Nathalie Zadok

Nathalie ZADOK :
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Les articles de Nathalie Zadok

Bernard-Henri Lévy : On peut être profondément juif, sans croire en l’existence de Dieu

Bernard Henri Levy

Bernard Henri Levy

Qu'est-ce que le judaïsme ? Dans son livre,Bernard-Henri Lévy un des grands philosophe de notre temps poursuit sa réflexion sur ce sujet. 

Son acronyme, «BHL» est devenu un sigle sous la lumière artificielle des plateaux télévisés. Il y a celui qui s'est engagé, corps et biens, pour la guerre en Libye mais dont beaucoup moquent aujourd'hui «l'échec».

 

En quête de son identité juive ? Non , au sens de l'identité juive et de ses multiples facettes.

Il éprouve la nécessité de creuser plus avant au cœur de ce qu'il est et de ce qu'est le judaïsme, en tant que philosophe mais aussi en tant qu'homme plus profond que ne laissent voir les réductions médiatiques. Son nouvel ouvrage 'Esprit du judaïsme, éclaire beaucoup sur cette recherche intime tout d'abord et que dans un élan, pourrait-on dire, impudique, il exprime car comme tout bon exégète, il a compris que le sens n'a de sens que s' il est exprimé.

«La Torah est un livre infini, un livre-homme… Lire le texte juif, le lire comme il doit être lu, c’est produire un universel…»

Le juif dogmatique n’est donc pas celui qui lit des livres et ne lit que le Livre, mais celui qui ne le lit pas assez. Telle serait l’essence même du judaïsme, tenant moins à la foi qu’à la Loi, et, aussi, à l’interprétation sans fin, laquelle, ainsi, ne donne jamais le «dernier mot» à personne.

Cette approche et celle, adjacente, du «souci de l’Autre», venue d’Emmanuel Levinas, sont au centre de l’ouvrage de Bernard-Henri Lévy, l’Esprit du judaïsme, qui s’ouvre par une analyse des différentes formes d’antisémitisme et affirme à la fin, sous la lumière de Rachi, Maïmonide ou Jonas, que «les juifs sont venus au monde moins pour croire que pour étudier, non pour adorer, mais pour comprendre», et que «la plus haute tâche à laquelle les convoquent les livres saints n’est ni de brûler d’amour ni de s’extasier devant l’infini, mais de savoir et d’enseigner».

Dans ce livre, on y découvre de nombreuses remarques qui interrogent, irritent, laissent perplexe, appellent la contradiction. Le philosophe ouvre aussi sur des questions d’actualité politique et intellectuelle.

Le philosophe  explique que le judaïsme n’est pas un particularisme, mais un universalisme. Il n’exalte pas une identité, mais l’effort pour dépasser, compliquer, enrichir les identités.

Pour Bernard Henry-Levy, l’idée de Dieu qui est tout de même bien présente dans le livre n'est cependant pas le point centrale. "On peut être juif, profondément juif, sans «croire» en l’«existence» de Dieu." dit-il. 

La question centrale est l’étude,le savoir, l’intelligence, le commentaire inlassable d’une lettre où l’esprit est comme replié.

Pour BHL, "de Maïmonide au Gaon de Vilna, tous les maîtres sont à peu près d’accord sur ce point : s’ils avaient à choisir entre, d’un côté, un mystique qui ne réfléchit pas, ne travaille pas et n’enrichit pas le texte qu’il a sous les yeux de sa propre et singulière intelligence, et quelqu’un qui, de l’autre côté, s’échine à interpréter et à disséquer le verset sans se laisser aller à l’effusion mystique, ils choisiraient le second - l’étudiant qui doute plutôt que l’homme de foi qui n’étudie pas."

BHL rappelle que la loi juive, n’a pas été donnée aux seules tribus d’Israël, mais à tous les hommes, absolument tous, sans exception  et à l’homme en général. Il y a une page du Talmud qui commente le verset de l’Exode sur le don de la Loi à Moïse.

Le Talmud a cette image : chaque mot de la Torah est comme «une personne». Et il ajoute que cette personne a non pas un, mais «70 visages». 70 parce que c’est le nombre des nations. Et parce que chaque nation, pour ne pas dire chaque sujet, peut et doit donc trouver son visage dans le verset.

Pour Bernard Henry Levy, on peu a peu près tout partager dans le judaïsme . L’idée que l’éthique est plus importante que la foi, ou que le rapport à l’autre l’emporte sur le rapport à soi-même et même encore que ce que l’on fait compte davantage que ce que l’on est.

Bernard Henry-Levy souligne que là où la foi est secondaire, alors la religion n'a plus tout à fait sa place.

