Journal des Juifs d’Algérie , de la colonisation française à la révocation du décret Crémieux. La colonisation et les Juifs algériens.
‘’L’Univers Israélite’’ du 21 octobre 1904.
Il est une question assez peu connue et qui place nos coreligionnaires algériens sous le coup d’une révoltante incapacité légale. Il s’agit des concessions de terres domaniales. Vous savez, qu’en Algérie fonctionne le système de la colonisation officielle. L’Etat s’efforce d’attirer des cultivateurs, leur accorde des terres, crée pour eux des villages, des ‘’centres’’, protège leurs débuts. Les bénéficiaires des concessions en deviennent propriétaires définitifs, après un certain nombre d’années de résidence sur les terres et moyennant certaine somme de travaux ou dépenses engagées pour la mise en valeur du sol. Les décrets du15 juillet 1874 et du 30 septembre 1878, en réglementant l’attribution des terres, écartait purement et simplement nos coreligionnaires. Le texte de 1874 établissait les droits exclusifs des ‘’Français d’origine européenne ou naturalisés’’, et n’admettant d’exception que pour les ‘’indigènes non naturalisés qui auraient rendu des services signalés à la France en servant dans les ‘’corps constitués de l’armée de terre et de mer’’.
Le texte de 1878 maintenait la disposition relative aux indigènes et réservait les faveurs du service de la colonisation ‘’aux Français d’origine européenne et aux Européens naturalisés ou en instance de naturalisation’’. Ainsi un Andalous, un Mahonnais, un Napolitain, fraichement débarqué, absolument ignorant de la langue, de l’histoire, du génie de la France, pouvait, en introduisant une demande de naturalisation, et avant même qu’il fut reconnu digne d’être admis dans la famille française , aspirer à une concession territoriale – et un israélite, né citoyen de la République, en possession de tous ses droits civils et politiques, eût-il rendu des services les plus marquants à la cause française, devait s’interdire tout espoir d’installation sur un lot domanial.
Que le juif fût admis dans l’armée, dans l’administration, et devint dépositaire d’une partie de la puissance publique, qu’il exerçât l’enseignement et contribuât à former l’âme des jeunes Français, aucun obstacle légal ne s’y opposait – mais le premier étranger venu était considéré plus apte que lui à représenter la race française dans les campagnes, plus digne que lui de recevoir une fraction des terres appartenant au domaine national. Pouvait-on imaginer une situation plus paradoxale ?
Depuis quelque temps on annonçait la réforme de cette réglementation assurant une revanche au bon sens et à l’équité. Notre confiance s’autorisait, d’ailleurs, des progrès réalisés par les israélites depuis 1878 ; ils ne veulent plus, comme autrefois, rester cloitrés dans les villes ; ils se livrent, de plus en plus nombreux, aux travaux des champs ; le colon juif, vivant, lui et les siens, de la vie des agriculteurs, est devenu une réalité ; l’administration n’ignore ni son existence ni ses succès, pas plus qu’elle n’ignore les résultats obtenus à la ferme-école de Djédéïda par les jeunes gens israélites algériens.
N’était-il pas de son devoir de favoriser ce mouvement, de pousser vers le travail de la terre des énergies qui ne demandent qu’à s’employer, de ménager un débouché à des populations urbaines trop denses, rongées par la misère ?
-Mais la routine bureaucratique ne perd jamais ses droits et c’était naïveté de croire qu’elle céderait le pas à la justice quand il ne s’agissait que de juifs. L’Officiel du 16 septembre dernier publiait un décret, signé le 13, lequel, sauf en ce qui concerne les étrangers en instance de naturalisation, confirme textuellement l’ancien régime. ‘’Ne peuvent être admis comme acquéreurs, soit à titre onéreux, soit à titre gratuit, que les Français d’origine européenne et les Européens naturalisés jouissant de leurs droits civils et politiques….’’.
Ainsi reste heureusement effacée la disposition qui permettait à des inconnus, sans attache avec la société française, d’aspirer à des concessions. Mais cet effort de légalité a semblé suffisant aux rédacteurs du nouveau décret. Français originaires d’Afrique, nos coreligionnaires sont formellement exclus. Non seulement ils ne peuvent espérer des lots à titre gratuit, mais il leur est défendu d’en acheter ; les terres domaniales algériennes deviennent comparables à ces provinces russes hors du ‘’Territoire’’, où les juifs ne sauraient pénétrer.
