Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

« Israël, aidez-nous à renverser le régime ! » : Appel désespéré d’une Téhéranaise en Iran

« Israël, aidez-nous à renverser le régime ! » : Appel désespéré d’une Téhéranaise en Iran

« Israël, aidez-nous, s'il vous plaît, à renverser le régime » : une habitante de Téhéran s'adresse exclusivement à la presse israélienne

Le mouvement de contestation en Iran gagne en intensité. Des centaines de citoyens frustrés rejoignent les manifestations dans les rues au cri de « Mort au dictateur ». Les protestations contre le régime se sont déjà étendues à près de 50 villes dans 22 provinces. À Téhéran, les habitants, désespérés, lancent un appel à l'aide, notamment à Israël.

Une semaine après l'éruption de la contestation contre le régime iranien

Les premières manifestations ont éclaté dimanche dernier à Téhéran, initiées par les commerçants du bazar contre le régime des ayatollahs. Depuis, le mouvement prend de l'ampleur. Des centaines de citoyens, principalement des jeunes, participent aux cortèges dans la capitale. Une habitante de Téhéran, contactée exclusivement par une chaîne israélienne, décrit le chaos dans les rues et le désespoir ambiant
: « Cher Israël, aidez-nous, s'il vous plaît. Nous voulons que vous renversiez ce régime. »

Cette femme, jointe via un parent vivant à Berlin, témoigne de l'intensification des rassemblements : « Le premier jour, il y avait beaucoup moins de monde, mais aujourd'hui, comparé aux six jours précédents, la foule était bien plus importante. Il était impossible de bouger, même lentement, tant il y avait de gens. »

Ces déclarations reflètent une mobilisation nationale. Il s'agit du plus vaste mouvement de contestation depuis les protestations liées au voile en 2022. Les manifestations antigouvernementales ont touché près de 50 villes ces derniers jours, couvrant 22 provinces.

Le nombre de participants reste toutefois inférieur aux pics des vagues précédentes, où des centaines de milliers de personnes descendaient dans la rue pour défendre leurs libertés. Selon cette habitante, la différence réside dans « l'unité des manifestants et la voix unanime qu'ils portent ».

Une habitante de Téhéran : « Le gouvernement va réprimer la contestation et accentuer la répression, c'est certain »

Le commandant des forces de sécurité intérieure iraniennes a annoncé hier l'arrestation d'organisateurs de manifestations, affirmant que plusieurs avaient avoué avoir été payés. Selon des organisations de défense des droits humains, une quinzaine de morts et environ 580 arrestations ont été recensés durant la première semaine.

« Le gouvernement va contenir la contestation et intensifier la répression, sans aucun doute, car il lutte pour sa survie », ajoute l'habitante. Elle raconte avoir vu un jeune homme brandissant un pain en disant : « Je fais cela pour du pain. » Elle décrit aussi des manifestants affaiblis, les larmes aux yeux.

Depuis une semaine, des Iraniens courageux défilent, exaspérés par la situation économique et générale. Après les promesses du guide suprême Khamenei de punir les troubleurs, la crainte d'une réponse brutale du régime grandit à Téhéran, où l'on appelle également Israël à l'aide.

« Nous voulons que vous renversiez ce régime, Israël, aidez-nous, s'il vous plaît »

« Je le redis : soutenez-nous, s'il vous plaît. Ici, nous voulons que ce régime tombe, le peuple n'en veut plus », lance cette Téhéranaise. « Les voix doivent être plus fortes. J'implore le monde entier, et particulièrement la chère Israël, de nous aider. »

Le régime iranien admet être en mode survie face aux manifestations

Trois sources proches des discussions gouvernementales iraniennes ont confié au New York Times que la République islamique se trouve en situation de survie. Vendredi, après les menaces d'attaque du président américain Donald Trump, le Conseil suprême de sécurité nationale a tenu une réunion d'urgence nocturne pour examiner des moyens de contenir les protestations avec moins de violence, afin d'éviter d'attiser davantage la colère populaire.

Parallèlement, les membres du Conseil se sont préparés à d'éventuelles frappes militaires. Ces sources, restant anonymes en raison de la sensibilité des sujets, indiquent que les hauts responsables ont admis, lors de réunions privées, que le régime est acculé à un mode survie.

Elles ajoutent que, ces derniers jours, les craintes ont grandi en Iran : une instabilité prolongée pourrait inciter Israël à frapper à nouveau. Les déclarations de Trump et de responsables israéliens sur les manifestations ont alimenté ces appréhensions.

Certains conseillers ont suggéré au président Masoud Pezeshkian de rejeter la responsabilité sur le guide suprême Ali Khamenei. Les dirigeants iraniens disposent de peu d'outils pour affronter à la fois l'effondrement économique alimentant le mécontentement et le risque d'escalade avec Israël et les États-Unis.

Par ailleurs, les Gardiens de la révolution ont lancé des exercices de tir de missiles et d'activation de défenses antiaériennes à travers le pays. Des détonations de systèmes de défense ont été entendues dans plusieurs villes, dont Téhéran, Shiraz et Hamadan.