Sa vision est que l'idée de Dieu est bien présente mais n'est pas centrale seule l'étude l'est.
On peut être juif, profondément juif, sans «croire» en l’«existence» de Dieu.

 Nathalie ZADOK

Critéo : s'inspire du modèle israélien pour développer l'entrepreneuriat en France

Jean-Baptiste Rudelle,le président exécutif de Criteo décide de créer un fonds d'investissement,un think tank pour aider les entrepreneurs à gérer la croissance et le développement, notamment aux Etats-Unis et reproduire en France, le modèle israélien.

The Galion Project c'est la volonté de réunir des entrepreneurs et de créer une communauté,un réseau d'entraide autour de la notion de « grandir ».

le but étant d'aborder des sujets tournés vers les problématiques que l'on rencontre.
Les réunions ont lieu autour de sessions de kitesurf ,un élément fun pour organiser des rencontres en dehors des lieux habituels où l'on pourrait se croiser.

Le board est composé d'entrepreneurs du Web Frédéric Mazzella, Pierre Kosciusko-Morizet, etc. ayant déjà tous emmené leur start-up très loin et souhaitant partager leurs expériences pour aider les autres. Le deuxième projet est en cours de construction, puisqu'il s'agit du fonds Daphni, créé entre autres par Marie Ekeland, auquel Jean-Baptiste Rudelle participe.

Criteo

Criteo

Le changement que l'on peut constater depuis dix ans dans l'écosystème français, est avant tout que l'on est redevenus ambitieux. On ne cache plus, par exemple, l'ambition de créer des licornes. "Il y a dix ans, si l'on avait clamé vouloir créer une entreprise de 1 milliard, on serait passés pour des Mickey" souligne-t-il. La force des Etats-Unis : voir immédiatement à grande échelle. 

Il en reste pas grand chose a améliorer pour Criteo. En effet, le financement est là, les talents aussi, les lois vont dans le bon sens et nous n'avons pas une mauvaise fiscalité, loin de là. La seule chose,Il faut seulement que les cadres brillants franchissent le pas de l'entrepreneuriat, qu'ils n'aient pas peur de s'associer à d'autres talents." Personne ne crée son succès seul dans son coin". Et, enfin, ne pas avoir peur d'ouvrir son capital, accepter de se faire diluer si c'est pour aller plus vite et accélérer au bon moment.

A l'origine Criteo est un modèle à cheval entre la France et les Etats-Unis mais avant tout il s'est inspiré du modèle israélien, qui fonctionnait déjà très bien.

Ce que souligne Jean-Baptiste Rudelle, c'est que la start-up peut reproduire ce modèle en France, à plus grande échelle encore.

"En France, nous sommes meilleurs que les Américains en R & D. Nous avons un avantage concurrentiel très fort, il faut en profiter et prendre le meilleur des deux mondes" déclare-il.

Nathalie ZADOK

Livre juif : j'en ai ras le bol d'être juif, c'est trop de pression de Philippe Lelouche

« Je vais vous faire une confidence, je sais pas si vous vous en êtes rendu compte : je suis juif. Et j'en ai ras le bol d'être juif, j'ai envie d'arrêter. C'est trop de pression… »

Les premières lignes du livre de Philippe Lellouche sont pour le moins audacieuses ! On retrouve dans cet ouvrage un concentré d'humour juif à la sauce très piquante qui entremêle histoires juives et réflexions désopilantes sur le fait d'être juif aujourd'hui.

"j'en ai marre d'être juif,j'ai envie d'arrêter" C'est avec autodérision que Philippe Lellouche épingle les  principaux clichés sur le sujet.

Philippe Lellouche

Philippe Lellouche

Des clichés qu'il met en avant : les juifs et la réussite, les juifs et la famille, les juifs et la paranoïa, les juifs et l'argent, les juifs et le communautarisme, les juifs et les antisémites, C'est d'un angle neuf et différent qu'il aborde ce sujet :  Celui d'un jeune homme qui a du mal à endosser une tradition et souffre d' une haine trop pesantes pour lui.

C'est sur un sujet sensible que l'un des humoristes les plus drôles de sa génération s'est aventuré. la situation des juifs de France étant assez fragile ,agressions antisémites , terrorisme haine du Juif, il est fort probable que ce livre attise la critique.

Certes ce n'est pas une trouvaille mais beaucoup de gens de la communauté Juive peuvent se retrouver facilement dans ce livre qui se veut  sympathique.

Le livre ne retrace qu'une vingtaine de pages de lieux communs sur les israélites et une centaine de blagues juives, pour la plupart déjà entendues de nombreuses fois.manque de profondeur et de réflexion. 

Les derniers criminels nazis doivent-ils être jugés ?

