Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Chypre, l'eldorado des Israéliens : Pourquoi un tel attachement des Israéliens pour Chypre

Chypre, l'eldorado des Israéliens : Pourquoi un tel attachement des Israéliens pour Chypre

Un touriste israélien sur cinq séjournait à Chypre en juillet dernier. Selon les derniers chiffres de l'office chypriote de statistique, il est aussi celui qui dépense le plus, avec une moyenne journalière de 174,27 euros, devant tous les autres pays recensés.

Un record de dépenses confirmé par les statistiques officielles

Les nouvelles données publiées par le service central de statistique de Chypre livrent un enseignement sans appel. En juin, le touriste israélien a dépensé en moyenne 174,27 euros par jour sur l'île, un montant supérieur à celui de toutes les autres nationalités pour lesquelles des données fiables ont été communiquées. À titre de comparaison, un touriste polonais dépense 84,37 euros par jour et un Britannique 103,98 euros. Même les Norvégiens, pourtant bien placés dans ce classement avec 143,28 euros quotidiens, restent loin derrière les visiteurs israéliens.

Des séjours courts mais intenses

Cette dépense journalière élevée ne raconte cependant qu'une partie de l'histoire.
Les touristes israéliens ne restent à Chypre que 3,9 jours en moyenne en juin, contre 8,2 jours pour l'ensemble du marché touristique de l'île.
La dépense totale par séjour s'établit donc à 679,65 euros, un montant en réalité inférieur à la moyenne générale de 863,62 euros par touriste, toutes nationalités confondues. Autrement dit, les visiteurs israéliens dépensent vite et beaucoup, mais sur un temps très court, ce qui correspond au profil d'une escapade plutôt qu'à celui d'un long séjour.

L'écart avec d'autres nationalités reste néanmoins spectaculaire. Le touriste israélien dépense près de trois fois plus qu'un Américain, dont la moyenne journalière atteint 62,17 euros, plus du double d'un Grec, à 76,63 euros, et près de deux fois et demie plus qu'un Finlandais, à 70,73 euros.

Une présence israélienne en forte progression

Le rapport chypriote révèle également l'ampleur de la présence israélienne sur l'île.
En juin, 80 343 touristes israéliens ont foulé le sol chypriote, soit 16,4 % de l'ensemble des visiteurs, plaçant Israël au deuxième rang des marchés émetteurs, juste derrière le Royaume-Uni. En juillet, cette présence s'est encore renforcée avec 119 293 Israéliens recensés, soit 20,5 % de la fréquentation totale de l'île. Concrètement, environ un touriste sur cinq présent à Chypre au mois de juillet était israélien.

Pour mesurer la progression, il suffit de comparer avec l'année 2025 dans son ensemble, où les Israéliens représentaient 13 % des touristes de l'île, soit environ un visiteur sur huit. Israël occupait déjà la deuxième place des marchés touristiques chypriotes, derrière le Royaume-Uni. Le bond enregistré cet été illustre le poids grandissant de la clientèle israélienne dans l'économie touristique chypriote pendant la haute saison.

Pourquoi un tel attachement des Israéliens pour Chypre

Cette affinité n'a rien d'un hasard statistique. Chypre est la destination étrangère la plus proche d'Israël accessible en avion, avec des vols directs de moins d'une heure depuis Tel-Aviv, ce qui en fait une escapade de week-end idéale pour des vacanciers disposant de peu de jours. L'île bénéficie aussi d'une entrée sans visa pour les citoyens israéliens, d'un décalage horaire nul et d'un climat méditerranéen très semblable à celui d'Israël, ce qui limite les frictions logistiques d'un séjour éclair.

S'y ajoute un facteur religieux et communautaire important. Larnaca et Paphos abritent des synagogues actives et une infrastructure casher bien développée, ce qui rassure une partie de la clientèle religieuse israélienne, notamment lors des fêtes juives où de nombreux hôtels proposent des offres spécifiques. Chypre a également profité, ces dernières années, de la baisse de fréquentation israélienne vers certaines destinations jugées moins sûres ou plus coûteuses, renforçant son statut de valeur refuge régionale.

Enfin, le pouvoir d'achat relativement élevé du touriste israélien, combiné à une propension à consommer rapidement pendant un séjour court, explique ce paradoxe apparent d'une dépense journalière record mais d'une dépense totale inférieure à la moyenne du marché.
Ce comportement de consommation, souvent qualifié localement de "fast and generous", façonne désormais une part significative de l'économie touristique de l'île durant les mois d'été.

Une économie touristique chypriote en repli malgré tout

Sur le plan macroéconomique, les recettes touristiques de Chypre se sont élevées à 423,1 millions d'euros en juin, une progression minime de 0,2 % par rapport à juin de l'année précédente. Sur l'ensemble du premier semestre 2026, ces recettes atteignent 1,22 milliard d'euros, en recul de 11,4 % par rapport à la même période l'an dernier. La hausse de la présence israélienne ne suffit donc pas, à elle seule, à compenser un ralentissement plus large du secteur.

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Altalena 1948-2026 : Israël retrouve son navire, pas encore son courage d'affronter sa vérité

Altalena 1948-2026 : Israël retrouve son navire, pas encore son courage d'affronter sa vérité

 

Israël a raison d'enfermer à vie l'assassin de Rabin. Alors pourquoi refuse-t-il de nommer le Premier ministre qui a ordonné de canonner un navire chargé de rescapés de la Shoah ? L'épave de l'Altalena vient d'être retrouvée à cinq cents mètres de fond. La vérité, elle, reste enfouie bien plus profond.

Soixante-dix-huit ans après le bombardement de l'Altalena, l'épave du navire vient d'être localisée au large de Tel-Aviv. Mais retrouver une carcasse au fond de l'eau ne suffit pas à regarder une histoire en face, et un éditorial récent, qui préfère parler de grue et de levier plutôt que de sang versé, le prouve une fois de plus.

Un navire, un nom, un homme à son bord

L'Altaléna n'était pas un nom de famille. C'était un ancien navire de débarquement américain, la LST-138, racheté par des membres de l'Irgoun et baptisé du pseudonyme littéraire de Zeev Jabotinsky, le père du sionisme révisionniste.