Khamenei : plan secret de fuite à Moscou si le régime s’effondre

Khamenei : plan secret de fuite à Moscou si le régime s’effondre

Rapport américain : en cas d'aggravation des troubles en Iran, Khamenei prévoirait de fuir à Moscou

Selon un article du Times, le guide suprême iranien a élaboré un itinéraire secret d'évacuation pour lui et son entourage restreint, au cas où les forces de sécurité perdraient le contrôle des manifestations. Ce plan s'inspire du modèle d'exil de Bachar el-Assad en Russie. Les analystes estiment que les liens étroits avec Poutine font de la Russie le refuge le plus logique.

Les manifestations mettent le régime sous pression

Les vagues de protestations en Iran ont parfois acculé le régime théocratique. L'anarchie dans les rues, accompagnée de bilans meurtriers, incite les hauts dignitaires à anticiper une escalade. Un rapport publié ce lundi dans le Times révèle que le guide suprême Ali Khamenei envisage une fuite vers Moscou.

Un plan d'évacuation détaillé D'après des sources de renseignement, Khamenei, âgé de 86 ans, a tracé une voie de sortie de Téhéran en cas d'échec de ses forces à réprimer la contestation. Ce dispositif prévoit l'exfiltration du leader avec une vingtaine de proches collaborateurs et membres de sa famille.

Moscou, destination évidente Le spécialiste des affaires iraniennes Benny Sabti, cité par le Times, affirme que Moscou constitue l'option la plus rationnelle : « Il n'a nulle part ailleurs où aller. » Il souligne l'admiration de Khamenei pour Poutine et les affinités culturelles entre l'Iran contemporain et la Russie actuelle.

Un modèle inspiré d'Assad Ce scénario d'exil s'appuie sur la fuite récente de Bachar el-Assad, allié de Téhéran, qui a quitté Damas en avion pour rejoindre sa famille à Moscou avant l'assaut des opposants sur la capitale syrienne.

Activation conditionnelle et prudence Le plan ne serait activé qu'en cas de montée inexorable de la contestation, de renforcement des manifestants et de désobéissance des forces de sécurité. Toutefois, une défection massive reste complexe, Khamenei veillant jalousement sur la loyauté de ses cadres. Il convient de noter que de tels rapports sur les intentions du guide suprême resurgissent à chaque vague de protestations, leur fiabilité demeurant sujette à caution.

Islamisme urbain : comment le Hezbollah tente de pénétrer Kiryat Shmona de l’intérieur

Islamisme urbain : comment le Hezbollah tente de pénétrer Kiryat Shmona de l’intérieur

Kiryat Shmona sous pression : accusations d’infiltration immobilière liée au Hezbollah

Une alerte lancée au cœur du gouvernement

Lors d’une réunion officielle du gouvernement israélien, Yitzhak Wasserlauf, ministre du Développement de la périphérie, du Néguev et de la Galilée, a formulé une accusation lourde de conséquences : selon lui, des Arabes israéliens auraient acquis des appartements à Kiryat Shmona sur instruction du Hezbollah, dans le but explicite de « prendre le contrôle de la ville de l’intérieur ».

Cette déclaration, jusqu’ici absente des grands titres internationaux, a été confirmée dans des cercles gouvernementaux et municipaux israéliens, et s’appuie désormais sur des éléments relayés par des sources sécuritaires et locales.

Le Shin Bet évoque une stratégie d’“urbanisation idéologique”

Selon des responsables sécuritaires cités en interne, le Shin Bet (Shabak) est conscient depuis plusieurs années d’actions menées par des mouvements islamistes visant à transformer certaines villes juives en villes dites “mixtes”, par des mécanismes discrets mais structurés : déménagements coordonnés, achats immobiliers ciblés, changements administratifs d’adresse.

Dans le cas précis deaKiryat Shmona, une enquête est en cours pour déterminer si une partie des acquisitions immobilières a été réalisée sous l’orientation directe d’une organisation terroriste, en l’occurrence le Hezbollah libanais.

À ce stade, aucune inculpation publique n’a encore été annoncée, mais les autorités parlent d’indices suffisamment sérieux pour justifier une vigilance accrue.

Un chiffre qui alarme la municipalité

Des sources au sein de la municipalité de Kiryat Shmona confirment un fait précis et vérifiable :

environ 50 citoyens arabes israéliens ont changé leur adresse officielle vers Kiryat Shmona au cours du seul dernier mois.

Dans une ville partiellement évacuée à cause de la guerre au nord, ce chiffre est jugé anormalement élevé, et d’autant plus sensible que la zone est en première ligne face au Hezbollah, depuis le début des affrontements transfrontaliers avec le Liban.

Une ville stratégique, déjà fragilisée par la guerre

Située à quelques kilomètres de la frontière libanaise, Kiryat Shmona est depuis des décennies une cible privilégiée des tirs du Hezbollah. Depuis le déclenchement de la guerre au nord, une grande partie de sa population juive a été évacuée, laissant un tissu urbain fragilisé, propice à des changements rapides de composition démographique.

C’est précisément ce contexte que, selon Wasserlauf, le Hezbollah chercherait à exploiter, non plus seulement par la roquette ou le drone, mais par une stratégie d’implantation civile indirecte, beaucoup plus difficile à contrer juridiquement et politiquement.