Le 27 janvier 2016 au cours de la journée des victimes de l’Holocauste, une liste de neuf hommes et une femme a été révélée, ils pourraient se retrouver devant des juges en 2016 pour leur implication présumée dans des crimes nazis. Serge Klarsfeld, président de l’Association des fils et filles des déportés juifs de France donne son point de vue sur ces jugements tardifs.

Pour Serge Klarsfeld, de tels jugements ont un sens plus de 70 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale. Il rappel qu'il y a 40-50 ans, la société allemande, composée de personnes qui avaient vécu le nazisme, était contre le jugement des criminels de cette période.

Elle n’avait pas conscience des crimes commis contre les juifs.Des juges trop cléments vis-à-vis d’elle et des pouvoirs publics allemands. Et pourtant, à cette époque vivaient encore des criminels importants pour lesquels on pouvait trouver des témoins et des documents.

C'est dans une nouvelle ère qu'aujourd'hui la société allemande a pris conscience des crimes commis pendant la période nazie, et elle les assume.

Serge Klarsfeld rappel les liens solides avec Israël, l’Allemagne ne doit pas subir des réparations pour les survivants de l’Holocauste,ainsi que du point de vue des criminels. Il explique que des gens très âgés, qui avaient entre 17 et 24 ans au moment des faits et occupaient des fonctions subalternes se retrouvent impliqués.

C'est avec une grande difficulté que les magistrats trouvent les moyens juridiques de les juger.En effet, il s’agit de crimes pour lesquels il n’y a plus aujourd’hui ni témoins ni documents.

Avant le procès Demjanjuk en 2009, les accusés étaient jugés pour leur implication personnelle dans les faits incriminés. Désormais,il est suffisant pour les juger, qu’ils aient appartenu à une organisation criminelle. Leur implication personnelle n'est plus a prouver, Ils sont automatiquement accusés sauf s’ils réussissent à prouver leur innocence.

Un point positif pour les Allemands, qui ont le désir de juger les anciens criminels nazis. Le soucis majeur est que cela se fait sans preuve et ne relève pas des principes d’une justice équitable. Très peu de témoins vivants pour s’intéresser à des gens qui ont occupé des fonctions subalternes, comme des gardiens de camp. Et quand bien même, ceux-ci ont souvent une mémoire défaillante. Des preuves écrites manquent également en raison du caractère subalterne des personnes incriminées.

En 2014, la justice Allemande n'a pas voulu juger un ancien mitrailleur impliqué dans le massacre d’Oradour-sur-Glane en juin 1944. Une affaire qui aurait pu créer un incident diplomatique entre la France et l’Allemagne si celui-ci avait été acquitté.

Pour Serge Klarsfeld, on est face à des accusés qui sont aujourd'hui très âgés parfois plus de 95 ans. C’est un processus maladroit qui va continuer jusqu’à la disparition des dernières personnes impliquées. Pour lui, une décision de la Cour fédérale allemande pourrait annuler les précédentes décisions de justice.

Il restera alors un sentiment de malaise car l’évolution de ces affaires ne peut pas donner une pleine satisfaction à ceux qui veulent voir des jugements aboutir.

Il n'est pas s'en rappeler que tout au long des années 50, les questions concernant le jugement de ces crimes ont été mises de côté.

Déportés dans camp d'Auschwitz en 1945
Déportés dans le camp d'Auschwitz en 1945 © A. SVERDLOV / RIA NOVOSTI / AFP

C'est à la fin des années 50, que la situation a évolué avec la création en 1958 de l'office central d’enquête sur les crimes du nazisme à Ludwigsbourg.

Celui-ci a centralisé les recherches menées par les systèmes judiciaires des Länder (régions de la République fédérale d’Allemagne, NDLR). 6000 personnes ont ainsi été recensées. Mais faute de personnel et de moyens, l’office n’a pu mener que 600 enquêtes.

En 1958, un procès a permis de juger à Ulm 10 membres des Einsatzgruppen, responsables de la "Shoa par balles" dans les territoires occupés. Puis entre 1963 et 1965 a eu lieu à Francfort le "procès d'Auschwitz", initié par le procureur de la ville, Fritz Bauer. Ces deux actions judiciaires ont eu une action pédagogique auprès de l’opinion allemande.

Dans le même temps, on a assisté à la naissance d’un certain esprit critique lié à la réaction des jeunes contre la génération de leurs parents. Avec la question : «Qu’avez-vous fait à l’époque du nazisme ?»

Ce qui a renforcé la difficulté de juger les criminels nazis c'est le soucis juridique.Car au départ, la loi allemande permettait de juger seulement les auteurs de crime pouvant être confrontés à leurs victimes, et les coupables d’assassinat aggravé. Avec une prescription au bout de 20 ans.