C’est la législation restrictive dans toute sa beauté ; il n’y manque même pas cette élégante précision de formules par laquelle on écarte les israélites sans les nommer. Et voilà deux ans que l’on célèbre sur tous les tons la paix sociale reconquise, la disparition de l’antisémitisme en Algérie ! Le calme règne dans les rues, mais le système d’exclusion a survécu aux violences : en fait, les droits des Juifs ne sont pas des droits.
Il est trop vrai, malheureusement, que nos coreligionnaires portent la responsabilité des humiliations qu’on leur inflige. Aucune organisation n’existe pour représenter leurs prérogatives, étudier les événements qui les intéressent, prévenir par des démarches opportunes les mesures qui lèsent leur dignité. Contre eux, la route et la malveillance ont beau jeu. Pourquoi compterai-on avec des gens qui s’abandonnent, qui n’entreprennent rien pour affirmer leur force ni même exposer leurs besoins ?
Les Consistoires algériens
- le Gouverneur général de l’Algérie a adressé au Préfet d’Alger la lettre suivante :
‘’Le 3 mars dernier, vous m’avez transmis le texte d’une délibération par laquelle le Conseil général d’Alger demande que les Consistoires israélites algériens comprennent des groupements moins importants, soient régis par la même législation que dans la métropole et soient soumis au droit commun, notamment en ce qui concerne ‘’les produits des cimetières’’.
Comme vous le savez, le but des décrets des 23 août 1898 et 21 septembre 1903 a été de réaliser, dans la plus large mesure possible, l’assimilation de l’Algérie à la métropole, au point de vue de l’organisation du culte israélite. ‘’En France, il est établi un Consistoire dans chaque département renfermant 2.000 âmes dans le même département : la circonscription du Consistoire s’étend de proche en proche sur autant de départements qu’il en faut pour que ce nombre soit atteint. ‘’ (Décret du 17 mars 1808).
Dans le rapport qui a précédé le décret du 23 août 1898, M. le Ministre des cultes s’exprimait ainsi : ‘’Il ne semble pas douteux que les circonscriptions consistoriales algériennes doivent être ramenées, autant que possible, aux sages proportions des circonscriptions de la métropole, proportions qui, en Algérie, correspondent au territoire d’un arrondissement, non à celui d’un département. C’est, en effet, à l’arrondissement que répond, en Algérie, ce groupe d’environ 2.000 israélites prévu par l’ordonnance de 1844 comme base d’une organisation rationnelle des Consistoires.
Et c’est par application de ce principe que les décrets des 23 août 1898 et 21 septembre 1903 ont décidé la création d’un Consistoire au chef-lieu de chaque arrondissement algérien comptant 2.000 israélites ; les arrondissements ne comprenant pas une population égale à ce chiffre ont été groupés de proche en proche, de manière à ce qu’il fût atteint.
La multiplicité trop grande des Consistoires, telle que la demande le Conseil général, n’irait pas sans inconvénients, dont le plus direct serait une augmentation de charges pour le budget de la colonie. C’est, en effet, un principe consacré par la législation que le Consistoire doit comprendre un rabbin au nombre de ses membres. Il semblerait, du reste, quelque peu étrange qu’une communauté consistoriale, dont l’existence n’a de raison d’être que pour l’organisation du service du culte, fût précisément dépourvue de ministre.
Or, les ressources du budget spécial doivent être utilisées, autant que possible, dans un tout autre sens que celui de l’institution de nouveaux emplois. J’ajoute que si, dans le but d’assurer une plus juste répartition des pouvoir, il a paru utile au Gouvernement de créer un plus grand nombre de Consistoires par département, il convient de ne pas exagérer cette conception, afin de ne pas tomber dans l’excès contraire par un morcellement trop grand de l’autorité des Consistoires dans leurs rapports tant avec les pouvoirs publics qu’avec les populations israélites.
Ceci étant posé, je dois faire remarquer que contrairement à ce que pense le Conseil général, les Consistoires sont régis, à l’heure actuelle, par la même législation qu’en France. Le décret du 21 septembre 1903, sur la comptabilité des Communautés consistoriales, avait déjà été étendu à l’Algérie depuis le 31 décembre 1895. Donc, dans la colonie comme dans la métropole, les Consistoires ont les mêmes dépenses, et les éléments du budget sont déterminés par un texte précis et formel.