Entre sécurité nationale et bombe politique

L’affaire est explosive. Elle touche à la fois :

à la sécurité intérieure,

à la question des loyautés et de l’ingérence étrangère,

et à un sujet ultrasensible : le statut des citoyens arabes israéliens, dont l’immense majorité n’a évidemment aucun lien avec des organisations terroristes.

C’est pourquoi, à ce stade, les autorités avancent avec prudence. Mais le fait même que le sujet ait été évoqué en réunion gouvernementale, et relayé par des sources sécuritaires et municipales, indique qu’il ne s’agit plus d’une simple rumeur.

Ce que l’on sait, et ce que l’on ne sait pas

Les faits établis sont clairs :

– une déclaration officielle du ministre Wasserlauf,

– une vigilance confirmée du Shin Bet sur des stratégies d’“islamisation urbaine”,

– une enquête en cours sur des achats immobiliers orientés,

– un afflux inhabituel de changements d’adresse vers Kiryat Shmona.

Ce qui reste à démontrer judiciairement :

– l’existence d’un pilotage direct du Hezbollah,

– les circuits financiers utilisés,

– et l’ampleur réelle du phénomène.

Une nouvelle forme de guerre

Si ces soupçons étaient confirmés, ils marqueraient un tournant stratégique majeur : la guerre ne se jouerait plus uniquement aux frontières ou dans les airs, mais au cœur même des villes israéliennes, par le béton, les baux et les registres de population.

Pour l’instant, Israël observe, enquête, et se prépare.

Le front nord n’est plus seulement militaire. Il est aussi civil, urbain et silencieux.

Jérusalem : une fillette attachée à une corde pour franchir le mur de séparation -vidéo-

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Un suspect arrêté pour avoir mis en danger la vie d’une enfant au mur de séparation près de Jérusalem

Dans un incident qui suscite à la fois horreur et interrogation, les forces de la police des frontières (Magav) de la région de Jérusalem ont annoncé l’arrestation d’un homme filmé en train de faire passer une petite fille par-dessus la barrière de séparation alors qu’elle était attachée avec une corde, un acte qualifié de mise en danger volontaire de la vie d’une mineure.
Jérusalem : une fillette attachée à une corde pour franchir le mur de séparation, un suspect arrêté

Selon un communiqué officiel diffusé par le porte-parole de la police, l’événement aurait eu lieu « il y a environ deux semaines » avant l’arrestation, dans un secteur du mur de séparation à Jérusalem. La vidéo qui circule montre, d’après cette version, un adulte élevant l’enfant au sommet de la barrière avant de la faire descendre de l’autre côté, allant sciemment à l’encontre des risques évidents pour sa sécurité.

L’opération d’arrestation s’est déroulée dans le village d’A-Ram, près de Ramallah, où les forces du Magav — accompagnées d’un soutien aérien de l’unité spécialisée en drones et aéronefs sans pilote, dite « Rakia » — ont localisé le suspect à l’extérieur d’un commerce avant de le placer en détention.

Le suspect, un résident de 29 ans du village d’A-Ram, a été transféré au service de renseignement de la police des frontières de Jérusalem pour interrogatoire et poursuites ultérieures.

Dans son communiqué, la police n’a pas seulement décrit les faits : elle a tenu à rappeler que toute tentative de franchissement de la barrière de séparation constitue une infraction pénale et comporte des dangers réels pouvant entraîner des blessures graves ou la mort. « Dans certains cas, cela peut entraîner des blessures graves ou la perte de vies humaines », a souligné le porte-parole.

Les forces de sécurité ont ajouté que ses combattants continuent d’opérer « avec détermination pour déjouer les infractions graves et prévenir les situations mettant en danger la vie humaine », en mobilisant des capacités opérationnelles et de renseignement pour préserver la sécurité publique.

Israël, plaque tournante du khat vers l’Europe : une crise mal contrôlée

Israël, plaque tournante du khat vers l’Europe : une crise mal contrôlée

Khat, valises et silences : enquête sur un trafic qui quitte Israël sans entrave

Un fait divers qui n’en est pas un

Ils ne sont ni trafiquants chevronnés ni figures du grand banditisme. Et pourtant, leurs valises contiennent des dizaines de kilos de khat, soigneusement dissimulés, compressés, prêts à inonder les marchés européens. L’arrestation à Prague de deux jeunes femmes israéliennes transportant 96 kilos de khat n’est pas un accident. C’est un épisode de plus dans une série désormais bien documentée d’interpellations d’Israéliens en Europe pour contrebande de cette substance.

Ce qui frappe n’est pas seulement la quantité. C’est la régularité du phénomène. Des cas similaires ont été signalés à répétition en République tchèque, en Allemagne, en France, aux Pays-Bas. Toujours le même point de départ. Toujours le même produit. Toujours le même scénario. Et toujours la même question qui reste sans réponse publique.

Un produit légal en Israël, une drogue en Europe

Le cœur du problème tient en une contradiction juridique explosive. Le khat est légal en Israël. Il y est cultivé, vendu, consommé, notamment au sein de certaines communautés.
À l’inverse, il est classé comme stupéfiant dans la majorité des pays européens, où sa possession et son importation sont passibles de lourdes peines de prison.