Depuis 2002, la notion "des crimes contre l'humanité" prend désormais en compte la dimension collective de l’extermination, avec une gradation des responsabilités.

Permettant ainsi,  d'élargir le champ des recherches, et juger les sous-fifres, ceux qui n’étaient pas responsables au premier niveau. L'administration nazie fonctionnait ainsi. En 2011, un ancien garde du camp de Sobibor en Pologne, John Demjanjuk a pu être jugé. Pour les historiens, ce processus permet d’aider à déterminer l’échelle des responsabilités.

Oskar Gröning

Oskar Gröning

Oskar Gröning, l'un des derniers nazis jugés en Allemagne.Âgé de 93 ans, "le comptable d'Auschwitz" a été condamné à quatre ans de prison pour son rôle dans l'extermination
de 300 000 juifs.

Nathalie ZADOK

Pourquoi Grynszpan a-t-il tué le nazi Vom Rath?

Pourquoi Grynszpan a-t-il tué le nazi Vom Rath?

Dans la nuit du 9 et 10  novembre 1938 éclata la Nuit de Cristal* Une nouvelle étape venait d'être franchie par les nazis , ils s'attaquaient directement aux biens des Juifs, sans autre procès.
Cette nuit se solda par la mort de 91 juifs, la destruction de 7 500 magasins et l'incendie de plus de 250 synagogues.

Ce pogrom fut aussi le signal de la première vague d'arrestations de quelques 35 000 Juifs qui furent aussitôt déportés vers les camps de concentration alors existants : Dachau, Oranienburg-Sachsenhausen et Buchenwald.

Ce déchainement de violence était une réponse à l'assassinat du diplomate Ernst vom Rath, blessé par balle par Herschel Grynszpan, un étudiant juif de 17 ans qui aurait voulu venger sa famille expulsée d'Allemagne.

Cet assassinat servit de prétexte aux allemands pour répandre une nouvelle sorte de terreur, celle des pogroms.

Cependant même si la version retenue est celle d'avoir voulu venger ses parents , une autre  sévit dans les cercles plus fermé,  celle que Grynszpan était homosexuel et qu' il avait eu une relation avec Ernst com Rath.
Econduit par ce dernier et poussé par la douleur de la déception amoureuse,il aurait voulu se venger.
On imagine aisément le malaise du III eme Reich alors que leur volonté était aussi bien d'éradiquer les Juifs que les homosexuels.

Et c'est avec talent que la Genevoise Corinne Chaponnière revisite l'histoire de ce jeune juif polonais qui a assassiné ce  diplomate du Reich à Paris, geste qui a servi de prétexte au déclenchement de la «Nuit de cristal» ainsi dans son dernier livre «Les quatre coups de la Nuit de cristal», elle change de genre, elle autopsie une page d’histoire tragique par un récit aussi érudit que captivant. L’occasion de faire une exception au thème de ce «Boulevard».

L’auteure voulait en faire un roman, elle a choisi l’essai historique. Mais l’essai historique est un roman. Pas seulement par les faits, le lien entre un acte individuel et la grande histoire, mais par l’architecture du livre. Et le suspense.

Elle soulèvera  quatre thèses qui seraient à l’origine du geste de Grynszpan. La première est celle qu’a retenue l’histoire: le jeune homme a voulu alerter l’opinion publique sur le traitement réservé aux juifs par le pouvoir hitlérien. Il venait d’apprendre que les nazis avaient expulsé les juifs polonais du pays vers la frontière, dans le dénuement et le froid. Ses parents, ses frère et sœur en faisaient partie.

Le lecteur a alors entendu la cause et la raison politique du crime  dans cette première partie. C'est avec habilité et beaucoup de recherches que Corinne Chaponnière nous prend au piège  d’une trop rapide certitude et nous conduit avec sûreté vers la complexité de l’histoire.

corinne chaponnière

Corinne Chaponnière

Dans sa deuxième version , elle décrit, sans vouloir convaincre son lecteur, l’Allemagne: Grynszpan serait l’instrument de «la juiverie internationale» qui s’activerait à détruire le pays. On ressent de nouveau, la haine paroxystique et les froids calculs qui visent à ce moment l’exclusion des juifs du pays -pas encore leur extermination- avec l'approbation de la population.

L’auteure avance dans sa réflexion pour nous surprendre avec la démonstration d’une autre motivation possible du crime. Selon elle, Vom Rath était homosexuel et Grynszpan le connaissait.

La vengeance et de la déception amoureuse seraient une hypothèse . C'est alors qu'au fil du texte, la conviction s'affaiblit et la réflexion s'étend.