La comptabilité des Consistoires algériens est même soumise, dans une certaine mesure, à des règles plus rigoureuses, puisque, par dérogation à l’article 15 du décret du 27 mars 1893, le receveur des contributions diverses est de plein droit trésorier de la Communauté, lui seul a qualité pour s’immiscer dans le maniement des deniers consistoriaux.
D’autre part, le Consistoire, contrairement aux errements qui étaient autrefois pratiqués, a perdu l’administration d’une grande partie de ses ressources, en vertu de la disposition qui l’oblige à verser à la caisse du bureau de bienfaisance les 7,12é au minimum du rendement de la taxe sur la viande.
Pour ce qui est ‘’du produit des cimetières’’, il est incontestable que les recettes réalisées de ce chef doivent, par application de l’article 133 de la loi du 5 avril 1884, être encaissées au profit des communes, toutes les fois qu’il s’agit de cimetières communaux. Mais une pareille disposition ne saurait recevoir d’exécution lorsqu’il s’agit de cimetières non communaux, c’est-à-dire privés ou appartenant à des congrégations religieuses, hospices, communautés, etc. Il est de jurisprudence (v. Dalloz, liuv. 76-341 et code des lois politiques et administratives, t. 2, au mot ‘’sépulture’’, que dans les cimetières possédés par les Consistoires, les concessions sont faites, non par les communes, mais par les Consistoires, et à leur profit.
Pour les raisons que je viens d’indiquer, le vœu du Conseil général me parait sans portée.
Mon administration, certes, ne se refusera pas à proposer s’il le faut, des modifications à l’œuvre déjà réalisée par le décret du 21 septembre dernier, mais ce ne sera qu’autant que l’expérience en aura révélé la nécessité et qu’autant que ces modifications n’iraient pas à l’encontre des principes de notre droit public. ‘’
Quelques hommes célèbres sur l’histoire des Juifs d’Algérie :
Altaras, Jacques Isaac (J.E.)
French shop-builder and philanthropist ; born in Aleppo, Syria, in 1786, and died at Aix (Department of Bouches-du-Rhône), France. Janv. 30, 1873. He was the son of a rabbi in Palestine, and letf Jérusalem in 1806 to engage in business in Marseilles as a ship-builder trading with the Levant, in which he was sucessful.
In the Middle of the century a project was started to assist Russian Jews to émigrate to Algéria, then recently conquered by France. Altaras took up the idea with zeal, and armed with letters of introduction from Guizot and with promises of support from many infuential Jews, he started for St. Petersburg. In 1846, intending to petition the czar to allow 40,000 Jewish families to emigrate from Russia to Algéria, but he was promptly informed by the minister of foreign affairs, Count Nesselrode, that he had laid the matter before the czar, and that his application could only be supported on condit’ion of an advance payment of about sixty rubles in taxes and fines for each family, in conformity withe the Russian Jews, wihich do not allow the Russian subject to leave the country for lifetime. Altaras considered these difficulties insurmountable, and thus the project was abandoned. Altaras was président of the Marseilles Consitory for thirty years and knight of the Légion of Honour, and helped with Marini to found a school of Jewish children in Marseilles.’’
Jewish Encyclopédia.
Gallica : Jacques Isaac Altaras (1786-1873)
Président du Consistoire israélite de Marseille – Président de la Chambre de Commerce de Marseille.
‘’L’Afrique, journal de la colonisation française politique’’.
Albert Cohn (J.E.)
French philantropist and scholar ; born in Presburg, Hungary, Sept. 14, 1814, died at Paris, March, 15, 1877. He belonged to an Alsatian familly which had settled in Hungary during the eighteen century. From 1824 to 1836 he lived in Vienna, studying first in the gymnassium and afterward at the university, and receiving in 1834 the degree of doctor in philosophy. He was then chiefly interessed in Oriental language, and, through the influence of Professor Wenrich, was engaged as teacher of Hebrew in the Protestant séminary. He was introduced at the same time to the Oriantalist, Baron von Hammer-Purgstall, who employed him as one of this secretaries.
Baron von Hammer-Purgstall was instrumental in forming Cohn’s decision to leave Vienna, where at that time there was no hope of preferment for jew, and to settle in Paris, which he did in 1836. Then began his lifelong connection with the Rothschild family. Three of the children of Baron James de Rothschild received successively from him their instruction in Hebrew and in Jewish history ; and in 1839, after a year spent with his pupils in the Holy Land and in Austria, he was placed by the baron and baroness in charge of their extensive charities, a position which he held for the remainder o this life.