Cette fracture juridique a créé une zone grise idéale pour les réseaux criminels. Ce qui peut être acheté librement en Israël devient, une fois passé la frontière aérienne, une marchandise illicite à très forte valeur ajoutée. Les trafiquants n’ont plus qu’à exploiter le vide.

Des porteurs interchangeables, pas des cerveaux

Les enquêtes menées après les arrestations dressent un portrait récurrent des personnes interpellées. Ce ne sont presque jamais les organisateurs. Ce sont des porteurs. Des exécutants. Des individus recrutés pour transporter, pas pour décider.

On leur promet de l’argent facile. On leur explique que le produit est légal au départ. On les rassure sur les contrôles. On leur affirme que “ça passe toujours”. Et de fait, jusqu’à l’atterrissage, cela passe.

Le point aveugle de l’aéroport Ben Gourion

Toutes ces cargaisons quittent Israël par le même lieu ultra-sensible : Aéroport Ben Gourion. Un aéroport réputé pour être l’un des plus sécurisés au monde. Scanners, interrogatoires, profils de risque, surveillance comportementale. Rien n’y est laissé au hasard. Sauf, visiblement, le khat.

Des valises lourdement chargées de matière végétale franchissent les contrôles, embarquent, décollent. Elles ne deviennent un “problème” qu’à l’arrivée, lorsque les douanes européennes ouvrent les bagages, souvent à Aéroport de Prague ou dans d’autres hubs européens.

La police israélienne ne nie pas les faits. Elle admet que des dizaines d’Israéliens ont été arrêtés à l’étranger ces dernières années pour trafic de khat. Elle admet aussi une réalité dérangeante : elle n’a pas les outils juridiques pour empêcher ces départs.

Une impuissance juridique… ou un confort institutionnel ?

Officiellement, la position est claire. Tant que le khat est légal en Israël, aucune base légale ne permet d’interdire à un passager d’en transporter, même en quantités manifestement incompatibles avec un usage personnel. Le fait que la destination finale criminalise le produit ne suffit pas, selon le droit israélien, à bloquer un départ.

Mais cette explication, aussi exacte soit-elle juridiquement, ne dissipe pas le malaise.
Car les autorités savent. Elles savent que ces cargaisons ne sont pas destinées à une consommation privée. Elles savent qu’elles alimentent des réseaux criminels. Elles savent que les porteurs finiront en prison à l’étranger. Et pourtant, les avions décollent.

Complicités ou défaillance systémique ?

À ce stade, il faut être rigoureux. Aucune preuve publique ne démontre l’existence de complicités actives au sein de la police israélienne ou des services aéroportuaires. Aucun dossier judiciaire ne fait état de corruption avérée.

Mais l’absence de preuve n’efface pas la répétition mécanique des faits.
Quand un même schéma se reproduit encore et encore, la question ne porte plus seulement sur la loi, mais sur la volonté politique et institutionnelle d’agir. Dans tout autre domaine lié à la sécurité nationale, une telle récurrence aurait déclenché une alerte majeure.

Une responsabilité déplacée sur les plus faibles

Pendant que le débat juridique piétine, ce sont les porteurs qui paient le prix fort. Arrestations à l’étranger. Détentions provisoires longues. Condamnations sévères dans des systèmes judiciaires qui n’ont aucune indulgence pour les trafics de stupéfiants. Les réseaux, eux, restent hors champ. Invisibles. Intouchables.

Plusieurs responsables israéliens ont déjà évoqué la nécessité de criminaliser la production et la distribution du khat afin de donner à la police les moyens d’agir en amont. Ces propositions se heurtent à des résistances politiques et communautaires. Résultat : le statu quo perdure, et avec lui, le trafic.

Quand le silence devient un maillon de la chaîne

Cette enquête ne démontre pas une collusion. Elle met en lumière quelque chose de plus inquiétant encore : un aveuglement institutionnel durable. Lorsque l’État sait, observe, documente, mais n’intervient pas, il devient un maillon passif du système.

Le véritable scandale n’est pas seulement dans les valises pleines de khat. Il est dans le silence qui les accompagne jusqu’à la porte d’embarquement.

Ce qui apparaît d’abord comme une série d’arrestations isolées révèle une
faille importante du système israélien de contrôle des exportations illégales. Sans changement légal et procédural, l’État tolère de facto un trafic vers l’étranger qu’il n’a ni les moyens d’empêcher, ni les outils pour criminaliser efficacement.

La responsabilité de la police n’est pas d’être complice ; elle est d’être désarmée par la loi. La véritable question que doit se poser Israël est de savoir si l’absence de cadre juridique clair ne revient pas à laisser courir une porte ouverte à la criminalité organisée au détriment de citoyens vulnérables — et de son propre système de sécurité.

 

Un avocat, une question qui dérange

Un dernier élément mérite pourtant d’être ajouté, tant il éclaire l’angle mort de cette affaire. Dans un article publié par Alliance, le nom d’un avocat apparaît : Mordechai Tzibin, spécialiste du droit international, connu pour défendre de nombreux Israéliens arrêtés à l’étranger, notamment dans des dossiers de contrebande de khat.