La quatrième thèse , laisse place au complot des nazis  qui aurait programmé cette destinée pour permettre le déclenchement de la Nuit de cristal et d'augmenter l’antisémitisme populaire. Les émeutes organisées par le régime hitlérien, révélèrent au monde, la violence antisémite. 

C'est d'une belle plume que le récit est construit. Avec une analyse fine et détaillée de cette partie sombre de l'histoire.

 

 

Nathalie ZADOK

*ce nom , Cristal, fût donné en raison des  vitrines brisées.

 

 

Shakespeare : serait Juif et italien

Lamberto Tassinari est le dernier a s'attarder sur la polémique des origines Juives et Italiennes de Shakespeare.

Depuis longtemps, des spécialistes de Shakespeare se sont disputés sur la nature exacte de son catholicisme.

Une hypothèse avait déjà été soulevée par Ghislain Muller dans son livre "Shakespeare était-il juif? ,supposant que celui-ci était, en fait, un juif, mais un juif caché.

L’Italo-Québécois Lamberto Tassinari est le dernier à se pencher sur la piste du « véritable » Shakespeare. Ce professeur d’italien versé en philosophie compta parmi les fondateurs de la défunte revue « transculturelle » Vice Versa.  En 2011, sa thèse  avait déjà fait l’objet d’un livre publié .

Pouvait-il être un obscur comédien sans éducation, fils d’un banal gantier de province ? Pouvait-il être l’auteur de Hamlet, de La tempête et un roturier autodidacte qui ne fréquentait pas les grands de ce monde et ne voyageait pas  ?

Hamlet

Hamlet

Détrôner l'anonyme personnage Stratford-sur-Avon que Freud désignait comme un être qui avait « grandi en face d’un tas de fumier ». Une polémique qui fait rage depuis cent cinquante ans .... 

Une publication en France d’une nouvelle édition revue et augmentée John Florio alias Shakespeare — Le Bord de l’eau relance la polémique dans le monde francophone.

À l’exception de quelques partisans, dont son préfacier le «médiologue» Daniel Bougnoux qui parle de « révolution copernicienne », le livre a été accueilli, pour l’instant, par une volée de bois vert par la plupart des spécialistes français de la littérature anglaise de cette époque.

Lamberto Tassinari en est convaincu, un seul nom se détache du lot, celui du lexicographe et traducteur de Montaigne, John Florio.

"Une intuition",voilà le point de départ de cette enquête. Celle-là même qu’avait eue Jorge Luis Borges lorsqu’il affirmait qu’il ne serait « pas étonnant de découvrir que Shakespeare était italien, ou juif par exemple ». En effet, pour Lamberto Tassinari,Luis Borges avait bien senti la chose, puisque John Florio est né à Londres en 1553 d’un père italien prédicateur calviniste devenu moine franciscain mais d’origine juive.

Pour être Shakespeare, dit Tassinari, « il fallait absolument avoir accès à une riche bibliothèque, fréquenter les textes de Dante, Boccace ou Montaigne, avoir une connaissance des langues européennes et connaître la cour et les capitales étrangères ». C’est une « évidence solaire », dit-il, que refusent ceux qu’il nomme « les universitaires coalisés ».

John Florio ,familier de la cour enseigna même les langues à la princesse Anne du Danemark. Outre sa traduction des Essais, son oeuvre majeure est un ouvrage lexicographique intitulé A World of Words. Il  parlait sept langues et avait grâce à son père une connaissance intime de l’Europe, où il passa sa jeunesse, et de la noblesse anglaise où il aura d’influents protecteurs.

Ce que veut voir Lamberto Tassinari dans Shakespeare, c'est une pure émanation de la Renaissance italienne mâtinée de culture juive et européenne. Selon lui, on lui a attribué la trentaine de pièces du maître à« un petit acteur médiocre et usurier » par nationalisme et pour ne pas reconnaître un étranger.

Le livre de Lamberto Tassinari n’a guère ébranlé les colonnes du temple. François Laroque ,spécialiste à la Sorbonne nouvelle de la littérature de l’époque élisabéthaine décrit la réplique comme cinglante  « il est inconcevable qu’une oeuvre littéraire ou dramatique puisse être autre chose qu’autobiographique. Or, c’est sans conteste l’imagination qui constitue la base de l’édifice linguistique et la substance du théâtre de Shakespeare ». Voilà pourquoi, selon Tassinari, il apparaît « impossible pour un simple fils de gantier de province d’écrire une oeuvre de cette envergure ». Selon Laroque, Tassinari ne fournit pas l’ombre d’une preuve et n’arrive pas « à aller au-delà de ce qui reste une simple intuition, une intime conviction ».