Cohn did much for the charity commission of the Paris Community, of which he was successively treasurer and président, making it a model for similar institutions throughout Europe.
His next field of activity was among the Jews of Algéria, who suffered much through the préjudice of the French conquerors, including those in command. In 1845, and again 1847, he visited the country, often trraveling through district where war was raging, and where the life of a European was insecure. His report, présented by him personally to King Louis Philippe and to his son, the Duke d’Aumale, led to an organization of the Jewish communities in Algeria which was destined to bring about their gradual assimilation with the Jewish communities of France.
Cohn was again in Algeria en 1860, after visiting Morocco, where matters pertaining to the Jews, which required his attention, arose from the Spanish expedition of that year. Owing to his influence with the celebrated Don Juan Prim and others, these matters were soldved in a menner that was favorable to the Jewish population…..’’
Albert Cohn.
Albert Cohn a fait le récit de son premier voyage en Algérie dans ‘’Lettres Juives’’ publiées en 1865 dans ‘’L’Univers Israélite’’.
Adolphe Crémieux. (J.E.)
‘’Né à Nîmes le 30 avril 1796 ; avocat ; député de Chinon de 1842 à 1848, membre du gouvernement provisoire (garde des sceaux) en 1848, représentant d’Indre et Loire à la Constituante et à la Législative ; député de Paris aux élections complémentaires des 21-22 novembre 1869, mort à Paris, le 10 février 1880’’.
Crémieux, Isaac Adolphe : French statesman, born at Nimes April 22, 1796, died in Paris Feb. 9, 1880. He was educated at the Lycée Impérial, where he and a cousin were the only Jewish students. Crémieu was at the time an ardent admirer of Napoléon I. and i twas he who, at the head of a deputation of th epupils of the Lycée, addressed the emperor in the court of the Tuilleries. For many years he remained faithful to this idol of his youth, and was the adviser and friend of the proscribed Bonaparte.
Crémieux was admitted to the bar at Nîmes on attaining his majority (1817), and soon becam famous. He was brillant orator and a skifful advocate : combining eloquence with a wide knowledge of the law, rare powers of assimilation, clearness, irony, and the facuity of inspiring others with his own enthusiasm. Many of the most important cases in the south of France were soon entrustded to him, the most famous being that of the nororious royalist bandit Trestaillon, whose conviction he obtained. This case made Crémieux’s name as familar in Paris as i twas in the départment of the Gard : the young lawyer entered into relations with all the liberals of Paris, and he thenceforth passed his yaerly vacations in that city. His patriotisme was shown in the famouse cas called ‘’De la Marseillaise’’ (1819) when he was calld upon the defend three young men accused of having sung the hymn of the Révolution. In spite of the président’s opposition, he dared to praise it, and recited the poem in paraphrase, to let the jurymen pass judgment upon it. At the famouse verse ‘’Amour sacré de la Patrie’’, all the jurymen had risen, and the accused were acquitted. After the revolution of 1830 Crémieux removed from Nîmes to Paris, where he bought Odillon Barrot’s practise at the Court of Cassation. This he retained for nearly seven years, and then resumed his privat practise, ranking withe the leading layers of Paris.
Crémieux was successful in oibtainin the abolition of the humiliatin oath known as the ‘’More Judaïco’’, which every Je had been forced to take on coming into court ; and this made Crémieux the leader of his coreligionist, whose social status and interest he protected during his entire carcer. In 1840, Crémieux took an important part in sécuring the acquittal, through Mehemet Ali, of the Jewish victims of the famouse Damascus ritual murder case (see Damascus Affair). His retrun from the Orient was a series of triumphs, the Jews of Vienna being foremost in their demonstrations of gratitude. He was also received by Prince Metternich, the then cancellor of the Austrian empire.
In 1842 the leader of the opposition asked Crémieux to préent himself for election in the arrondissement of Chinon, to supplant Piscatory, the ministerial deputy from Indre et Loire. After a hard struggle he was elected, and duringthe als years of Louis Phillippe’s reign he achieved brilland successes, both as a layer and has a speaker. He was not only an able and disinterested defender of journalists and statesmen, but also the patron of all artists. At his reunions the most celebrated singers of the Opéra and of the Théâtre des Italiens appeared ; and on one occasion they were accompanied by Rossini, Meyerbeer et Auber. Crémieux was one of the most brillant orators of the ‘’Campagne des Banquets’’ which brought about the revolution of Feb. 24, 1848, and his election as a member of the provisional government was due in a great measure to this fact. As minister of justice he was instrumental in abolishing capital punishment for political offenses, the exposure of the condemned to public curiosity, and the political oath. But the républic, of which he was so proud to have been one of the founders, came to an abrupt end.