En juin 1948, quelques semaines à peine après la proclamation de l'État, ce cargo approcha les côtes d'Israël chargé de près de neuf cents immigrants, souvent rescapés de la Shoah, et d'armes achetées en France, données à l'Irgoun pour une valeur de 153 millions de francs. Parmi les hommes qui se trouvaient à bord ou sur cette plage ce jour-là, il y avait mon père.

Un conflit d'autorité qui tourne au bain de sang

L'affaire naît d'un problème de souveraineté. L'armée régulière naissante, Tsahal, devait absorber les milices existantes, dont l'Irgoun de Menahem Begin. Ben-Gourion exigea la reddition totale et immédiate du chargement.
Begin voulait qu'une partie des armes revienne aux bataillons de l'Irgoun engagés dans la défense de Jérusalem assiégée.
À Kfar Vitkin, un accord fut d'abord trouvé et les munitions débarquées furent remises à Tsahal. Mais lorsque le navire mit le cap sur Tel-Aviv, Ben-Gourion ordonna à Yigael Yadin de s'emparer du bateau par la force. Le 22 juin 1948, à seize heures, l'Altalena fut bombardée devant des centaines de badauds sur la promenade.

Dix-neuf morts entre frères

Seize combattants de l'Irgoun furent tués, six à Kfar Vitkin et dix sur la plage de Tel-Aviv, et trois soldats de Tsahal perdirent la vie dans l'affrontement.
Plus de deux cents hommes de l'Irgoun furent arrêtés sur ordre de Ben-Gourion dans les jours qui suivirent. Ce qui empêcha la guerre civile ne fut pas la sagesse du gouvernement, mais la décision personnelle de Begin, qui appela ses hommes à la radio à ne pas lever la main contre un frère et à ne jamais employer une arme hébraïque contre des combattants hébreux.

Une épave qu'on a pris soin de faire disparaître

L'histoire ne s'arrête pas au bombardement. Ce que l'éditorial récent d'un site communautaire mentionne sans jamais le nommer pour ce que c'est, c'est que Ben-Gourion a fait remorquer l'épave loin des côtes en novembre 1949, après plus d'un an où la carcasse calcinée restait visible depuis la plage. On ne déplace pas un navire coulé à vingt kilomètres au large et à cinq cents mètres de profondeur par souci d'urbanisme. On le fait pour soustraire aux yeux du public la preuve matérielle d'une décision que l'on refuse d'assumer publiquement.

Une tribune qui parle de grue et esquive le sang

C'est précisément ce que fait la tribune publiée le 1er septembre sur ce site à l'occasion de la découverte de l'épave.
Son auteur consacre l'essentiel de son texte à une querelle d'étymologie sur le mot altalena, grue ou balançoire, pour finir par un vœu poétique sur l'avenir d'Israël.
Dix-neuf morts sont mentionnés en une phrase, sans qu'aucun nom ne soit prononcé, avant que le texte ne bascule vers des considérations sur la nécessité de réparer l'Histoire plutôt que de l'aggraver. Réparer l'Histoire ne consiste pas à changer de métaphore. Cela consiste à dire qui a donné l'ordre de tirer, sur qui, et pourquoi.

Le double standard qu'Israël ne peut plus se permettre

Israël a raison de maintenir Yigal Amir en prison à vie pour l'assassinat de Yitzhak Rabin. Un Juif qui tue un Premier ministre juif pour des raisons politiques ne mérite aucune indulgence, et aucune voix sérieuse en Israël ne le conteste.
Mais cette même exigence de vérité et de responsabilité ne peut pas s'arrêter net dès qu'elle touche à Ben-Gourion.
On ne peut pas exiger que la mémoire de Rabin soit intégralement rendue, avec son assassin nommé et jugé, et refuser dans le même mouvement de regarder en face un Premier ministre qui a ordonné de canonner un navire chargé de rescapés de la Shoah et de soldats juifs.
La cohérence morale d'un État ne se découpe pas selon les figures qu'elle dérange.

Ce que la mémoire doit à ces hommes

Les seize combattants de l'Irgoun tombés à Kfar Vitkin et sur la plage de Tel-Aviv, les trois soldats de Tsahal morts dans le même affrontement, méritent mieux qu'une tribune qui préfère disserter sur un jeu de mots.
Ils méritent que l'on nomme les faits tels qu'ils se sont produits, sans les habiller de métaphores apaisantes destinées à ne heurter personne. La retenue de Begin après le bombardement a évité une guerre civile, et c'est un acte d'une grandeur rare qui mérite d'être honoré comme tel. Mais honorer cette retenue ne dispense pas d'examiner la décision qui l'a rendue nécessaire.

Un État se construit aussi en assumant ses fautes

Israël s'est construit en 1948 sur l'idée qu'une seule armée devait détenir le monopole de la force. Ce principe était juste et il a permis à l'État de survivre. Mais un principe juste peut avoir été appliqué par une décision brutale et évitable. Reconnaître cela ne fragilise pas Israël, cela le renforce, exactement comme le procès et l'incarcération de l'assassin de Rabin ont renforcé la démocratie israélienne plutôt que de l'affaiblir. Retrouver l'épave de l'Altalena est une occasion. La laisser filer sous une tribune sur les vertus de la grue serait une faute supplémentaire.

Cliquez-ici pour avoir toutes les infos sur cette affaire.

Le Grand Livre — Altaléna — Zakhor

 

Sara Netanyahu accuse Yaïr Golan de trahison le 7 octobre : la polémique enflamme Israël

Sara Netanyahu accuse Yaïr Golan de trahison le 7 octobre : la polémique enflamme Israël

 

Une interview censée humaniser Sara Netanyahu a produit l'effet inverse. Diffusée sur Channel 14, la rencontre avec la journaliste Tal Meir a mis au jour un discours saturé de théories complotistes et une attaque frontale contre l'ancien général Yaïr Golan, accusé à demi-mot d'avoir trahi le pays le 7 octobre.