Pour Lamberto Tassinari, la construction d’un Shakespeare anglais ne peut être qu’une fabrication historique. Comme s’il y avait autour de Shakespeare un involontaire complot nationaliste. « Ce n’est pas une conspiration, dit-il. C’est inconscient. Il fallait absolument qu’il soit anglais ! Si on est honnête, on voit bien que ce portrait [fait de Shakespeare] est une caricature. »

Nathalie ZADOK

Une pub douteuse : des peluches à la tête d'Hitler

 Norvége : peluches-dictateurs Hitler, Kadhafi, Kim Jong-il

Hitler, Kadhafi, Kim Jong-il ont pris les traits d'un doudou... douteux pour les besoins d'une campagne de sensibilisation et de prévention de l'allergie et l'asthme chez l'enfant.

En Norvège, une publicité douteuse fait polémique. En effet, une campagne publicitaire pour inciter à laver les doudous des enfants représentée par des peluches-dictateurs Hitler, Kadhafi, Kim Jong-il.

«Les nounours peuvent être dangereux. La poussière qui s’accumule dans les chambres d’enfants peut provoquer asthme et allergies. Lavez les peluches quatre fois par an.»

L'association LHL, qui lutte contre les maladies du cœur et des poumons a lancé ce message coup-de-poing. Accompagné de visuels sur lesquels on voit des peluches-dictateurs Hitler, Kadhafi, Kim Jong-il, ce message coup-de-poing a été lancé en Norvège.

Le but de cette opération :  sensibiliser les parents aux risques d'allergie et d'asthme liés aux animaux en peluche de leur marmaille.

peluche nazi

peluche nazi

Les réactions se font vivent face à cette campagne au goût plus que douteux.  

C'est sur la page Facebook de LHL, que l'on peut lire des posts très assumés : «Les peluches de mes enfants n’ont tué personne, n’ont pas de chambres de torture, n’ont pas abattu ou gazé des enfants et je suis sûre qu’elles n’ont rien contre les Juifs. Arrêtez de comparer des ours en peluche avec des meurtriers de masse!!!» mais aussi on peut y lire des commentaires ambigus  «De mauvais goût et irrespectueux! Comparer la haine, le racisme et l’idéologie d’Hitler, qui ont ravagé et détruit tout un monde, avec de la poussière sur des ours en peluche ??? (…) C’est une honte. »

Ervin Kohn, l'un des représentants de la communauté juive norvégienne, est lui aussi scandalisé par cette campagne «J’ai peur qu’en représentant Hitler de la sorte, il n’apparaisse moins dangereux."

Parfaitement insensible à tous ces arguments et ravie de la tempête qu'elle a soulevée, LHL s'est à peine fendue d'un mot disant qu’elle n’a voulu offenser personne. Et a ajouté qu'aussi dure soit-elle, cette campagne a permis à des tas de parents de prendre conscience d'un fait qu'ils ignoraient.

Une volonté pour l'association LHL de communiquer sur le danger hygiénique et sanitaire des doudous des enfants. Confirmé selon eux, par sa capacité à accumuler et emmagasiner la poussière ambiante.

Des attaques qui n’atteignent en aucun l'association qui se défend en  justifiant le bien-fondé d'une initiative destinée à faire parler d'elle,et souligne que non ces peluches ne sont pas en vente...

Nathalie ZADOK

Le théâtre dans les camps de concentration : "On a besoin d'un fantôme"

on a besoin d'un fantôme La pièce de théâtre du petit Hanuš Hachenburg écrite pendant la guerre revient à Terezin

La pièce de théâtre du petit Hanuš Hachenburg  écrite pendant  la guerre revient à Terezin 

En 1943, c'est avec humour que Hanuš Hachenburg, un jeune garçon de 14 ans  parvient à raconter les horreurs de la guerre et du nazisme. En effet, il écrit dans le ghetto de Terezín, en Bohême,  une pièce de théâtre qui est une parabole du régime nazi.

Traduite en français sous le titre « On a besoin d’un fantôme (par les soins de notre collègue Alžběta Tichá), publiée et mise en scène par Claire Audhuy, docteur en études théâtrales à l’Université de Strasbourg et directrice artistique de la compagnie Rodéo d’âme, dans le cadre d’atelier dans des écoles secondaires. Ce jeudi et vendredi, avec sa troupe du lycée Jean Rostand à Strasbourg, ils seront à Terezínet à Prague,pour présenter la pièce.

Claire Audhuy rappelle comment elle a découvert l’existence de ce texte. « J’ai fait une thèse de doctorat à l’Université de Strasbourg où je me suis intéressée au théâtre dans les camps de concentration. A l’occasion d’un voyage en République tchèque, j’ai eu l’occasion de consulter les archives du mémorial de Terezín.