Crémieux has often been blamed, and he doubtless blamed himself, for advocatin Louis Napoléon’s candidacy as président. He believed however, in the sincerity of prince’s expression of republican sentiments, and cherished the illusion that a nephew of Napoléon would sustain the republic in France, and redeem the ‘’eighteenth of Brumaire’’. Moreover he was strongly prejudiced against General Cavaignac, who, after having refused, on the pretext of ill health, the portofolio of minister of war, offered to him by the provisional government, suddently became well enough to be the chief exécutive.
Crémieux’s illusions concerning the policy of Louis Napoléon soon vanished. Under date of Dec. 15, 1848, he addressed a letter to the newly elected prince, in which he exhorted him to be a ‘’standard for reconciliation and not of disillusionment’’, and tho remain true to his republican prinicpes. He never saw Napoloéon again. On leaving the prisons of Mazas and Vincennes, to which the coup d’état of his former friend had brought him, he retired from active politics and went back to his law practise, defending thoughout France the newspapers thate were persécuted, and the interests of all the preoscribed republicans, among them Louis Blanc, Challemel-Lacour, Ledru Rollin, Pierre Leroux, and many others.
To enumerate Crémieux’s many and important cases would be impossible. Among his clients were the sultan and the viceroy of Egypt. He journeyed to Bucarest in the interests of the Alliance Israélite Universelle, of which he had become the président in 1863. Finally, in 1868, he had to give way to the voters of Paris, and, in spite of his seventy-three years, was complled to take his seat in the Palais-Bourbon, to help overthow the empire and again save his beloved France. But this time the tas kwas impossible. The incapacity of the leaders and Bazaine’s treeson lost the army. Gambetta himself, formerly Crémieux’s secrétary and now his colleague in the Government of National Defense, could not create a new army or capable generals. The five months of terrible anxiety, followed by the ingloriouse peace, prostrated Crémieux. He offered a part of this wealth to help pay the millions demanded by the Germans, but Thiers would not listen to the plan of a national subscription. Crémieux was made a life senator. He gave 50,000 francs in aid of the victims of the flood at Toulouse, urged by the same sentiments that, in 1860, had led him to adress the following appeal to his coreligionists in behalf of the Christians of Lebanon :
‘’The Christians of East are subjected to the most horrible persécution. Tortures, rape, assassination, pillage, burning, the murder of women, children, and old people, even mutilation of corpse – such is the picture presented by the whole region of the Lebanon. Blood is shed ; misery and famine are spreading among a dense population, whom Mohmmedan fanticism is destroying in a war even against the intention and forces of the Turkish government, and whose sole crime is that they worship the Christ. French Jews, let us be the first to come to the aid of our Christian brothers ; let us not await the results of diplomacy, which is always so slow and which will regulate the future ; let us alleviate present needs. Let a large subscription be begun to-day in Paris, and let a Jewish committee be organized to-morrow. Do not let us lose one day, one hour ; let the signal for abundant relief be given in the midst of the Jewish assembly, gathered in this capital of civilisation. This signal be answered by our brethren in England, Germany, Belgium, Holland, and all Europe ; in the countries that recognize them as citizens, and in those that still refuse the this noble title. You, also, Jews of the American countries where religious liberty is triumphant, you will help the Catholics of Asia, who are so cruelly oppresed by superstition. Let the rich Jew bring his large offering, and the poor Jew his pious obelus. But a still greater throught shall rise from this first impulse. Who knows ? Perhaps God, who rules over all, has permitted these catastrophes in order to give a solemn occasion to all the culte to aid one another, for mutual defense against the furious hatreds, the daughters of superstition and barbarity. A permanent ommittee in every country. With eyes open for all the victims of fanaticism, without distinction of religion, must be created and supported. The misfortunes that fall at this moment upon so many innocent victims arouse the sympathy of all. They suggest the thought of a future protection against this scourge, which our century repudicales with horror-religious persecution.’’