Ce n’est pas tant sa présence qui interpelle que la question qu’il pose publiquement.
Comment expliquer que des jeunes femmes puissent quitter l’aéroport Ben Gourion avec des quantités aussi massives de khat sans être inquiétées, alors même que les autorités savent pertinemment que ce produit est illégal dans les pays de destination ?

En posant cette question, l’avocat ne se contente pas de plaider pour ses clientes. Il pointe, sans le dire frontalement, une responsabilité déplacée, un système qui laisse partir, puis regarde ailleurs lorsque l’arrestation survient à l’étranger.

Et ce simple constat, formulé à voix basse, suffit à refermer l’enquête sur une interrogation lourde : à partir de quand l’inaction cesse-t-elle d’être une contrainte juridique pour devenir un choix politique ?

 

Administration israélienne en crise : pénurie de personnel, services injoignables depuis la guerre

Administration israélienne en crise : pénurie de personnel, services injoignables depuis la guerre

Services administratifs israéliens : l’État sous tension, une bureaucratie à bout de souffle depuis la guerre

Personne ne s’attend à ce que l’État soit parfait en temps de guerre. Mais lorsque des citoyens épuisés n’arrivent plus à joindre un bureau, qu’un dossier vital reste sans réponse pendant des semaines et que l’administration, jadis réputée pour son efficacité, devient muette, quelque chose se fissure.
Depuis le 7 octobre, derrière le front militaire, un autre front s’est ouvert, silencieux celui-là : celui d’une bureaucratie israélienne sous-dimensionnée, débordée, et parfois absente, laissant des milliers de personnes seules face à des services censés les protéger.

Un malaise diffus, désormais documenté

Depuis le 7 octobre, une même plainte revient, insistante, presque banale tant elle est partagée : impossibilité de joindre un service, lignes téléphoniques saturées ou inexistantes, dossiers gelés, délais qui s’étirent sans explication. Ce que beaucoup vivent comme une expérience personnelle relève en réalité d’un affaiblissement structurel du service public israélien, confirmé par des sources institutionnelles et des témoignages d’anciens hauts fonctionnaires.

Une fonction publique privée de colonne vertébrale

Le constat est sévère : Israël a longtemps fonctionné avec une administration efficace malgré sa taille réduite. Or, plusieurs ministères clés opèrent aujourd’hui sans direction stable. L’absence prolongée d’un commissaire permanent à la fonction publique — pourtant pivot du recrutement et de la continuité administrative — a été publiquement dénoncée par d’anciens dirigeants, dont l’ex-directrice générale du Ministère de la Justice d’Israël.

Sans ce poste central, les recrutements stagnent, les carrières se figent, les compétences quittent le navire. Résultat : des services sous-dotés, souvent gérés par des intérimaires sans capacité de réforme.

Des exemples concrets, quotidiens, vérifiables

Au ministère de l’Intérieur, les délais pour les démarches courantes — renouvellement de papiers, changements de statut, dossiers de résidence — ont explosé. Plusieurs bureaux régionaux fonctionnent désormais sur des plages horaires réduites, parfois uniquement sur rendez-vous numériques… impossibles à obtenir pendant des semaines. Les lignes téléphoniques, lorsqu’elles existent, renvoient vers des standards automatisés sans rappel.

Du côté de la Sécurité sociale (Bituah Leumi), des associations d’usagers et des experts-comptables alertent sur des retards anormaux dans le traitement des allocations, des remboursements et des dossiers de guerre.
Les agents manquent, beaucoup ayant été mobilisés ou redéployés vers des tâches d’urgence depuis octobre. Les réponses écrites, lorsqu’elles arrivent, sont souvent standardisées et hors-sujet, signe d’un traitement mécanique sous pression.

Même constat dans les tribunaux civils et administratifs : audiences reportées, décisions retardées, greffes saturés. La justice fonctionne, mais au ralenti, dans un pays pourtant confronté à une multiplication des contentieux liés à la guerre, aux indemnisations et aux litiges sociaux.

La guerre comme accélérateur d’une crise déjà latente

La guerre n’a pas créé la crise administrative ; elle l’a révélée et aggravée. Le marché du travail israélien est sous tension extrême. Les pénuries de main-d’œuvre documentées dans l’économie touchent aussi l’État, qui peine à rivaliser avec le privé en termes de salaires et de perspectives. L’administration attire moins, retient mal, et perd ses profils expérimentés.

Dans ses dernières analyses, l’OCDE souligne la fragilité de la capacité de l’État israélien à planifier et exécuter des politiques publiques en période de choc prolongé, pointant une dépendance excessive à des structures ad hoc et à l’improvisation.

Un État en mode urgence permanente

Depuis octobre, une part significative des ressources humaines de l’administration a été redirigée vers la gestion de crise : hébergement des déplacés du Nord et du Sud, indemnisations d’urgence, coordination avec l’armée. Ce choix était nécessaire. Mais il a laissé des pans entiers de l’administration en sous-régime, sans relais ni renforts. Les services non directement liés à la guerre sont devenus secondaires, parfois invisibles.