Une opération de communication qui déraille

L'exercice avait pourtant été pensé pour redorer l'image de l'épouse du premier ministre. Diffusée sur la chaîne conservatrice Channel 14, cette rencontre présentée comme une interview visait à montrer une Sara Netanyahu proche du public, professionnelle et incomprise. Dès les premières minutes, elle s'est plainte de ne jamais avoir été vraiment connue du grand public, évoquant un personnage selon elle fabriqué et déformé par ses adversaires.
Face à elle, la journaliste Tal Meir n'a que très peu interrompu son récit.

Mais la tentative de réhabilitation a rapidement tourné court. Loin de dissiper les critiques qui l'accusent depuis des années de nourrir des théories conspirationnistes, Sara Netanyahu en a offert une démonstration presque intégrale, devant les caméras d'une chaîne pourtant réputée acquise à la cause du couple Netanyahu.

L'accusation contre Yaïr Golan

Le passage qui a le plus marqué les esprits concerne Yaïr Golan, ancien chef d'état-major devenu figure de l'opposition. Sara Netanyahu a affirmé que, le matin du 7 octobre, Golan s'était rendu sur les lieux du massacre déjà habillé et prêt à intervenir, à une heure très matinale, alors que d'autres, selon ses mots, n'étaient pas informés, y compris le premier ministre lui-même.

L'insinuation est limpide : un homme préparé aussi tôt aurait pu être averti à l'avance, suggérant une forme de complicité dans les événements.
Contrairement à des propos rapportés de seconde main ou prononcés en privé, cette déclaration a été tenue en direct, sur un ton jugé presque satisfait, dans un climat de conversation cordiale. Sara Netanyahu a même remercié la journaliste pour son écoute à la fin de l'entretien.

L'ironie de la situation n'a échappé à personne. Golan a précisément revêtu son uniforme et rejoint le front ce jour-là pour combattre, quand certains proches du pouvoir seraient restés à l'abri pendant que le pays encaissait le choc du massacre. En effet comment accepter cette fable qui n'a pas entendu dans tout le pays les sirènes hurlantes depuis 6h29 le 7 octobre sauf si évidemment planqué dans son bunker qui renforce la théorie qu'ils savaient, tous sans exception , Golan comme Netanyahu.

Des théories du complot jamais démenties

Le passage sur Golan a capté l'essentiel de l'attention médiatique, mais il est loin d'épuiser ce que cette interview a révélé. Interrogée sur la théorie dite de la "trahison de l'intérieur", très répandue dans certains cercles proches du pouvoir, Sara Netanyahu n'a pris aucune distance claire, se bornant à dire qu'elle n'adhérait à aucune théorie et qu'elle ne savait pas.

Elle est également revenue sur les manifestations qui se déroulent régulièrement à proximité de la résidence du premier ministre, affirmant que celles et ceux qui allument des feux dans des poubelles près du domicile cherchaient en réalité à faire en sorte que tout le monde, et pas seulement sa famille, finisse asphyxié.

Une élection qui s'annonce sous haute tension

Le troisième volet de l'entretien concerne les prochaines élections. Sara Netanyahu s'est dite convaincue que la gauche israélienne était déterminée à empêcher la majorité du peuple de l'emporter, ajoutant qu'une partie de ses opposants ne se contentait pas de vouloir faire tomber son mari, mais souhaitait littéralement le voir mort, et que certains d'entre eux, selon elle, prenaient plaisir à cette hostilité.

De tels propos ne sont pas rares dans une partie de la sphère médiatique proche du pouvoir, celle-là même qui a accueilli l'interview. Mais les entendre formulés directement par une figure aussi influente, sans qu'elle prenne la peine de les nuancer ou de les retirer, inquiète à l'approche d'une période électorale déjà décrite comme particulièrement explosive.

Une image qui se confirme plutôt qu'elle ne se corrige

Depuis les élections de 2015, une partie de l'opinion publique et des commentateurs avait fini par considérer que s'attarder sur Sara Netanyahu relevait presque du superflu. Les critiques à son égard étaient jugées connues, intégrées à son image publique, sans plus grand impact sur l'opinion.
Mais cette interview change la donne. En cherchant à imposer sa propre version d'elle-même, Sara Netanyahu a surtout confirmé, avec ses propres mots et sans contrainte extérieure, l'ampleur du fossé entre le récit qu'elle défend et la réalité vécue par une partie du pays depuis le 7 octobre.

Le public israélien, désormais, ne peut plus dire qu'il ignore ce que pense réellement l'épouse du premier ministre. Reste à mesurer les conséquences politiques de ces déclarations, alors que le pays s'apprête à vivre des semaines particulièrement tendues.

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Israël : Arrêt des usines de dessalement, l'agriculture du Sud menacée

Israël : arrêt des usines de dessalement, l'agriculture du Sud menacée

Dessalement en Israël : la quasi-totalité des usines à l'arrêt à cause d'une vague trouble venue d'Égypte

Presque toutes les usines de dessalement d'Israël ont de nouveau cessé de fonctionner ce mardi matin. Une vague trouble en provenance des côtes égyptiennes a contraint les exploitants à interrompre la production le long de tout le littoral méditerranéen, quelques heures seulement après une tentative de remise en service progressive engagée dans la nuit.

Une panne qui se répète

La crise a débuté la veille, lundi, lorsque des conditions météorologiques ont dégradé la qualité de l'eau de mer et provoqué l'arrêt de plusieurs usines de dessalement situées au sud d'Hadera.
Les habitants des plaines côtières, du centre et du sud du pays avaient alors été appelés à limiter leur consommation d'eau aux besoins essentiels, notamment dans les villes de Givatayim, Jérusalem et Rishon LeZion. Après une accalmie nocturne et une remise en route partielle des installations, le phénomène a repris ce matin avec la même intensité. Seule l'usine de dessalement d'Hadera continue actuellement de fonctionner normalement.