Crémieux’s entire life is a proof of the nobility of this caracter. In 1832 he heard that his father, on leaving the prison in 1796, had found his business destroyed, and had been compelled to compromise with his creditors. Crémieux did not rest until he had found all these creditors of their heirs ; and he returned to them not only the principal, which most of them had forgotten, but also the accumulated interest for thirty six years.Thereupon he sought and casily obtained the rehabilitaétion of his father’s name. He never sacrificed any of his convictions to his personnal interests, and did not hesitate to antagonize the powerful influence of the Rothschild in advocating , in the Chamber of Deputies, the acquisition of the railroads by the government.
Always ready to aid his coreligionists, Crémieux never forgave them a mean action. Thus, he refused to aid Deutz, the despicable accuser of the Duchess of Berry, who appealed to him as being a Jew. On Jan. 30 1880, Crémieux lost his wife, who since 1824, had been his constant companion and helper. Bouth had frequently said that neither could live without the other, and Crémieux’s death occured tend ays after that of his wife.
Bibliography : La Grande Encyclopédie, Myers Konversations-Lexicon. J.R.’’
Joseph Cohen (J.E.)
Joseph Cohen : French journalist ; born at Marseilles, nov. 1, 1817, died in Paris, 1899.
After finishing his sutdies at Aix, he was admitted ‘to the bar there in 1836. He founded the ‘’Mémorial d’Aix’’ of which he was the editor until 1843. At this time he, withe Jacques Isaac Altaras, was interested in the Jews of Algéria, publishing some articles on them in the ‘’Archives israélites’’. He thereby gained their friendship, and they elected him préident of the newly founded Jewish consistory in Algers. He assisted them in reorganizing their mode of worship, and later (1868) they sent him to Paris as delegate in the central consistory of the Jews of France.
On returning to France in 1850, he resumed this journalist work, writing on politics as well as on matters pertaining to Judaïsm. From 1860 to 1862 he was one of the editor of the first french Jewish weekly : ‘’La Vérité Israélite’’, in which he published this famous work, ‘’Les Déicides’’, an investigation into the life of Jésus, in which he attacks the originality of the moral teaching of the Gospels, and defends the Pharisees. The work appeard in book form in 1864 (a second edition in 1866) and was translated into English in 1874. Cohen subsequently published a supplementary work, ‘’Les Pharisiens’’, 2 vols. 1877.
His reputation suffered somewhat in consequence of unfortunate financial transaction ; but after some years of silence he reengaged in political journalism, and was editor of ‘’La Liberté’’ to the close of life.
Michel Aaron Weill (J.E.)
Weill, Michel, Aaron : French rabbi ; born at Strasburg July 19, 1814 ; died at Paris Jan. 6, 1889. He was educated at the Ecole Centrale Rabbinique at Metz, where he received the rabbinical diploma, and at the Sorbonne at Paris. After acting as a professo rat the Ecole Consistoriale at Nancy, Weill was in 1845 appointed instructor at Algiers, where he became the first French chief rabbin (1846-64) ; His earnest efforts inculcate French civilization in the Algérian Jews met, however, with little success, and he retired into private life until 1876, when he accepted the rabbinate of Toul. Nine years he resigned this office and settled in Paris, devoting himself to litérary pursuits.
Weill was the author of the following works : ‘’Le Judaïsme, Ses Dogmes et sa Mission’’ (Paris, 1866) ; ‘’Théocicée’’ (ib. 1867), ‘’La Révélation’’ (ib 1868), ‘’Providence et Rémunération’’ (ib 1869), ‘’La Morale du Judaïsme’’ (2 vol. ib 1875-77), ‘’La parole de Dieu, ou la Chaire Israélite Ancienne et Moderne’’ (ib 1880), and ‘’Oraison Funèbre de M. Lazare Isidor, Grand Rabbin’’ (id 1888).
Gédéon Netter,
Grand Rabbin de Constantine.
Il a été vendu aux enchères, un sceau portant l’inscription G. Netter Rabbin Nice
Gédeon Netter fut nommé Rabbin de Nice en 1861.
Isaac Bloch
Isaac Bloch naquît le 17 juillet 1848 à Soultz (Haut-Rhin). Il commence ses études scolaires à l’école communale israélite de Bischeim puis étudia au Lycée de Strasbourg tout en recevant l’enseignement religieux de Salomon Lévy, rabbin de Brunath. En 1866, il est reçu élève au Séminaire Israélite à Paris et en 1870 il s’engage comme aumônier-brancardier volontaire durant la guerre franco-prussienne.