Ce que disent les faits, sans exagération

Non, aucun rapport officiel ne proclame que l’administration israélienne est « en chute libre ». Mais les faits sont là : postes vacants, directions absentes, délais anormalement longs, rupture du lien direct avec l’usager. L’État fonctionne encore, mais moins bien, moins vite, et de façon plus opaque. Ce décalage entre l’image d’un Israël hyper-efficace et la réalité administrative actuelle crée une frustration profonde, d’autant plus violente qu’elle touche des citoyens déjà éprouvés par la guerre.

Une alerte, pas une fatalité

Ce que révèlent ces dysfonctionnements, c’est moins l’effondrement de l’État que son épuisement. Sans réinvestissement massif dans la fonction publique, sans restauration d’une chaîne de commandement stable et professionnelle, la bureaucratie israélienne risque de devenir le maillon faible d’un pays pourtant réputé pour sa résilience. La guerre finira. La question est de savoir si l’administration, elle, aura été réparée.

Antisémitisme : Le Habbad à Katmandou contraint de quitter ses murs après vingt ans

Antisémitisme : Le Habbad à Katmandou contraint de quitter ses murs après vingt ans

Habbad à Katmandou contraint de quitter ses murs après vingt ans

Après près de vingt ans d’ancrage à Katmandou, le centre Chabad de la capitale népalaise, lieu de passage pour des dizaines de milliers de jeunes Israéliens, a été sommé de se libérer des lieux. L’annonce, brutale, est tombée cette semaine : le propriétaire exigeait une évacuation immédiate, plongeant les responsables de l’institution dans l’urgence. 

Une décision subite et inexpliquée

Le couple d’émissaires hacham Hazi et Chani Lifshitz a reçu un avis formel de quitter l’immeuble qui abritait depuis deux décennies la maison Chabad, reconnue comme l’un des centres juifs les plus célèbres au monde et ayant inspiré la série télévisée Katmandou. 

Vendredi dernier déjà, la traditionnelle repas de Shabbat s’est tenue dans un hôtel, signe que l’activité avait été déplacée en catastrophe. Malgré la précipitation, Hazi Lifshitz a déclaré à Ynet que « tout s’est bien déroulé » et que l’expérience serait relancée et développée ailleurs. 

Tensions progressives avant la rupture

Selon Hazi Lifshitz, les tensions avec le propriétaire n’ont pas surgi du jour au lendemain.
« Je ne sais pas si c’est de l’antisémitisme ou s’il a simplement changé d’avis », dit-il.
Il explique que quelques mois plus tôt, le propriétaire avait ordonné la suppression de tous les panneaux en hébreu, prétendument pour éviter de montrer une présence juive visible qui, selon lui, pourrait susciter la méfiance des Iraniens, suspects de le considérer comme un espion. 

Dans le même temps, les loyers avaient été augmentés, puis, cette semaine, la directive de départ a été confirmée sans délai. Les responsables ont alors entrepris d’emballer l’ensemble du mobilier et des biens du centre. 

Témoignage de Chani Lifshitz : « Ce lieu était notre vie »

Sur Facebook, Chani Lifshitz a partagé une publication poignante à propos de la fin de leur séjour dans le bâtiment qui fut leur foyer pendant vingt ans.
« Ces derniers jours n’ont pas été simples pour Hazi et moi. Ce sont des jours difficiles », écrit-elle. 

Elle évoque un espace fait de shabbats, de fêtes, de larmes, d’accolades et de conversations nocturnes, aujourd’hui refermé dans des cartons, tandis que le couple cherche un nouveau lieu pour poursuivre sa mission. « Nous avons tant investi dans cette maison, pour vous et pour nous. Et soudain, il faut tout recommencer », confie-t-elle.

Antisémitisme : Le Habbad à Katmandou contraint de quitter ses murs après vingt ans

Antisémitisme : Le Habbad à Katmandou contraint de quitter ses murs après vingt ans

 

Perception d’antisémitisme

Chani Lifshitz affirme que l’explication du propriétaire ne peut être dissociée d’un climat d’hostilité croissante envers leur présence : « Au fil des mois, nous avons senti que la pression autour de nous s’intensifiait : encore une demande, encore une restriction, encore une contrainte. Petit à petit, il devenait clair qu’on voulait que cet endroit cesse d’être une maison pour les Juifs », dit-elle. 

Elle insiste sur la nature personnelle de cette douleur : « Comment abandonner une maison qui était toute entière faite d’âme ? » Hazi Lifshitz, de son côté, maintient que « tout est pour le mieux », tandis qu’elle confie n’avoir « que des larmes dans les yeux ». 

Régime iranien : Ses propres élites cherchent déjà une porte de sortie vers l’Occident

Quand les élites iraniennes regardent déjà l’après-régime

Quand les élites iraniennes regardent déjà l’après-régime

Un message bref, publié en persan, a suffi à provoquer un séisme informationnel. En affirmant que de hauts responsables iraniens chercheraient déjà à négocier leur survie avec des services de renseignement occidentaux, Tom Tugendhat n’a pas livré une révélation documentée, mais un signal politique lourd de sens. Derrière cette déclaration, une question centrale : le régime iranien inspire-t-il encore confiance à ceux qui le servent au sommet ?

