Cinéma :Very Bad Wolves de Aharon Keshales et Navot Papushado

Chronique Cinéma - le - par .
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À l’heure où Israël crie vengeance après l’effroyable assassinat des trois jeunes, Eyal, Guilad et Naftali, le film Very Bad Wolves tombe dans l’actualité. Après une série de crimes atroces, la vie de trois hommes va se voir bouleversée. 


Pour ce second long métrage, les scénaristes et réalisateurs Aharon Keshales et Navot Papushado raconte en effet cette violente et inévitable spirale de destruction de ces trois personnages : le suspect numéro un, un professeur de théologie, un officier de police, têtu, à la recherche de la vérité, et un père endeuillé en quête de vengeance. 


Le film soulève ainsi cette question universelle : le fait d’être une victime nous donne-t-il le droit de nous transformer en justicier assoiffé de sang ? Aussi Very bad wolves, (les très méchants loups), n’a rien de gratuit. Petit à petit le film se transforme en un quasi huis clos sourd et étouffant. Il se trempe dans un bain de réalisme incroyable : les scènes de torture faisant passer celles de Marathon Man pour un petit téléfilm. 


Mêlant tantôt brutalité et film noir, il relève en tout cas une alchimie diablement fascinante. « Il s’inspire de la société dans laquelle nous vivons, déclare ouvertement les réalisateurs. Israël est un pays fondé sur une angoisse existentielle(…), la peur du terrorisme – en particulier des kidnapping-, le sentiment constant, l’intolérance ainsi qu’un désir de vengeance historique… »   Le récit de Very bad wolves se compose en un spectacle humain ou animal, mais toujours sanglant, d’une noirceur presqu’aussi dense et pénétrante qu’un Silence des agneaux. 


S’il y a la moindre saillie au cours des 110 minutes, l’humour (très) noir, déstabilisant, intervient pour « soulager » le rythme éprouvant du film.   En tout cas l’ensemble compose un style proche des films de Brian de Palma (l’ouverture est un bel hommage), ou de Martin Scorsese, reflétant ainsi un appétit de cinéma qui fait plaisir à voir pour du cinéma israélien. 


Du côté de la distribution nous retrouvons Lior Ashkenazi dans un rôle inhabituel et Tzhai Grad, dont on avait parlé de son interprétation unique dans le film de Karen Hedaya Loin de mon père, durant le dernier festival de Cannes. A noter que le monteur du film, Assaf Korman, n’est autre que le réalisateur du film At li layla, également présenté à la Quinzaine. Very bad wolves, de Navot Papushado et Aharon Keshales sort en salles aujourd’hui.



Laurent Bartoleschi

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