En 1872, titulaire du diplôme du deuxième degré rabbinique, il entre au service de l'Alliance Israélite Universelle en tant que secrétaire. Candidat au poste de rabbin, en 1875, il est élu à ce poste à Remiremont. Il écrit de nombreux articles publiés dans l'Univers israélite, la Revue des études juives, ainsi que dans d'autres périodiques. Il publie aussi une Histoire de la littérature juive avec Emile Lévy, grand rabbin de Bayonne. Le poste de Grand rabbin d’Oran étant libre, il postule en 1878 à cette fonction fut où il est élu. La même année il part en tournée pastorale jusqu'à Mostaganem, et ouvre à Oran un cours d'instruction religieuse. Il fonde aussi une Société de la jeunesse israélite. Le 11 mai 1880, il préside la cérémonie de la pose de la première pierre de la synagogue d'Oran pour laquelle il a cherché des financements en France et en Angleterre.
En 1882, il est élu au poste de grand rabbin d'Alger et d'Algérie. Son épouse y fonde en 1886 la Charitable israélite, destinée à la visite des femmes malades et en couches. De 1888 à 1890, il assure en plus l'intérim du rabbinat de Médéa. Il s'efforce de ramener la paix dans la communauté d'Alger et fait le plus souvent ses discours en langue arabe. Il s'intéresse à l'histoire, en particulier celle des Juifs algérois dont il étudie les épitaphes dans un ouvrage qui fait toujours autorité. Il est secrétaire de la Société historique algérienne. Il est élu au grand rabbinat de Nancy en 1890 et demeurera à ce poste jusqu'à sa retraite. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 14 mars 1900, sur une recommandation de l'ancien gouverneur de l'Algérie qui souligne que "bien souvent, grâce à son tact et à son habileté, les conflits ont été évités entre les juifs et la population algérienne". Chargé par le Consistoire central d'une mission d'enquête sur l'état des communautés juives en Algérie, il rédige en 1909 un rapport très documenté et un projet de réorganisation du rabbinat de la colonie. En 1905, Isaac Bloch est nommé officier de l'Instruction publique en tant qu'aumônier du lycée de Nancy, et il participe à la création de l'Union des rabbins français, au bureau de laquelle il siège à partir de 1908.
Pendant la première guerre mondiale, il est aumônier de la place de Toul de 1914 jusqu'à sa démission pour raison de santé en 1918 ; ses trois fils et son gendre sont sous les drapeaux. Il servira encore en 1918 en assurant un cours de Talmud au Séminaire. Devenu veuf, il démissionne et se retire à Paris près de ses enfants en 1919. Il décède le 13 août 1925 à Paris
Mahir Charleville, Grand Rabbin d’Oran.
La rubrique nécrologique du Grand Rabbin Mahir Charleville est parue dans Les ‘’Archives Israélites de France’’ du 9 février 1888:
‘’Nécrologie
Mahir Charleville, Grand-Rabbin de Versailles.
Le Judaïsme français vient de perdre en Mahir Charleville, Grand Rabbin de Versailles l’un de ses pasteurs à la fois les plus distingués par le talent et les moins favorisés dans la bataille pour la vie : doué ‘une intelligence vive et pénétrante, d’un esprit original, d’une facilité naturelle de parole, Charleville avait fécondé ces dons naturels par de solides études, et parcourus en tous sens le vaste champ de l’érudition rabbinique, de la littérature juive, de la philosophie en général ; avec ces puissantes ressources pour faire son chemin, et un beau chemin, dans la carrière qu’il avait choisie, après des preuves multiples de rare aptitude, de savoir réel d’éloquence persuasive, Charleville n’a connu dans le monde ni le succès, ni le bonheur ; à quoi attribuer cet écart si considérable entre les moyens et le résultat, comment expliquer ce peu de proportion entre le mérite déployé et les récompenses dues à ce mérite ? C’est une question difficile à résoudre si l’on ne savait combien de fois, dans la vie humaine, des causes d’ordre essentiellement insignifiantes paralysent les meilleures dispositions, font échec aux plus honorables projets.
