Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

Livre juif : Un philosophe pour notre temps de Corine Pelluchon

 

Un philosophe pour notre temps

Corine Pelluchon

Emmanuel Levinas a renouvelé en profondeur la philosophie, qu’il s’agisse de la définition de la subjectivité par la responsabilité, des implications politiques de cette conception du sujet ou de son insistance sur la corporéité, pensée comme vulnérabilité ou associée à une phénoménologie du « vivre de » et des nourritures.

Dans un séminaire qui s’adressait à des étudiants en philosophie et à des soignants, Corine Pelluchon donne les clefs pour comprendre cette œuvre exigeante et communique une expérience de pensée liée à la manière dont la réflexion et le style de Levinas l’ont bouleversée. Elle montre en quel sens il a inspiré ses propres travaux, qui prolongent et parfois discutent ses thèses, soulignant aussi l’actualité de Levinas, y compris lorsqu’on s’intéresse à des sujets sur lesquels il ne s’est pas exprimé, comme la médecine, l’écologie et le rapport aux animaux.

Corine Pelluchon est philosophe et professeur à l’université Gustave-Eiffel. Elle a publié une dizaine d’ouvrages, parmi lesquels Les Nourritures. Philosophie du corps politique (Seuil, 2015, Points, 2020) et Éthique de la considération (Seuil, 2018). Son œuvre a été récompensé en 2020 par le prix de la pensée critique Günther Anders.

Choix de Claude Layani

Livre juif : Treblinka 1942-1943 par Michal Hausser-Gans

«  Auschwitz ce n’était rien [après Treblinka], Auschwitz c’était un camp de vacances.  »

Ainsi s’exprimait Hershl Sperling, l’un des très rares survivants du plus effroyable centre de mise à mort de l’Aktion Reinhard. Son propos peut sembler sacrilège au lecteur peu informé de la réalité de Treblinka. En effet si le nom de ce site est connu, son histoire, comme celle de Belzec et de Sobibor, l’est beaucoup moins, les nazis ayant pris grand soin d’effacer les traces de leur entreprise barbare, de liquider les derniers témoins et de raser les vestiges qu’ils abandonnaient. D’où le défi que pose cette «  impossibilité de rendre compte  ». Ainsi, dès 1943, le site de Treblinka avait-il déjà repris l’aspect d’une exploitation agricole.

Dernière halte d’un chemin noir tracé depuis Berlin, Treblinka, parmi tous les centres de mise à mort, devança Auschwitz en efficacité. C’est là que la destruction des Juifs fut le plus «  expéditive  »  : près d’un million de personnes y furent assassinées en 400 jours. S’appuyant sur des sources inédites, Michal Hausser Gans décrit en détail, depuis sa genèse, le fonctionnement du camp, soulignant les transformations entreprises pour perfectionner la machine de mort. Jusqu’à la révolte du 2  août 1943, relatée par certains des survivants qui, contre toute attente, parvinrent à gripper la machine de ce modèle insurpassé de l’industrie génocidaire.

Cette étude exhaustive permet pour la première fois de rendre accessible à un large public la confrontation avec «  le pire du pire  » et avec ce cheminement vers l’horreur que l’Europe échoua si longtemps à déchiffrer

Choix de Claude Layani

Livre juif : Mauthausen de Iakovos Kambanellis

 

« C’est Mauthausen qui m’a défini comme homme, je suis encore un homme du camp. »
Iakovos Kambanellis (1922-2011), écrivain, dramaturge, et souvent considéré comme le père du théâtre grec contemporain, a été déporté à Mauthausen de 1943 à 1945.

Le récit de ses années de camp et des mois qui ont suivi sa libération en mai 1945 par les Américains est  paru en Grèce en 1963, la même année que La Trêve de Primo Levi en Italie et Le Grand Voyage de Jorge Semprun en France.

Par son réalisme, sa narration vive et précise, Mauthausen est un tableau hallucinant où alternent les tragiques années de camp, les souffrances endurées, l’inhumanité, la logique infernale des SS, et les mois d’après la libération dans le chaos d’un monde disloqué où tout est joie, espoir et stupéfaction de réapprendre simplement à vivre.

