Yves Saint Laurent de Bertrand Bonello

Chronique Cinéma - le - par .
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DU CINÉMA SUR MESURE AVEC SAINT LAURENT DE BERTRAND BONELLO

 

Il était l'un des films les plus attendus de l'après Cannes 2014, le « Saint-Laurent » de Bertrand Bonello sort enfin! Après le (trop) récent biopic réalisé par Jallil Lespert (disponible en DVD) et interprété par un exceptionnel Pierre Niney, le réalisateur de « l’Apollonide » porte un autre regard beaucoup plus sombre sur l’inventeur du prêt-à-porter. 

 

En choisissant de traiter qu’une décennie, de 1965 à 1976, et de s’y plonger (sans aucune bouée) dans un univers troublant, fait d’hallucinations, de névroses et de scènes de perversions, c’est bien d’un film totalement différent qu’il s’agit là. 

 

Tant le film de Lespert était lisse comme de la soie, celui de Bonello tisse un portrait de l’artiste démonté par les drogues, la gloire et la maladie. « Avec mon film sur Yves S. Laurent, se confie le réalisateur, je veux (…) assumer le fait qu’il s’agit d’un personnage hors normes, d’un monstre au bon sens du terme,…Plutôt que de montrer comment il devient Yves Saint Laurent, je m’attache à montrer ce qu’il lui en coûte, tous les jours de l’être ».

 

Il filme magnifiquement ses acteurs, en particulier Gaspard Ulliel dans le rôle-titre dont le regard troublant traduit toute l’ambiguïté de son personnage. Même s’il nous vient régulièrement à l’esprit d’établir une comparaison avec Pierre Niney, la composition de Ulliel, quant à elle, ne se contente pas seulement par sa transformation extérieure. Ce comédien, que l’on a pu voir entre autres dans « Hannibal, les Origines du Mal », est ici particulièrement convaincant, possédant un charisme étonnant proche du couturier dandy. 

 

Le « Saint-Laurent » de Bonello, possède tout ce que le « Yves Saint-Laurent » de Lespert n'avait pas: le premier "prenant son temps", 2H30, contre 1H40, les personnages détiennent d'avantage d'épaisseur, la mise en scène de Bonello est fluide et douce comme du velours. Enfin, il n'est pas un biopic classique, puisqu'il n'y respecte pas les codes: la chronologie étant complètement éclatée, et l'Histoire du couturier se mélangeant à l'univers du metteur en scène, font du film un beau chef d'œuvre! 

 

Aux côtés de Gaspard Ulliel, on retrouve Léa Seydoux qui incarne la créatrice de bijoux, Loulou de la Falaise, Jérémie Renier, succédant le rôle de Pierre Bergé à Guillaume Gallienne, et Louis Garrel, époustouflant d'intrigues dans la peau de Jacques de Bascher. Le film sort en salles demain.

 

Laurent Bartoleschi

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