Restrictions sur l'arrosage et l'agriculture publique

Dans un communiqué conjoint, l'Autorité de l'eau et le ministère de l'Énergie et des Infrastructures ont annoncé une réduction des activités de jardinage et d'agriculture publiques, ainsi qu'une limitation de la consommation d'eau potable. Les autorités ont précisé que l'approvisionnement des foyers serait maintenu, tout en reconnaissant que des problèmes localisés de pression pourraient survenir dans certaines zones. La situation est suivie en continu par le centre opérationnel de l'Autorité de l'eau.

Alerte de l'Agence nationale de gestion des urgences

L'Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) a émis ce matin une mise en garde concernant d'éventuelles coupures d'eau à Jérusalem, en Judée-Samarie, à Ma'ale Adumim et à Beit Shemesh. Dans le sud du pays, les effets se font sentir dès les premières heures de la matinée : à Sderot, les habitants ont été informés dès 7 heures d'une baisse de pression et de l'arrêt de la distribution d'eau destinée à l'irrigation. La municipalité a indiqué que les circonstances faisaient encore l'objet d'une enquête et a invité la population à se préparer à d'éventuelles perturbations tout au long de la journée.

Turbidité de l'eau, pas de cyberattaque

La panne de la veille avait fait naître des inquiétudes sur une possible cyberattaque visant les infrastructures hydrauliques israéliennes. Des sources du secteur ainsi que la Direction nationale de la cybersécurité ont écarté cette hypothèse, confirmant qu'il s'agit d'un problème de turbidité de l'eau de mer, et non d'un incident informatique. L'Autorité de l'eau a précisé qu'une investigation est en cours sur l'origine de cette turbidité, tandis que la société Mekorot augmente sa capacité de production pour compenser les pertes.

L'agriculture du Sud sous tension

Au-delà des désagréments pour les particuliers, la réduction de l'approvisionnement en eau agricole inquiète particulièrement les exploitants installés près de la frontière égyptienne. Shai Kassa, agriculteur à Mikdesh Barnea, a averti que l'arrêt prolongé des usines de dessalement menace la sécurité alimentaire du pays et risque de réduire à néant des millions de shekels d'investissements agricoles dans la région.

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Bus 230 de Modi'in Illit : un chauffeur frappé dix-huit fois par un passager de 18 ans

Bus 230 de Modi'in Illit : un chauffeur frappé dix-huit fois par un passager de 18 ans

Un chauffeur de bus a été violemment agressé en pleine course sur la ligne 230, sous les yeux de dizaines de passagers, dont des femmes et des enfants. L'acte d'accusation dresse le tableau d'une brutalité inouïe, née d'une simple dispute pour quelques secondes de retard.

Une dispute pour un retard de quelques secondes

Tout commence à l'arrêt de la rue Sokolov, à Bnei Brak. Un jeune homme de 18 ans, domicilié à Modi'in Illit, monte avec un léger retard dans le bus Kavim reliant la ville à Bnei Brak.
Une altercation éclate alors entre lui et le chauffeur. Le passager va ensuite s'asseoir à l'arrière du véhicule, et le trajet reprend son cours normal. Pendant près d'une heure, le bus continue de rouler et de prendre d'autres voyageurs, sans que rien ne laisse présager la suite.

La cabine du chauffeur pris d'assaut

Arrivé boulevard Yehezkel, à Modi'in Illit, le jeune homme se lève brusquement et traverse le bus, bondé à cette heure-là. Il se poste devant la cabine du conducteur, glisse le bras à travers la vitre, actionne les commandes et force l'ouverture de la porte, alors que le véhicule roule toujours. Il se penche alors sur le chauffeur, littéralement piégé dans son poste de conduite, lui immobilise la main droite pour l'empêcher de se protéger, et le frappe dix-huit fois de suite, au visage et au torse.

Un déchaînement de violence en deux temps

La vitre de la porte cède sous la puissance des coups. Mais l'agresseur ne s'arrête pas là. Il descend du bus, va chercher quelque chose à l'extérieur, puis remonte avec la même détermination. Il s'agrippe aux poignées de maintien et assène un violent coup de pied au chauffeur, le touchant au haut du corps. Le bilan est lourd : blessures à la tête, vision brouillée à l'œil droit, saignements et fracture du nez.

Le tribunal parle d'un acte « extrêmement brutal »

Saisi du dossier, le juge Dan Bauman, du tribunal de première instance de Petah Tikva, a ordonné le maintien en détention du jeune homme jusqu'à la fin de la procédure, insistant sur la dangerosité qu'il représente. Dans sa décision, le magistrat a été sans détour : cet épisode n'a rien à voir avec un cas de légitime défense, la réaction du prévenu ayant été, selon ses termes, extrêmement brutale et violente. L'accusé fait face à des chefs d'inculpation pour agression contre un agent public et dégradation volontaire de biens.

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Trump : « L'Iran est mort » : Washington frappe et menace une riposte massive

Trump : « L'Iran est mort » — Washington frappe et menace une riposte massive

 

"L'Iran est officiellement une nation en faillite. Elle est morte". C'est par ces mots que Donald Trump a choisi, ce lundi, de qualifier la République islamique, dans un message publié sur son réseau Truth Social au moment même où les tensions militaires reprennent dans la région.

Un réquisitoire sans concession sur Truth Social

Le président américain n'a pas mâché ses mots. Dans son message, il affirme que l'Iran n'a plus ni marine ni armée de l'air, plus de monnaie stable, et qu'il ne parvient même plus à payer ses soldats et ses policiers.
Il évoque une inflation ayant atteint 300 %, chiffre qu'il avance sans le sourcer précisément, et une direction politique qu'il décrit comme totalement désorganisée et incapable de représenter le pays.
Trump va plus loin encore, accusant le régime de ne produire que de la désinformation et de réprimer ses propres manifestants dans le sang, avec un bilan qu'il évalue à plus de cent mille morts. Il conclut en réclamant que les dirigeants iraniens soient jugés pour crimes contre l'humanité.

Ce n'est pas la première fois que Trump utilise ce registre. Dès le 29 mai dernier, il qualifiait déjà l'Iran de « nation en faillite » incapable de financer sa propre armée, dans le cadre d'une stratégie de blocus économique plutôt que d'une confrontation aérienne directe. La publication de ce lundi s'inscrit donc dans la continuité d'une escalade verbale qui dure depuis des mois, mais elle intervient dans un contexte particulièrement tendu.