Un message politique, pas une fuite de renseignement

Le tweet de Tom Tugendhat, publié sur son compte officiel et rédigé en persan, est authentique. Il affirme que « plusieurs hauts responsables du régime islamique sont en contact avec des services de renseignement étrangers afin d’assurer leur sécurité après la chute du régime, échangeant au passage des informations classifiées ».

Aucune ambiguïté sur le fond : il s’agit d’une prise de position politique, non d’un rapport de renseignement déclassifié. Tugendhat ne cite ni sources, ni agences, ni faits précis. Cette distinction est essentielle : ce message ne constitue pas une preuve, mais une assertion stratégique, assumée comme telle par son auteur.

Qui parle, et pourquoi cela compte

Ancien ministre britannique chargé de la sécurité, figure connue pour ses positions fermes face à Téhéran, Tugendhat n’est pas un commentateur extérieur. Son choix d’écrire en persan, directement à destination des élites et de l’opinion iraniennes, n’est pas anodin.

Ce registre suggère une intention claire : instiller le doute au cœur du pouvoir, rappeler aux dirigeants iraniens que, vus de l’extérieur, leur régime apparaît fragile, peut-être déjà miné par la défiance interne.

Ce que confirment les faits vérifiables

S’il n’existe aucune confirmation indépendante attestant que des responsables iraniens collaborent actuellement avec des services occidentaux pour préparer leur fuite, plusieurs éléments factuels établissent le contexte de cette déclaration.

Les gouvernements occidentaux, dont le Royaume-Uni et les États-Unis, ont multiplié en 2024 et 2025 les communiqués officiels dénonçant les activités clandestines iraniennes en Europe et en Amérique du Nord : surveillance d’opposants, menaces, cyber-attaques, tentatives d’intimidation sur la diaspora. Ces déclarations conjointes sont publiques et documentées.

Autrement dit, le climat est celui d’une rupture de confiance totale entre l’Occident et les services iraniens, ce qui nourrit, côté occidental, l’idée d’un régime sur la défensive, obsédé par sa propre survie.

Un message destiné autant à Téhéran qu’à l’Occident

Ce type de déclaration remplit plusieurs fonctions simultanées. À l’intérieur de l’Iran, il nourrit la suspicion : qui parle déjà avec l’ennemi ? Qui prépare sa sortie ? À l’extérieur, il consolide un narratif politique : celui d’un régime qui ne croit plus lui-même à sa pérennité.

Qu’il repose ou non sur des contacts réels, le message agit comme une arme psychologique, classique dans les confrontations entre États, surtout lorsque la guerre est d’abord informationnelle.

Fragilité perçue et guerre des récits

En définitive, le tweet de Tom Tugendhat ne révèle pas un fait prouvé, mais expose une perception occidentale : celle d’un régime iranien jugé suffisamment fragilisé pour que l’idée d’une défection interne paraisse crédible.

C’est précisément là que réside son intérêt journalistique. Non pas dans ce qu’il démontre, mais dans ce qu’il dit du regard porté sur l’Iran aujourd’hui : un pouvoir soupçonné d’avoir déjà perdu la loyauté intime de certains de ses serviteurs, même si cette perte n’est, pour l’instant, ni documentée ni démontrée.

 

Israël : une secouriste du Magen David Adom assignée à résidence après une vidéo choc -vidéo-

Israël : une secouriste du Magen David Adom assignée à résidence après une vidéo choc -vidéo-

Une paramédicale du service d’urgence placée en détention à domicile après la diffusion d’une vidéo controversée

Une secouriste chevronnée de l’organisation Magen David Adom (MDA), l’équivalent israélien du Samu, a été placée en détention à domicile pour cinq jours après la publication sur les réseaux sociaux d’une vidéo jugée incitatrice et contraire aux valeurs de l’institution. 

La vidéo qui déclenche une tempête

Le cœur de la controverse réside dans une vidéo publiée sur TikTok par la paramédicale Ayreen Kabaha. On y voit un patch fixé à son uniforme sur lequel figure l’inscription « Peace was never the solution » — « La paix n’a jamais été la solution ». Ce contenu s’est rapidement diffusé en ligne, provoquant une vague de réactions et une profonde réprobation publique. 

Selon Kabaha, interrogée brièvement dans la vidéo par une patiente curieuse du message, elle aurait répondu en minimisant : « chacun interprète cela dans son propre monde et à partir de sa douleur, car chacun a sa vision ». 

 

Réactions internes et enquête en cours

Face à l’ampleur de la diffusion et aux critiques, Magen David Adom a condamné fermement le message, le qualifiant de grave et incompatible avec les valeurs de l’organisation. L’institution a annoncé l’ouverture d’une enquête interne simultanément à l’enquête policière, soulignant que des mesures disciplinaires supplémentaires seront prises une fois les procédures officielles terminées. 

Un porte-parole de MDA a expliqué que tout discours susceptible d’encourager l’incitation ou la violence est strictement proscrit, en particulier par du personnel soignant dont la mission est d’assister sans distinction tous les patients. 