Je me suis mise à feuilleter pas mal de documents et de dessins, notamment des archives qui avaient été conservées et qui concernaient un groupe de garçons à l’époque.

il avait 13 ans Hanus Hachenburg quand il a écrit sa première et dernière pièce  son but faire rire ses camarades

il avait 13 ans Hanus Hachenburg quand il a écrit sa première et dernière pièce son but faire rire ses camarades

Ce groupe de garçons avait imaginé tout un journal clandestin qu’ils ont écrit et diffusé pendant près de deux ans. Au sein de ce manuscrit, assez complexe et complet, qui fait plus de 800 pages, j’ai eu la chance de découvrir la pièce "On a besoin d’un fantôme" écrite par Hanus Hachenburg.
La situation un peu humoristique et rocambolesque, c’est que je ne parle pas un mot de tchèque et que je feuilletais quelque chose que je ne comprenais pas du tout.

Mais à la disposition de l’écriture sur la page j’ai su qu’il s’agissait d’une pièce de théâtre.
Il y avait un nom, deux points, une phrase. A la ligne, un mot, deux points, une phrase. Je savais donc que j’étais en face d’une pièce de théâtre écrite dans les camps de concentration. »

La pièce évoque l’histoire d’un tyran, Analphabète Ier, qui veut faire en sorte que tout le monde pense comme lui.
Pour cela, il fait appel à sa garde rapprochée, les Saucissons brutaux.

Leur but premier est d’instaurer un système de terreur. Ils vont faire appel à la délation de la population, récupérer toutes les personnes de plus de 60 ans, les envoyer au centre de ramassage où elles seront transformées en ossements humains, afin de fabriquer un fantôme qui, lui, terrorisera la population.

Terezín 1945, photo: Josef Vosolsobě, ČT24  

La réaction des jeunes à une pièce écrite par un jeune garçon de presque leur âge a été dans un premier temps une surprise pour eux, mais aussi pour Claire Audhuy. En effet,  à la première lecture, les sous-texte et l' intelligence de ces écrits est difficilement compréhensible.

"En revanche, à partir du moment où les élèves ont compris qu’il s’agissait d’une réécriture du national-socialisme, qu’Analphabète est Hitler, que les Saucissons brutaux sont les SS et que le peuple terrifié représente les Juifs, alors tout est très clair" souligne Claire Audhuy.

L'audace et l'humour sont les sentiments que retiennent les jeunes , c’est l’audace et l’humour qu’Hanuš a su décupler dans un lieu où tout cela n’est pas permis. Dans un camp de concentration, réussir à rire, à divertir et à défier l’absurdité est une gageure. »

Pour Claire Audhuy, jouer cette pièce en République Tchèque est un projet extrêmement symbolique et important,   

Claire Audhuy, photo: Archive de Claire Audhuy

C'est à cet endroit même que cette pièce a été écrite.
Pour Hanus, c'est par Terezin que pour lui sonne la fin. En effet, c'est la veille de ses 14 ans que le petit garçon a été assassiné à Auschwitz.
On commence donc par jouer à Terezín, à l’endroit même où Hanuš a osé rêver, défier les nazis et divertir ses camarades. Puis, on jouera dans la ville natale d’Hanuš, à Prague puis ce sera devant son ancien orphelinat où il a été déporté avec sa mère qu'on jouera ensuite. 

Avant la représentation, on commence toujours par une re-contextualisation qui est écrite et lue par les élèves eux-mêmes, expliquant le rôle de Terezín dans le système concentrationnaire.

"Ce n’est pas un ghetto anodin, c’est l’endroit de propagande des nazis. Qui était Hanuš ? Ça aussi, ils ont voulu le dire et se sont servis de tous les documents que j’ai pu retrouver et de ses poèmes" souligne Claire Audhuy.

La pièce peut alors débutée. Claire Audhuy entre cette présentation contextuelle et la mise en scène de la pièce par les élèves prendra la parole en insistant :  "il est tout-à-fait recommandé d’oser rire s’ils en ont envie"  . "Une seule fois je ne l’ai pas fait. Les spectateurs étaient extrêmement mal à l’aise. J’ai vu qu’ils avaient eu envie de rire mais qu’ils se retenaient" souligne t-elle.

La moralité empêcherait de rire de tout ça mais,  ce qu'il faut savoir, est que "le but d'Hanuš était de faire rire ses camarades, nous faire rire, rendre ridicule le tyran Hitler et d’oser rire de cette absurdité et cette angoisse. " affirme t-elle. 