Frappes américaines sur l'île de Larak

Le même jour, les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens situés sur l'île de Larak, à environ 660 kilomètres à l'est de Kharg. Selon les autorités américaines, cette frappe répondait à une menace jugée imminente : les Gardiens de la révolution s'apprêtaient à déployer des roquettes équipées de mines marines dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour le commerce pétrolier mondial.

Peu avant cette frappe, Trump avait publié une vidéo générée par intelligence artificielle montrant des explosions spectaculaires sur l'île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien, laissant entendre que l'infrastructure venait d'être détruite. Un responsable énergétique iranien a rapidement démenti, qualifiant la publication de « risible » et assurant que la situation sur l'île restait calme, avec des opérations pétrolières qui se poursuivaient normalement.

« Nous allons les frapper fort », prévient Trump sur Fox News

Interrogé par le journaliste Trey Yingst sur Fox News, le président américain a promis une riposte à l'attaque iranienne menée contre des forces américaines stationnées en Jordanie. Sa formule a été sans détour : nous allons les frapper fort, il y aura une réponse.

Cette déclaration confirme que Washington entend répondre militairement à l'escalade initiée par Téhéran, dans un climat où chaque camp accuse l'autre de faire monter les enchères. Du côté iranien, le ministère des Affaires étrangères a averti que ses forces n'hésiteraient pas à exercer leur droit à la légitime défense et répondraient de manière décisive à toute nouvelle agression américaine, rejetant sur Washington l'entière responsabilité des conséquences du blocus naval et de la guerre économique en cours.

Les Gardiens de la révolution revendiquent la destruction d'un drone américain

Dans la nuit, les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir abattu un drone américain MQ-9 au-dessus du détroit d'Ormuz.
Le porte-parole des Gardiens de la révolution, Hossein Mohebi, a qualifié la frappe américaine sur l'île de Larak d'erreur stratégique et fatale de l'administration Trump, promettant que l'ennemi paierait les conséquences économiques et militaires de cette erreur d'appréciation.

Autre développement de la nuit, l'armée iranienne aurait attaqué à l'aide de drones la base aérienne d'Al-Minhad, aux Émirats arabes unis. Une information rapidement démentie par le ministère émirati de la Défense, qui affirme qu'aucune attaque de ce type n'a eu lieu sur cette installation.

Washington cherche aussi à limiter l'escalade, selon le Wall Street Journal

Un élément notable vient nuancer le tableau martial dressé par les déclarations publiques. Selon le Wall Street Journal, l'administration Trump s'efforce en coulisses d'éviter une reprise d'une guerre à grande échelle avec l'Iran, en raison de pénuries de munitions offensives et défensives. Cette information suggère un décalage entre la rhétorique présidentielle, particulièrement offensive sur les réseaux sociaux, et les contraintes opérationnelles réelles auxquelles fait face l'armée américaine.

Une escalade qui s'inscrit dans un conflit de plusieurs mois

Depuis le 28 février dernier, date du lancement de l'opération Epic Fury par le Commandement central américain, Trump a publié plus de 4 000 messages sur Truth Social évoquant l'Iran, soit une moyenne de 24 publications par jour selon une analyse détaillée de ses prises de position. Cette guerre des mots accompagne un conflit qui a connu plusieurs phases : frappes aériennes contre les sites nucléaires iraniens, cessez-le-feu annoncé puis rompu, blocus économique baptisé Opération Economic Fury, et désormais reprise des hostilités autour du détroit d'Ormuz.

Sur le terrain diplomatique, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait déjà rejeté les menaces économiques américaines qualifiées de Economic D-Day, les présentant comme une manœuvre de diversion face à la dette croissante des États-Unis, tout en accusant Washington de terrorisme économique.

À ce stade, aucune frappe directe et massive sur le territoire iranien n'a été confirmée en réponse à l'attaque jordanienne. Les prochaines heures diront si les mots de Trump se traduisent en actes militaires d'ampleur.

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Israël : Agressée pour une dette de 100 shekels, une ado de 14 ans raconte son calvaire filmé

Israël : Agressée pour une dette de 100 shekels, une ado de 14 ans raconte son calvaire filmé

 

Une dispute de 100 shekels entre deux adolescentes a viré au cauchemar. Piégée lors d'une soirée entre amis, Emily Koniawski, 14 ans, a été violemment frappée, filmée, puis humiliée en ligne. Son témoignage, recueilli avec sa mère dans l'émission « Morning News », dévoile un phénomène qui gagne du terrain chez les jeunes : agresser pour exister sur les réseaux sociaux.

Un piège tendu sous couvert d'amitié

Le scénario est devenu familier chez les adolescents israéliens : provoquer une bagarre, la filmer, puis diffuser la vidéo pour gagner en popularité auprès de ses pairs. Emily Koniawski, 14 ans, en a fait l'amère expérience. Invitée à une soirée entre amis, elle affirme être tombée dans un guet-apens soigneusement organisé, qui s'est achevé par des coups portés en pleine rue, sous les caméras de plusieurs adolescentes.

Dans une interview accordée à Nesli Barda et Yoav Limor, Emily et sa mère Yulia sont revenues sur les circonstances de cette agression et sur la peur qui les habite depuis.

