(israelhayom)
Le rapport appelé « LOCKER » du nom du chef de la commission d’enquête, Yohanan Locker, a soulevé de nombreuses contestations.
En effet, ce rapport prévoit des coupes budgétaires importantes, mais également, 53 autres mesures qui ont fait réagir beaucoup d’hommes et de femmes du monde politique et militaire.
Les critiques émanant de « l’establishment » militaire se portent notamment sur 3 points.
La première est la recommandation qui vise à ramener la durée du service militaire des hommes à 2 ans au lieu de 3 d'ici à 2020.
La commission appelle à une compensation appropriée, pour les soldats de combat qui voudront servir une troisième année.
Pour Moshé Ya’alon, Ministre de la défense, « Cette recommandation reflète l’incompréhension totale des membres de cette commission quant au fonctionnement du mécanisme militaire ».
La recommandation de ce rapport qui a généré la levée de tous les boucliers, est celle qui prévoit la révocation de la prestation dite de « relais ».
Actuellement versée aux militaires de carrière qui prennent leur retraite avant l'âge, elle fait le lien jusqu’à ce que le militaire atteigne l’âge de la retraite officielle.
Un officier supérieur de Tsahal resté anonyme témoigne, « il est inconcevable que le service dans le Shin Bet, le Mossad et la police pénitentiaire soit plus attrayant que le service avec l’armée. Aucune des personnes qui servent dans ces organisations font le même travail, contre l'insécurité que nous faisons dans l'armée israélienne ».
Le ministre de la Défense insiste : « les recommandations de la commission « Locker », concernant les soldats de carrière et leurs avantages sont nuisibles et immorales et à en juger par l'expérience passée, elles sont également juridiquement inapplicable ».
Cette commission recommande également que le nombre de soldats de carrières soit réduit de 2000 personnes.
Cette recommandation est très mal perçue car, elle s’ajoute à un plan de réduction des effectifs accepté il y a peu, prévoyant déjà le départ de 5000 militaires professionnels.
Une source militaire a fait remarquer: « S’Il est vrai que l'armée israélienne a augmenté ses effectifs, de nouvelles unités ont été créées comme l'unité de Cyberdéfense, ainsi que l'unité de défense aérienne ».
Les membres de la commission ont répondus à ces critiques en affirmant :
« Que le rapport était bien équilibré, qu'il prenait en compte tous les besoins les plus actuels de l'armée en considération et que la commission, avait essayé d'équilibrer les intérêts de chacun. Les membres de la commission sont tournés vers l'avenir en essayant de renforcer les capacités de l'armée israélienne ».
Mais les membres ce cette commision n'ont pas répondu aux critiques des hommes et femmes Israéliens qui acceptent et supportent les sacrifices que la vie militaire imposent.
Ces témoignages parlent d’eux-mêmes :
Une femme de militaire restée anonyme et que l’on appellera « A » (dont le mari est actuellement en service en tant que commandant de bataillon) raconte :
« Aujourd’hui, le salaire des militaires n’est pas aussi élevé que les salaires dans le secteur privé. Le seul avantage d’être soldat de carrière est les meilleures prestations de retraite. Cet avantage est une motivation supplémentaire pour devenir militaire de carrière. Si vous enlevez les prestations de retraite, vous enlevez la motivation ».
Cette femme de soldat insiste sur le fait qu’avant de faire le choix de devenir soldat de métier ce n’est pas tant ce que l’on va gagner qu’il faut regarder, mais plutôt ce que l’on va manquer.
Pour elle, faire une carrière de soldat : « Signifie manquer les vacances, les week-ends, les événements. Un soldat de carrière manque les « premières fois" de ses enfants. La première fois que son enfant parle ou apprend à parler. Il est si difficile de comprendre le sacrifice, fait non seulement par le soldat, mais par l'ensemble de sa famille. Les enfants grandissent presque sans un père. Lorsque vous avez besoin de lui, il n'y a personne pour répondre au téléphone et c’est tellement frustrant. Quand votre enfant veut parler à son père, souvent il n’a personne avec qui parler ».
Le témoignage d’une autre femme de militaire confirme les sentiments de « A » :
« Je suis seule avec les enfants la plus grande partie de l’année. Je fais les courses seule ou avec les enfants. C’est comme être une mère célibataire. Quand un de vos enfants est blessé ou a besoin de soins médicaux, je suis seule dans la salle d'urgence de l'hôpital »
Elle continue :
«Je dois solliciter l’aide de toute la famille pour pouvoir travailler ou m’occuper de moi et de mon avenir. Le plus éprouvant est par exemple quand, l'an dernier, lors de l'opération de « protection Edge », mon mari a disparu pendant 50 jours de combats. Durant cette période, j’étais seule avec les enfants à la maison. Mes enfants ont connu la double angoisse du traumatisme de la guerre et l'angoisse que leur père soit mort ».
Elle termine sont émouvant témoignage par ces mots :
« Une aggravation des conditions de service et la diminution drastique des prestations de retraite nuiraient, non seulement aux familles des militaires de carrière, mais freineraient également la motivation des hommes à s'engager dans une longue carrière. Ils réfléchiront à deux fois avant de commettre l’erreur de rentrer à l'armée. D’autant plus que le secteur privé ne manque d’opportunité très intéressantes ».
Ce sont les mots de l’ancien ministre de la défense, Amir Peretz qui concluent le mieux le sentiment des opposants à cette commission :
« Les propositions de cette commission concernant les soldats de carrière sont blessantes et humiliantes et violent explicitement l'engagement de l'État envers ses serviteurs. Les réductions préconisées vont créer une atmosphère qui rendra très difficile le recrutement de soldats de carrière dans l'avenir ».
David BRISSET.