirituel juif de l’Europe Centrale. A qui appartient-il moralement?  Des non juifs ont-il le droit de faire revivre le passé disparu?

Le synagogues dévastées

Kazimierz a vu les premiers juifs s’installer dans ses  ruelles sombres et ses maisons aux escaliers étroits à la fin du XVe siècle, lorsqu’ils ont été chassés du centre de Cracovie, où ils habitaient depuis deux siècles. Pendant quatre siècles et demi le quartier, devenu le centre de laSKEROKA.jpg culture juive, prosperait. Avec la Seconde Guerre mondiale, la vie s'y est brusquement arrêtée. En mars 1941 ses habitants – entre 45 et 60 milles –  furent entassés dans le ghetto dans le quartier de Podgorze. Les synagogues furent pillées et dévastées, les biens et les propriétés spoliées. La majorité de la population juive de Kazimierz avait disparu dans l’holocauste, seuls quelques milliers  revinrent s’installer dans le quartier à la fin de la guerre, suivis de nombreux réfugiés juifs en provenance d’URSS. Cependant, suite aux émeutes anti-juives en août 1945 beaucoup d’entre-eux ont décidé d’émigrer soit en Israël soit aux États-Unis. La présence juive périclita.

Rendre sa mémoire

Aujourd’hui le quartier est plus vivant  que jamais. Devenu un endroit à la monde, un des lieux « branchés » de Cracovie, avec ses nombreux cafés, restaurants, boutiques et galeries à la mode, il attire les artistes, les étudiants, les touristes. On y voit des enseignes en hébreux, au détour d’une ruelle on entend pleurer le violon. Les sept synagogues de Kazimierz, auparavant désaffectées ou en état de délabrement ont été restaurées – Remuh reste ouverte au culte – les autres ont été transformées en musées ou centres culturels. En 15 ans un total 12,5 millions d’euros ont été investis pour la seule rénovation des monuments.  Les investisseurs privé ont suivi. Le quartier doit cette seconde vie à l’existence du Festival de la culture juive.

Depuis 20 ans pendant plusieurs jours la population polonais et les juifs venus du monde entier paricipent ensemble aux expositions, concerts, ateliers, rencontres et concerts cencé cencentrés sur la culture du yiddishland. «Ceux qui ont fait vivre Kazimierz ne reviendront plus jamais, mais nous pouvons rendre à cet endroit sa mémoire, celle de ses habitants, de son histoire, de sa culture et de ses traditions», explique Krzysztof Gierat, l’un des père du festival.  D’aucuns  reprochent au festival de flirter avec le folklore et l’artificiel. D’autres au contraire estiment que cette mosaïque autour du passé juif tient de la création. Quoi qu’il en soit la jeunesse et l’entousiasme sont au rendez-vous. Cette année la grande scène au coeur du quartier juif va acceuillir Abraham Inc. avec un mélange explosif de jazz, de funk de klezmer et de hip-hop et Ravid Kahalani, Israélien puisant dans la tradition yeménite.

wiszniewska irena

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi