Sara Netanyahu accuse Yaïr Golan de trahison le 7 octobre : la polémique enflamme Israël

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Sara Netanyahu accuse Yaïr Golan de trahison le 7 octobre : la polémique enflamme Israël

 

Une interview censée humaniser Sara Netanyahu a produit l'effet inverse. Diffusée sur Channel 14, la rencontre avec la journaliste Tal Meir a mis au jour un discours saturé de théories complotistes et une attaque frontale contre l'ancien général Yaïr Golan, accusé à demi-mot d'avoir trahi le pays le 7 octobre.

Une opération de communication qui déraille

L'exercice avait pourtant été pensé pour redorer l'image de l'épouse du premier ministre. Diffusée sur la chaîne conservatrice Channel 14, cette rencontre présentée comme une interview visait à montrer une Sara Netanyahu proche du public, professionnelle et incomprise. Dès les premières minutes, elle s'est plainte de ne jamais avoir été vraiment connue du grand public, évoquant un personnage selon elle fabriqué et déformé par ses adversaires.
Face à elle, la journaliste Tal Meir n'a que très peu interrompu son récit.

Mais la tentative de réhabilitation a rapidement tourné court. Loin de dissiper les critiques qui l'accusent depuis des années de nourrir des théories conspirationnistes, Sara Netanyahu en a offert une démonstration presque intégrale, devant les caméras d'une chaîne pourtant réputée acquise à la cause du couple Netanyahu.

L'accusation contre Yaïr Golan

Le passage qui a le plus marqué les esprits concerne Yaïr Golan, ancien chef d'état-major devenu figure de l'opposition. Sara Netanyahu a affirmé que, le matin du 7 octobre, Golan s'était rendu sur les lieux du massacre déjà habillé et prêt à intervenir, à une heure très matinale, alors que d'autres, selon ses mots, n'étaient pas informés, y compris le premier ministre lui-même.

L'insinuation est limpide : un homme préparé aussi tôt aurait pu être averti à l'avance, suggérant une forme de complicité dans les événements.
Contrairement à des propos rapportés de seconde main ou prononcés en privé, cette déclaration a été tenue en direct, sur un ton jugé presque satisfait, dans un climat de conversation cordiale. Sara Netanyahu a même remercié la journaliste pour son écoute à la fin de l'entretien.

L'ironie de la situation n'a échappé à personne. Golan a précisément revêtu son uniforme et rejoint le front ce jour-là pour combattre, quand certains proches du pouvoir seraient restés à l'abri pendant que le pays encaissait le choc du massacre. En effet comment accepter cette fable qui n'a pas entendu dans tout le pays les sirènes hurlantes depuis 6h29 le 7 octobre sauf si évidemment planqué dans son bunker qui renforce la théorie qu'ils savaient, tous sans exception , Golan comme Netanyahu.

Des théories du complot jamais démenties

Le passage sur Golan a capté l'essentiel de l'attention médiatique, mais il est loin d'épuiser ce que cette interview a révélé. Interrogée sur la théorie dite de la "trahison de l'intérieur", très répandue dans certains cercles proches du pouvoir, Sara Netanyahu n'a pris aucune distance claire, se bornant à dire qu'elle n'adhérait à aucune théorie et qu'elle ne savait pas.

Elle est également revenue sur les manifestations qui se déroulent régulièrement à proximité de la résidence du premier ministre, affirmant que celles et ceux qui allument des feux dans des poubelles près du domicile cherchaient en réalité à faire en sorte que tout le monde, et pas seulement sa famille, finisse asphyxié.

Une élection qui s'annonce sous haute tension

Le troisième volet de l'entretien concerne les prochaines élections. Sara Netanyahu s'est dite convaincue que la gauche israélienne était déterminée à empêcher la majorité du peuple de l'emporter, ajoutant qu'une partie de ses opposants ne se contentait pas de vouloir faire tomber son mari, mais souhaitait littéralement le voir mort, et que certains d'entre eux, selon elle, prenaient plaisir à cette hostilité.

De tels propos ne sont pas rares dans une partie de la sphère médiatique proche du pouvoir, celle-là même qui a accueilli l'interview. Mais les entendre formulés directement par une figure aussi influente, sans qu'elle prenne la peine de les nuancer ou de les retirer, inquiète à l'approche d'une période électorale déjà décrite comme particulièrement explosive.

Une image qui se confirme plutôt qu'elle ne se corrige

Depuis les élections de 2015, une partie de l'opinion publique et des commentateurs avait fini par considérer que s'attarder sur Sara Netanyahu relevait presque du superflu. Les critiques à son égard étaient jugées connues, intégrées à son image publique, sans plus grand impact sur l'opinion.
Mais cette interview change la donne. En cherchant à imposer sa propre version d'elle-même, Sara Netanyahu a surtout confirmé, avec ses propres mots et sans contrainte extérieure, l'ampleur du fossé entre le récit qu'elle défend et la réalité vécue par une partie du pays depuis le 7 octobre.

Le public israélien, désormais, ne peut plus dire qu'il ignore ce que pense réellement l'épouse du premier ministre. Reste à mesurer les conséquences politiques de ces déclarations, alors que le pays s'apprête à vivre des semaines particulièrement tendues.

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