Une mère tenue dans l'ignorance pendant trois jours

Yulia a raconté comment elle a découvert la gravité de ce qui était arrivé à sa fille : « Elle m'a dit qu'elle avait été battue, mais que ce n'était rien de grave. Je voulais aller chez le médecin pour faire un bilan, mais elle a refusé. Ce n'est que trois jours plus tard que j'ai reçu la vidéo et j'étais sous le choc. Au début, j'ai aussi reçu la version raccourcie, car des enfants avaient filmé deux filles, voire plus. J'ai reçu cette vidéo de moins d'une minute et je pensais que ça ne pouvait pas être pire, mais le lendemain, j'ai reçu la vidéo complète. »

Une dette de 100 shekels à l'origine du drame

Interrogée sur le point de départ de l'affaire, Emily a expliqué : « J'avais une amie à qui je devais 100 shekels. On s'est séparées, et elle a exigé que je la rembourse alors qu'elle me devait la même somme. » Elle a ajouté : « Je lui ai dit qu'on ne se devait rien, et là, la fille qui m'a frappée m'a bousculée et menacée pour que je la rembourse. Je lui ai rendu l'argent et j'ai dit à mes amis que, la connaissant et sachant ce qu'elle fait, je me défendrais si elle essayait de me frapper. Ça l'a énervée, et elle est venue me prouver que je ne lui ferais rien et qu'elle était plus forte que moi. »

Frappée devant témoins, filmée sans pouvoir se défendre

La jeune fille a détaillé le déroulement de l'agression : « Dès notre rencontre, elle a commencé à me menacer. Mais elle a vu qu'il y avait des gens autour qui n'étaient pas liés à son gang et elle a eu peur qu'ils appellent la police. Alors elle m'a emmenée devant la maison et a commencé à me bousculer, à me frapper. Elle m'a aussi donné un coup de poing au visage. Je n'ai rien fait parce que j'avais peur que ses deux amies, qui avaient tout filmé et qui avaient répandu la rumeur, se joignent à elle. »

Une plainte déposée, mais la peur persiste

Après l'agression, Emily et sa mère ont porté plainte. L'agresseuse a été placée en résidence surveillée pendant cinq jours, une assignation qu'elle a néanmoins enfreinte. Depuis, la peur des représailles ne les a pas quittées. « Je suis nerveuse, j'ai peur qu'elle revienne », a confié Emily, tandis que sa mère précisait : « Elle ne sort jamais seule. »

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Ligne Jaune à Gaza : le Hamas plante des explosifs et positionne ses tireurs d'élite à quelques mètres de Tsahal

Ligne Jaune à Gaza : le Hamas plante des explosifs et positionne ses tireurs d'élite à quelques mètres de Tsahal

 

Le cessez-le-feu à Gaza tient sur le papier. Sur le terrain, le Hamas plante des engins explosifs, positionne des tireurs d'élite et s'empare de maisons détruites à quelques dizaines de mètres seulement de la Ligne Jaune.

Un dispositif construit sous le nez de Tsahal

Une source du Commandement Sud a révélé que le Hamas met en place un dispositif à la fois défensif et offensif tout au long de la Ligne Jaune. Positions de combat, engins explosifs improvisés, postes de tireurs d'élite : l'organisation terroriste installe ces capacités à quelques dizaines, parfois quelques centaines de mètres seulement de la zone contrôlée par Israël. Selon cet officier, le Hamas ne se contente pas de préparer une reprise des combats contre Tsahal. Il muscle aussi ses défenses face aux milices rivales qui contestent son autorité dans l'enclave.

Des réservistes témoins, mais les mains liées

Ce sont des combattants et des commandants de bataillons de réserve, déployés dans la bande de Gaza, qui tirent la sonnette d'alarme. Ils observent ce renforcement de leurs propres yeux mais n'ont pas l'autorisation d'attaquer le Hamas, sauf pour encercler des individus recherchés pour leur participation au 7 octobre ou pour intercepter ceux qui s'approchent de la Ligne Jaune, voire tentent de la franchir. « Nous observons une tendance à poser des explosifs et à s'emparer de maisons détruites », a résumé un commandant de compagnie de réserve.

Un cessez-le-feu qui n'en est pas vraiment un

Sur le papier, l'accord tient toujours. Dans les faits, l'armée israélienne mène des opérations militaires presque quotidiennes dans la bande de Gaza, le Hamas s'efforce de reconstituer ses capacités endommagées, et le fossé entre les termes de l'accord et la réalité du terrain continue de se creuser.

Drones égyptiens et convois humanitaires détournés

Le Hamas profite de l'accalmie officielle pour tenter de reconstituer son arsenal, notamment via des drones acheminés depuis l'Égypte vers Gaza, une filière de contrebande déjà signalée qui transiterait par les convois humanitaires. Ce trafic pourrait s'intensifier : Israël, malgré ses démentis, prévoirait d'ouvrir le point de passage d'Erez et travaillerait à l'élargissement de celui de Kerem Shalom pour accroître le volume et la diversité de l'aide autorisée à entrer dans l'enclave.

La Ligne Jaune progresse vers l'ouest

Sur le terrain, la Ligne Jaune continue de se redessiner. Ces derniers mois, elle s'est déplacée à plusieurs reprises vers l'ouest, et dans certaines zones, Israël a construit des remblais, des avant-postes et des fortifications pour consolider son emprise. Des sources palestiniennes évoquent de nouvelles avancées ces derniers jours dans l'est de la ville de Gaza. Israël n'a pour l'instant apporté aucune confirmation officielle de ce déplacement localisé, mais le phénomène est déjà largement documenté.

Des commandants du Nukhba éliminés à Jabalia et Khan Younès

Au cours des dernières vingt-quatre heures, l'armée israélienne a poursuivi ses offensives dans plusieurs localités de la bande de Gaza pour contrer des terroristes impliqués dans le massacre du 7 octobre.

Le commandant du Nukhba à Jabalia, Abd al-Fatah Abu al-Aish, a été tué dans la nuit. Selon Tsahal, il avait participé à un raid en territoire israélien le jour du massacre.
Un autre membre du Hamas a péri à ses côtés. L'armée affirme que les deux hommes s'employaient récemment à relancer des projets terroristes et à restaurer les capacités militaires de l'organisation.
À Khan Younès, deux autres membres du Nukhba, Yasser Abou al-Khair et Muhammad al-Adin, ont été neutralisés dans le cadre de la même logique : restaurer les infrastructures du Hamas et préparer de nouvelles actions terroristes.

Une trêve sur le papier, une guerre larvée sur le terrain

Le constat s'impose : si le cessez-le-feu reste formellement en vigueur, les hostilités sont loin d'être terminées. Tsahal poursuit sa lutte contre les menaces terroristes, le Hamas s'emploie à se reconstruire militairement, et la zone sous contrôle israélien continue, méthodiquement, de s'étendre.

