Tag Archives: Lex Luthor

James Gunn révolutionne Superman : une métaphore brillante de la place d’Israël dans le monde

James Gunn révolutionne Superman : une métaphore brillante de la place d’Israël dans le monde

Superman, lumière d’espoir et renouveau éclatant pour l’univers DC.

Dans ce nouveau Superman, la position d’Israël sur la scène internationale affleure en filigrane, sans jamais être nommée.
L’intervention du héros dans un conflit entre deux nations fictives, pour éviter un bain de sang, rappelle les opérations militaires israéliennes, souvent motivées par une logique de protection, mais aussitôt soumises à une vague de condamnations médiatiques et diplomatiques.
Superman, bien qu’animé par une volonté sincère de sauver des vies, se retrouve perçu par certains comme un oppresseur, par d’autres comme un sauveur, à l’image de l’ambiguïté permanente qui entoure la politique d’Israël.

La manipulation orchestrée par Lex Luthor, qui transforme l’homme le plus moral en figure menaçante aux yeux du public, évoque avec justesse la manière dont Israël, malgré sa démocratie vibrante et sa lutte contre le terrorisme, est souvent diabolisé sur la scène mondiale.
Le film, en posant la question de la légitimité d’une puissance qui agit selon ses propres critères moraux face à un monde divisé sur la notion même de bien et de mal, offre une allégorie saisissante de l’isolement stratégique et moral d’Israël.

Ce miroir, tendu à travers la figure de Superman, renvoie à une vérité dérangeante : pour une partie de l’opinion internationale, Israël n’est plus – ou n’a jamais été – perçu comme la victime.

James Gunn insuffle à l’Homme d’Acier un souffle de vie, d’humanité et de vérité, dans un film coloré, drôle, naïf et profondément symbolique – jusqu’à évoquer la position d’Israël dans le monde.

Depuis plus de dix ans, l’univers cinématographique de DC peinait à se construire. Tandis que Marvel brillait, rassemblant des millions de spectateurs grâce à ses personnages attachants et son savant tissage narratif, DC semblait s’égarer dans un ton grave, pesant, presque désespéré. Là où l’espoir devait triompher, la noirceur prenait toute la place. Batman et Superman, ces figures mythiques de la justice, étaient devenues des allégories d’un monde brutal, en perte de repères.

Pour sortir de cette impasse artistique, DC a misé sur un homme qui connaît les ficelles du grand spectacle : James Gunn, l’esprit fou derrière Les Gardiens de la Galaxie et Suicide Squad. Et c’est en Israël, ce week-end, que son nouveau « Superman » a été projeté en avant-première, marquant la première pierre d’un univers entièrement repensé.

Un Superman qui ne s’excuse plus d’être lumineux

Pas de relecture des origines cette fois. Le Kryptonien Clark Kent (interprété par David Cornsweat) est déjà un héros mondialement connu. L’intrigue s’ouvre sur un conflit militaire entre deux pays fictifs, dans lequel Superman intervient pour éviter un bain de sang. Une action héroïque… mais qui déclenche une tempête médiatique et diplomatique. Lex Luthor, incarné par Nicholas Hoult, saisit immédiatement l’occasion : il veut transformer cet ange sauveur en démon planétaire.

Dès les premières scènes, la signature de James Gunn est partout : couleurs éclatantes, dialogues ciselés, humour omniprésent, et un second degré qui allège sans affadir.
Adieu les pluies noires et les métaphores dépressives de Zack Snyder. Ici, Superman est de nouveau ce qu’il a toujours été : un symbole de bonté, d’empathie et d’idéalisme.

David Cornsweat : un Superman désarmant de sincérité

Le choix de David Cornsweat pour succéder à Henry Cavill avait suscité de nombreuses critiques. Pourtant, il incarne un Superman d’une justesse désarmante. Il porte la candeur de Christopher Reeve, l’élégance morale et la foi intacte en l’humanité.
Là où Cavill paraissait parfois taillé dans le marbre, Cornsweat est de chair et de cœur. Il offre au personnage une proximité bouleversante, une humanité retrouvée.

À ses côtés, Rachel Brosnahan livre une Lois Lane vive, intelligente et parfaitement complémentaire. Leur alchimie est évidente, sans surjeu, sans clinquant. Et surtout, elle redonne au couple mythique sa dimension émotionnelle.

Lex Luthor version Elon Musk : le méchant de notre époque

Autre réussite majeure : le Lex Luthor de Nicholas Hoult. Fini le mégalomane théâtral. Ce Luthor est un milliardaire visionnaire, persuadé de défendre l’intérêt du monde face à la menace d’un surhomme incontrôlable. Il agit au nom de ses principes, avec une froideur inquiétante. Difficile de ne pas y voir une référence assumée à Elon Musk, jusqu’au style capillaire.

Un film qui ose entrer en politique

Mais le film va bien plus loin qu’un simple divertissement super-héroïque. Il ose la politique. La droite américaine, furieuse, a déjà appelé au boycott. Trop progressiste, trop « éveillé », disent-ils.

Le conflit militaire fictif, lui, fait écho au conflit israélo-palestinien. Superman, en arbitre providentiel, impose la paix d’en haut. Certains y voient un parallèle dérangeant, presque accusateur. Pourtant, le film ne prend pas parti. Il interroge : qu’arrive-t-il quand le monde ne parvient plus à s’accorder sur le bien et le mal ? Que signifie l’interventionnisme lorsqu’il devient suspect, même lorsqu’il sauve des vies ?

Le message résonne douloureusement pour les Israéliens. “D’un point de vue mondial, nous ne sommes pas toujours perçus comme les victimes”, note un spectateur. Une phrase qui glace autant qu’elle force la réflexion. Le regard que le monde porte sur Israël, même symboliquement évoqué dans une superproduction hollywoodienne, reste ambivalent, troublé, parfois injuste. Et pourtant, ce miroir tendu à l’écran vaut bien des discours.

Krypto vole la vedette, et la DC Team gagne en légèreté

Autour de Superman gravite une galerie de personnages secondaires. Krypto, le chien aux superpouvoirs, est l’âme comique et tendre du film. À chaque apparition, il déchaîne les rires et l’affection. Green Lantern, Hawkgirl et Mr Trippie Redd ajoutent une touche de fantaisie et de diversité bienvenue, même si leurs rôles restent périphériques.

Visuellement, le film marque un tournant technique pour DC. Les effets spéciaux ne sont pas encore au niveau de Marvel, notamment lors des batailles spatiales, mais le bond qualitatif est net. L’univers devient enfin crédible, cohérent, vibrant.

Un film un peu surchargé, mais profondément sincère

Oui, le scénario est parfois naïf, un peu simpliste. Oui, James Gunn multiplie les promesses de suites et les clins d’œil à l’excès. Mais ce retour à une forme de pureté, d’innocence assumée, redonne au personnage ce qui lui manquait : la foi.

Dans ce monde fracturé, violent, saturé de sarcasmes et d’algorithmes, le plus puissant des super-héros est un étranger tombé du ciel, plus humain que les humains eux-mêmes. Et c’est peut-être cela, le message le plus fort du film.

“Superman ne s’excuse pas d’être bon, même si cela paraît démodé.” Il incarne une morale absolue, candide mais inébranlable. Une boussole dans le brouillard.

Un tournant historique pour DC

Ce film est bien plus qu’un redémarrage. Il est une déclaration d’intention. Gunn ne se contente pas de ressusciter Superman. Il annonce une nouvelle ère pour l’univers DC : plus lisible, plus colorée, plus accessible.

Prochaine étape : « Supergirl ». Moins connue, moins iconique. Et donc, encore plus risquée. Mais si Gunn continue dans cette voie, alors oui, DC a retrouvé sa voix, sa lumière, et surtout, son public.