Témoignages et impressions de collègues

Un collègue de la paramédicale, qui a requis l’anonymat, a déclaré au site mako qu’il la connaissait depuis sept ans au sein de l’organisation et qu’il ne l’avait jamais vue s’exprimer de cette manière auparavant. Il a décrit un professionnel généralement discret, partageant parfois des aspects de sa vie personnelle ou des moments humoristiques, mais jamais de contenus pouvant provoquer un tollé public. 

Conséquences potentielles pour sa carrière

À l’heure actuelle, Kabaha demeure sous détention à domicile pour une période de cinq jours, dans l’attente des conclusions de l’enquête policière et institutionnelle. Une source proche du dossier a indiqué qu’il est probable qu’elle ne reprenne pas son activité au sein de MDA, en raison de la gravité de la situation et de l’exigence d’impartialité fondamentale à tout membre du personnel de secours. 

Un ancien agent du Shin Bet condamné à la perpétuité pour le meurtre d’une survivante de la Shoah

Un ancien agent du Shin Bet condamné à la perpétuité pour le meurtre d’une survivante de la Shoah

Un ancien agent du Shin Bet condamné à la perpétuité pour le meurtre d’une survivante de la Shoah

Tel Aviv, 4 janvier 2026 — Un tribunal israélien a rendu une sentence d’une sévérité exceptionnelle dimanche, condamnant Ibrahim Shalhoub à la prison à vie pour l’assassinat brutal de Ludmila Lipovsky, une femme de 83 ans et survivante de la Shoah, poignardée à mort dans un centre commercial d’Herzliya en décembre 2024.
Cette décision, prise sans procès formel du fait des aveux de l’accusé, marque un tournant dans le traitement judiciaire des actes de terrorisme en Israël. 

Un crime prémédité et idéologiquement motivé

Le tribunal de district de Tel Aviv a qualifié l’attaque de terroriste, soulignant la préméditation de Shalhoub, un originaire de Tulkarem anciennement employé comme collaborateur du Shin Bet, les services de sécurité intérieure israéliens.

Selon le verdict, après avoir été rejeté par sa famille, notamment par son épouse et ses enfants, il aurait planifié l’agression.

Le 27 décembre 2024 à 9 h 31, il a agressé la victime à onze reprises alors qu’elle attendait sa fille près de sa résidence pour personnes âgées, au moment où elle s’apprêtait à se rendre chez le médecin. 

Les agents de sécurité d’Israel Post présents ont ouvert le feu pour neutraliser l’assaillant, qui a continué à tenter d’attaquer malgré ses blessures. Ludmila Lipovsky a succombé à ses blessures peu après. Le tribunal a ordonné en outre à Shalhoub de verser 258 000 shekels à la famille de la victime au titre des dommages et intérêts. 

Un magistrat a résumé le verdict en affirmant que « il a tué une femme âgée et laissé une famille endeuillée », un constat froid qui reflète l’inhumanité de l’acte. 

Contexte légal au milieu d’un débat sur la peine de mort

Cette condamnation intervient alors que le débat sur le renforcement des peines contre les terroristes est plus vif que jamais en Israël. Un projet de loi en cours à la Knesset vise à instaurer la peine de mort pour les auteurs d’actes terroristes meurtriers, une mesure qui divise profondément la société israélienne et la classe politique. 

Abolie en 1954, la peine capitale n’a été appliquée qu’une seule fois, celle du criminel nazi Adolf Eichmann en 1962, dans le cadre d’une loi spéciale sur les crimes contre l’humanité. Aujourd’hui, les partisans de son rétablissement affirment que seule une sanction extrême peut dissuader les attaques terroristes, notamment après le traumatisme du massacre du 7 octobre 2023. 

Mais cette option est loin de faire l’unanimité : ses opposants, y compris au sein de la coalition gouvernementale, estiment qu’elle risque de froisser les normes internationales, d’alimenter la propagande hostile à Israël et de vider de sens l’État de droit. Des organisations de défense des droits humains ont déjà annoncé leur intention de déposer un recours devant la Cour suprême si la loi devait être adoptée. 

Une victime parmi d’autres dans un cycle de violence prolongé

Ludmila Lipovsky n’est pas la seule survivante de la Shoah à être devenue victime de violence bien après la guerre :
en France, Mireille Knoll, une autre survivante, avait été assassinée chez elle à Paris en 2018 lors d’un meurtre à caractère antisémite, dont l’un des responsables a été condamné à perpétuité. Cet autre crime avait suscité une émotion internationale et ravivé le débat sur la protection des personnes vulnérables face à la haine meurtrière. 

Un signal judiciaire sans précédent

Dans un climat de tensions sécuritaires extrêmes et de pressions politiques croissantes, la sentence rendue à Tel Aviv est un message fort de la justice israélienne : même les actes les plus odieux, perpétrés par des ressortissants ou d’anciens agents de sécurité, seront poursuivis avec la plus grande rigueur. L’impact de cette décision, en pleine discussion sur la peine capitale, pourrait influencer non seulement la jurisprudence mais aussi la législation future en matière de terrorisme.