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Petah Tikva : Yahil 10 ans enlevé par un SDF qui le pousse à voler pour lui

Petah Tikva : un SDF enlève un enfant de 10 ans et le pousse à voler pour lui

Un homme de 20 ans arrêté à Bnei Brak, disparu de son domicile à Petah Tikva

"Il l'a séduit avec une pizza et un collier en or" : l'enlèvement présumé d'un enfant de 10 ans fait trembler Israël

Un garçon de 10 ans, Yahli, a disparu de son domicile de Petah Tikva hier soir avant d'être retrouvé sain et sauf quelques heures plus tard à Bnei Brak, en compagnie d'un homme de 20 ans originaire de Jérusalem. Le suspect, interpellé sur place, est soupçonné d'avoir attiré l'enfant dans un guet-apens en lui offrant une pizza et une chaîne en or. Il a été placé en détention provisoire et doit comparaître aujourd'hui devant le tribunal.

Une disparition qui déclenche l'alerte générale

La disparition de Yahli a été signalée en soirée par sa famille, provoquant le déclenchement immédiat d'importantes recherches policières à Petah Tikva. Sa mère raconte qu'elle pensait son fils avec son mari. À 21 heures, en constatant qu'il n'était rentré ni avec l'un ni avec l'autre, elle a compris que quelque chose clochait.
"Yahli a l'habitude de sortir jouer seul, ce n'est pas un enfant qu'on retient à la maison" confie-t-elle, encore sous le choc.

Des voisins se sont immédiatement mobilisés pour ratisser le quartier, et des centaines de volontaires ont rejoint les recherches après un appel à l'aide lancé sur les réseaux sociaux. La police a pris le relais avec des moyens technologiques de pointe pour retracer les déplacements du garçon et comprendre où il avait disparu.

Localisé au milieu de la nuit grâce à une coopération policière

L'affaire s'est dénouée au cœur de la nuit. Grâce à la coordination entre le commissariat de Petah Tikva, dans le district central, et celui de Bnei Brak, dans le district de Tel Aviv, les enquêteurs sont parvenus à localiser l'enfant dans le quartier de Pardes Katz. Il se trouvait en compagnie d'un homme de 20 ans venu de Jérusalem. Les deux ont été interpellés sur-le-champ et conduits au commissariat de Petah Tikva pour être entendus.

Le récit de la mère : manipulation et cadeaux pour garder l'enfant auprès de lui

Selon le témoignage de la mère, Yahli aurait été abordé par le suspect, qui se serait présenté comme sans domicile fixe et lui aurait demandé de l'aide. L'enfant l'aurait alors accompagné et aidé à soutirer 100 shekels à des passants. Pour le convaincre de rester à ses côtés, l'homme lui aurait offert des pizzas ainsi qu'une chaîne en or. "Cet homme a manipulé Yahli. Nous soupçonnons qu'il a enlevé mon fils", a-t-elle déclaré  évoquant un enfant encore incapable de mesurer pleinement ce qui vient de lui arriver. Un enquêteur spécialisé dans les affaires impliquant des mineurs doit désormais recueillir son témoignage dans les prochains jours.

Sur les réseaux sociaux, la mère a également adressé un message de gratitude aux nombreux Israéliens mobilisés pendant les recherches, tout en lançant un avertissement clair aux autres parents : "Il a soudoyé l'enfant avec une chaîne en or, lui a offert une pizza et l'a même convaincu d'essayer de fumer ! Surveillez vos enfants, soyez vigilants. J'ai retenu la leçon."

Une enquête toujours en cours

Les enquêteurs de police cherchent désormais à établir précisément les circonstances de cette soirée et ce que le jeune homme et l'enfant ont fait ensemble, loin du domicile familial, tard dans la nuit. Le suspect, dont l'audition s'est achevée par un placement en détention provisoire, doit comparaître aujourd'hui devant le tribunal pour une audience portant sur la prolongation de sa détention, en fonction des besoins de l'enquête.

Cette affaire, qui s'est heureusement terminée sans drame, rappelle la vigilance nécessaire face aux adultes qui approchent des mineurs isolés en usant de petits cadeaux et de manipulation pour gagner leur confiance.

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Israël : le "Code 51" ressemble-t-il à un coup d'État électoral contre la diaspora israélienne ?

Israël : le "Code 51" ressemble-t-il à un coup d'État électoral contre la diaspora ?

Un code informatique de deux chiffres, "Code 51", et des dizaines de milliers de citoyens israéliens perdent leur droit de vote sans jugement, sans notification, sans possibilité de recours.
La loi fondamentale israélienne est pourtant sans ambiguïté : seul un tribunal peut priver un citoyen de ce droit.
Aucun tribunal n'est jamais intervenu. C'est un ministère, dans l'ombre d'un fichier administratif, qui a tranché seul, en violation frontale de la Constitution.
À moins de deux mois d'un scrutin qui s'annonce l'un des plus serrés de l'histoire d'Israël, cette manœuvre silencieuse pourrait priver de vote une partie décisive de la diaspora.

Plusieurs dizaines de milliers de citoyens concernés, le ministère de l'Intérieur refusant de communiquer le chiffre exact.

Des dizaines de milliers d'expatriés rayés des listes électorales à trois mois d'un scrutin décisif

Un simple code administratif suffit désormais à effacer un citoyen israélien du registre électoral, sans notification, sans explication et sans voie de recours claire.
À moins de deux mois des élections législatives du 27 octobre, des dizaines de milliers d'Israéliens vivant en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Afrique du Sud découvrent qu'ils ne pourront pas voter. En cause : une mystérieuse mention appelée "Code 51", qui les fait basculer du statut de résident à celui de non-résident dans les fichiers du ministère de l'Intérieur, et les efface du registre des électeurs, sans qu'ils en soient jamais informés.