Maintenant que le repos de la tombe – consolation suprême de ceux à qui les épreuves n’ont pas manqué – est assuré à ce vigoureux lutteur, il serait malséant autant qu’inutile d’insister sur les déboires dont ses jours ont été abreuvés et sur l’origine de ses mécomptes : contentons-nous d’énumérer sommairement les principales phases de cette existence longtemps ballotée, et donnons au nom de nos coreligionnaires, dont les intérêts spirituels et moraux préoccupèrent constamment Charleville, un suprême adieu à sa dépouille mortelle.
Né en 1814, issu de cette grande et intelligente Communauté Messine qui a fourni au Judaïsme comme à la patrie française tant de serviteurs dévoués et d’individualités éminentes, les Terquem, les Gerson-Lévy, Les Samuel Cahen, les Oulif, etc… Charleville eût de bonne heure à lutter pour l’existence : sa famille, fort honorable, était de condition très modeste, la carrière rabbinique se trouva naturellement désignée à son esprit studieux, mais peu fait pour les opérations commerciales où tant de nos coreligionnaires d’alors cherchaient à leur activité un fructueux aliment : seulement les débouchés étaient maigres à cette époque dans la carrière pastorale, et les emplois étaient rares. Le futur Rabbin dut donc se résigner à commencer par l’enseignement public une carrière accidentée qui dévia maintes fois et qui fut traversée aussi par des fonctions administratives. Prédicateur à Lyon et aussi directeur de l’Ecole Israélite de cette ville où il se créa quelques solides amitiés, il rentra plus tard dans le Rabbinat de Dijon, (ressort de Paris). Les importantes fonctions de Grand-Rabbin de la capitale étant devenues vacantes, il en remplit l’intérim quelque temps ; en 1848, pour la nomination définitive, Charleville fut un des deux candidats qui balancèrent les suffrages, tant sa réputation de Rabbin instruit et d’orateur capable était bien établie. Si le succès lui échappa, dans ces circonstances décisives, un échec aussi honorable le désignait à un poste supérieur, et, comme il ne s’en trouvait pas de tel vacant dans la France continentale, au bout de quelques années, il fut appelé aux fonctions de directeur de l’hôpital Rothschild à Paris qu’il occupa longtemps les occupa-t-il sans difficultés, sans tracas et sans discussion, c’est ce qu’il serait difficile d’affirmer. L’administration n’était point la vocation de ce Rabbin éminent et peut-être aussi ne trouva-t-il pas autour de lui les concours qu’il aurait dû rencontrer. D’aussi délicates fonctions dans une métropole immense comme Paris, n’étaient pas au-dessus de son dévouement, mais trop peu en rapport avec la direction de ses études et les habitudes prises de son caractère, après sept ans d’exercice, il dut y renoncer, et, comme il fallait vivre, comme aucun emploi pastoral en rapport avec son mérite et de ses lumières n’était vacant, Charleville fut franchir la Méditerranée à un âge mûr : il accepta le poste de Grand-Rabbin d’Oran. L’Algérie est, et elle était surtout il y a vingt-cinq ans, (les choses se sont améliorées depuis) une terre dure au Rabbinat français, et elle a usé plus d’un de nos pasteurs ç cause de la différence des mœurs et de la rivalité – aujourd’hui bien diminuée heureusement – entre les deux éléments indigène et français. M. Charleville trouva en tout cas, dans ces rudes fonctions, un excellent moyen d’acquérir l’estime publique à défaut de sympathie : il se livra à de longues recherches sur le droit coutumier juif, de concert avec un magistrat éminent, catholique, M. Sautayra – devenu depuis premier Président de la Cour d’Alger – et l’œuvre sortie de leur collaboration, l’Eben Haezer, fait autorité dans les questions rabbiniques légales, où nos coreligionnaires algériens attachent encore un si vif intérêt. Cependant les fatigues du ministère d’Oran, la nostalgie du pays natal, diverses raisons faisaient désirer à Charleville le retour dans la métropole ; mais, soit absence d’un poste au niveau avec sa capacité et ses services, soit malchance habituelle, Charleville ne put réaliser ce légitime désir qu’en subissant une sorte de déchéance morale, ou plutôt de disgrâce matérielle en acceptant le poste de Versailles, avec le titre honorifique de Grand-Rabbin, peu en rapport avec le rang de cette Communauté s’il l’était avec le talent du pasteur, et c’est là que ce pasteur chevronné vient, après six ans de résidence ininterrompue, terminer sa carrière.
Auteur Frédéric VIEY
Juin 2022