Ce qu'il est important de préciser,pour comprendre la puissance de l'engagement de ce petit garçon, c'est sa lucidité et sa maturité. En effet, Hanuš risquait sa vie en écrivant cette pièce, ne sachant pas du tout ce qui se passe à Auschwitz. Entendant les rumeurs, il se nourrira de tout cela et en fera une fable qui, malheureusement est en lien avec la réalité, puisqu’elle annonce l’extermination des Juifs d’Europe. 

Nathalie ZADOK

L'enquête choc: il y aurait trop de Juifs en France !

Juifs de France,l'enquête choc de Ipsos

Un enquête provocante menée pendant 18 mois par ipsos sur le "vivre ensemble" en France se révèle pour certains inutile et pour d'autres très révélatrice. L'enquête est dirigée plus particulièrement sur la façon dont sont perçues les communautés juive et musulmane dans notre pays. L'étude, qui a été commandée par la Fondation du judaïsme français, révèle surtout l'incroyable sentiment de défiance qui traverse notre société.

Des questions précises y a-t-il trop de juifs en France ? Avez-vous déjà rencontré des problèmes avec des personnes d'origine maghrébine ?

Selon l'étude, il y a "méfiance à l'égard de l'autre",s'exprimant  par des critiques . Plus d'un sondé sur deux 54 % estime que l'immigration n'est pas une source d'enrichissement pour la France. Et un tiers d'entre eux 30 % estiment qu'une « réaction raciste peut se justifier ». 

53% se disent agacés par les femmes portant un voile couvrant l'ensemble de leur visage et moins d'un sondé sur trois estime que les personnes d'origine musulmane ou d'Afrique subsaharienne sont bien intégrées dans le pays.

Classement des 100 meilleurs films Juifs la palme revient à ....

Classement des 100 meilleurs films Juifs : la liste de Shindler en dernier,et E.T décroche la palme

Le portail tablet, met en avant la culture juive et dresse une liste des 100 meilleurs films illustrant au mieux la judaïcité à l'écran. Un résultat surprenant. 

Les films de Woody Allen se placent dans ce classement, en première position.
Avec son sublime Annie Hallen en  4e position, Mon beau-père et moi 17e , l'histoire : la rencontre d'un petit infirmier juif, démocrate et sans le sou avec ses futurs beaux-parents, une riche famille protestante particulièrement conservatrice et coincée.

Plusieurs films où il est question directement de la naissance Exodus 50e ou de la survie de l'Etat hébreu
Munich, 46e, de l'Holocauste Le pianiste , 79e; Shoah 17e; Le choix de Sophie, 66e;
Le chagrin de la pitié,32e), de gangstérisme Il était une fois en Amérique 87e et de la Deuxième Guerre mondiale Inglourious Basterds, 82e; Le dictateur, 70e.

Cependant, trois films des frères Coen sont présents  dans cette liste, The Big Lebowski 15e dans lequel John Goodman déclarait notamment «Cesser d'être juif, c'est pas aussi facile que de rendre sa carte à la bibliothèque», Barton Fink ou encore A serious Man 20e qui sous des airs de description du quotidien d'une communauté juive américaine dans les années 60, peut être perçu comme une adaptation déjantée du Livre de Job.

E.T

E.T

Dans cette liste , Les 1er et dernier titres  surprennent. Tous deux de  Steven Spielberg.
En effet, la liste de Shindler  n'apparaît qu'en 100e position et c'est E.T. qui décroche la palme. Ce classique des années 80 représente la quintessence de la Judaïcité à l'écran. De nombreuses interprétations sont en effet là pour le prouver.

E.T possède diverses allusions religieuses. D'ailleurs,certains critiques compare E.T à Jésus, alors que d'autres voyaient dans l'affiche du film un hommage à la fresque de Michel-Ange,
«La Création d'Adam» et de la connexion avec Dieu que l'on peut admirer d'ailleurs sur le plafond de la chapelle Sixtine à Rome  Steven Spielberg  décrivait il y a quelques années son film comme «l'histoire d'une minorité» doublé d'une «histoire d'un émigrant», en la personne d'un être déraciné fraîchement débarqué sur une terre qu'il ne connaît pas.

Assez d'éléments pour tirer un parallèle clair avec les nombreuses diasporas vécue par le peuple hébreu et son désir incroyable de vouloir revenir à sa "maison" qui pourrait symboliser bien évidemment son retour à Sion, en Israël.

A noter, que ce que vit  E.T sur terre renvoie clairement aux atrocités nazies: des agents terrifiants écumant une forêt où l'extra-terrestre se promène, et le force dès lors à fuir.
E.T ,réfugié, doit se cacher pour survivre. Il  se retrouve également étendu sur une table d'autopsie pour être scruté par des scientifiques.

Nathalie ZADOK