Une découverte par hasard, à quelques semaines du vote

C'est en préparant son voyage en Israël pour l'anniversaire de la mort de son père et pour voter le 27 octobre qu'Ilana Mittman, chercheuse en sciences sociales à la retraite installée à Baltimore, a fait une découverte brutale. En vérifiant son statut électoral en ligne, elle apprend qu'elle a été retirée du registre des électeurs. Binationale américano-israélienne installée aux États-Unis depuis 1980 pour la carrière médicale de son mari, elle n'a jamais considéré sa vie à l'étranger comme une rupture avec Israël.

En consultant ses dossiers via le portail du ministère de l'Intérieur, elle constate que son statut de résidence a été modifié sous le fameux "Code 51" le 7 mars 1986, date qui correspond à une visite au consulat d'Israël à San Francisco, peu après la naissance de son fils, pour l'enregistrer comme citoyen israélien. Selon son témoignage, le personnel consulaire lui avait alors confisqué, sans justification, sa carte d'identité israélienne, ne lui laissant que son passeport pour voyager. Elle raconte avoir ressenti, à l'époque déjà, qu'on lui retirait "une part d'elle-même". Ce qu'elle ignorait, c'est que ce geste administratif la priverait, quarante ans plus tard, de son droit de vote sans le moindre avertissement.

Un groupe WhatsApp de 120 membres, puis une bataille juridique

Le cas d'Ilana Mittman n'est pas isolé. En échangeant avec d'autres membres de la communauté expatriée, elle découvre que nombre d'entre eux se trouvent exactement dans la même situation. Certains ne l'ont appris qu'après avoir déjà engagé des frais coûteux pour organiser leur retour en Israël, le vote devant obligatoirement se faire en personne.

D'autres, comme Ayala Graham, née dans un kibboutz et revenue voter il y a seulement quatre ans, se retrouvent radiées, alors que son mari, pourtant absent d'Israël depuis quarante ans, a lui conservé son droit de vote. Cette incohérence flagrante illustre le caractère arbitraire du système dénoncé par les intéressés.

Selon la loi fondamentale israélienne sur la Knesset, tout citoyen âgé de dix-huit ans ou plus a le droit de vote, sauf décision judiciaire contraire. Dans les faits pourtant, ce droit est conditionné à l'inscription sur le registre électoral, et c'est précisément ce registre que le "Code 51" permet de modifier silencieusement, sans procédure contradictoire ni droit de recours identifié.

Face à l'opacité totale des critères justifiant ces radiations, les Israéliens concernés ont choisi la voie judiciaire. Leur initiative citoyenne porte un nom : "Notre droit de vote Code 51." Un financement participatif a permis de rassembler les fonds nécessaires pour engager Me Gilead Sher, qui a déposé une demande d'accès à l'information pour contraindre le ministère de l'Intérieur à révéler les critères réels de cette classification administrative. Des courriers ont ensuite été envoyés au ministère de l'Intérieur, au procureur général de l'État et à la Commission électorale centrale, exigeant le rétablissement immédiat du statut des personnes concernées.

Un ultimatum avant la clôture des listes le 3 septembre

La loi imposant la finalisation du registre électoral le 3 septembre, l'équipe juridique a fixé un délai d'une semaine pour obtenir une réponse des autorités. Sans réaction d'ici cette échéance, une requête d'urgence sera déposée devant la Commission électorale centrale et la Cour suprême siégeant en Haute Cour de justice. À ce jour, le ministère de l'Intérieur n'a apporté aucune réponse officielle sur les critères utilisés pour retirer ces citoyens du registre électoral.

Me Sher a insisté sur le vide juridique entourant cette pratique. Il affirme que ce code arbitraire ne saurait, quelle qu'en soit la justification invoquée, l'emporter sur le droit constitutionnel de vote. Il redoute par ailleurs que certains électeurs concernés ne découvrent leur exclusion que le jour même du scrutin, une fois arrivés en Israël, après avoir engagé des frais de déplacement souvent considérables.

C'est de la suppression électorale", dénonce une avocate de la Silicon Valley

Rony Sagy, avocate installée dans la Silicon Valley et ancienne combattante d'une unité d'élite de Tsahal, a elle aussi découvert sa radiation malgré des décennies de lien constant avec Israël, y compris des retours répétés pour voter. Elle qualifie sans détour la méthode utilisée de suppression électorale, dénonçant l'absence totale de transparence sur les critères de retrait des listes.

Dans une tribune publiée sur le site du Times of Israël, l'universitaire Yehuda Lukacs va plus loin en interrogeant frontalement la nature de ce dispositif. Il rappelle que parmi les citoyens radiés figurent d'anciens soldats de Tsahal, certains rappelés en unité de réserve après le 7 octobre, ainsi que des personnes ayant contribué pendant des années au développement économique et technologique du pays. Pour lui, résider à l'étranger ne peut, à lui seul, justifier la privation d'un droit fondamental, et tout changement de statut affectant la capacité de voter d'un citoyen devrait s'accompagner d'une notification claire, d'une motivation et d'une procédure de recours accessible.

Une opacité qui alimente tous les soupçons

Le silence prolongé du ministère de l'Intérieur, l'absence de critères publics, le calendrier resserré avant la clôture des listes et l'ampleur du phénomène, plusieurs dizaines de milliers de citoyens selon les organisateurs de l'initiative, nourrissent d'ores et déjà les interrogations les plus vives au sein de la diaspora israélienne.

Beaucoup de ces électeurs, historiquement mobilisés lors des grands rendez-vous électoraux, s'inquiètent qu'une décision administrative obscure vienne peser sur l'équilibre d'un scrutin annoncé comme l'un des plus disputés de l'histoire récente d'Israël. Sans preuve d'une intention politique délibérée à ce stade, l'absence de réponse des autorités et la persistance du flou entourant le "Code 51" placent le gouvernement face à une obligation de transparence à laquelle il n'a, pour l'heure, pas répondu.

L'échéance du 3 septembre approche. D'ici là, les avocats de l'initiative "Notre droit de vote — Code 51" attendent une réponse du ministère de l'Intérieur. À défaut, l'affaire sera portée devant la Commission électorale centrale, puis, si nécessaire, devant la Cour suprême, à quelques semaines seulement d'un scrutin où chaque voix pourrait s'avérer déterminante.

 

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