Témoignant autant de l’expérience personnelle de l’auteur que de celle de ses codétenus, mêlant le malheur et la folie, le grotesque et l’absurde, Eros et Thanatos, Mauthausen laisse au lecteur une intense impression d’humanité tant il exprime une expérience aux limites de l’indicible, métamorphosée en chant de résistance et de vie exceptionnel.

Choix de Claude Layani

Livre juif : Les Derniers de Sophie Nahum

Ils ne sont plus nombreux à pouvoir témoigner des camps de concentration. À peine une centaine d'hommes et de femmes, qui se sont longtemps tus face à une France d'après-guerre peu encline à les écouter. Rescapés grâce à une succession de hasards avant tout, ils ont su se reconstruire avec un courage remarquable.

Sophie Nahum est allée à la rencontre des « Derniers », ces résilients hors du commun, dont Ginette Kolinka et Élie Buzyn, pour une série de documentaires courts, de laquelle résulte ce livre choral. Leurs témoignages croisés se font écho tout en laissant apparaître la singularité de chaque destin. Ainsi, les derniers survivants de la Shoah nous offrent 75 ans après la libération d'Auschwitz un regard poignant sur leur vécu.

« Bouleversant. Ces hommes et ces femmes se livrent à coeur ouvert. » Paris Match

Choix de Claue Layani

Livre juif : La Torah commentée pour notre temps

Pour la première fois en langue française, l'édition d'un travail monumental : l'intégralité de la Torah commentée par toute la tradition juive ancienne et moderne.

La Torah est un texte fondateur de notre civilisation. On y trouve des idées qui ont révolutionné le monde, des préceptes qui fondent le rapport à l'autre, des récits qui ont inspiré l'art dans toutes ses expressions et les grandes valeurs de la société occidentale. La Torah est d'emblée interprétation. Commentée dans le Talmud, appelé " Torah orale ", elle l'a aussi été à tous les siècles jusqu'à nos jours.

La Torah commentée pour notre temps associe des commentaires anciens et modernes, critiques ou traditionnels. Cet ouvrage monumental tente de répondre aux questions contemporaines en faisant dialoguer les commentateurs à travers les siècles. Le texte, organisé selon les versets de la semaine est accessible à tous : jeunes et adultes, amateurs ou éclairés, juifs ou non, croyants ou non que ce soit pour l'étude, l'approfondissement de sa vie spirituelle ou le simple plaisir d'être guidé dans la découverte d'une pensée en perpétuelle recherche.

 

Choix de Clade Layani

Livre juif : Réflexions sur la question antisémite de Delphine Horvilleur

Sartre avait montré dans Réflexions sur la question juive comment le Juif est défini en creux par le regard de l'antisémite. Delphine Horvilleur choisit ici de retourner la focale en explorant l'antisémitisme tel qu'il est perçu par les textes sacrés, la tradition rabbinique et les légendes juives. Elle analyse ainsi la conscience particulière qu’ont les Juifs de ce qui habite la psyché antisémite à travers le temps.

Tandis que les motifs récurrents de l'antisémitisme sont aujourd'hui revitalisés dans les discours de l'extrême droite et de l'extrême gauche (« l’exception juive », l’obsession du complot juif…), cet ouvrage offre des outils de résilience pour échapper au repli identitaire et apporte une voie de sortie à la compétition victimaire qui caractérise nos temps de haine et de rejet.

Ce livre s’adresse à tous, surtout aux non-Juifs, pour comprendre. François Busnel, La Grande Librairie.

Une exploration virtuose de cette haine pas comme les autres. Philosophie magazine.

Choix de Claude Layani

Livre juif : L'hypothèse documentaire de Umberto Moshe David

Umberto Moshe David Cassuto (1883-1951) fut grand rabbin de Florence de 1914 à 1925. En 1925, il est nommé professeur de langue et de littérature hébraïque à l'université de Florence; il occupe par la suite la chaire d'hébreu à l'université de Rome, où il entreprend de répertorier les manuscrits hébraïques du Vatican.

En 1938, il devient titulaire de la chaire d'études bibliques à l'Université hébraïque de Jérusalem. Umberto Cassuto est l'un des pères fondateurs de la critique littéraire du Pentateuque.

Choix de Claude Layani

Livre juif :Sortir de l'ère victimaire pour une approche de la Shoah et des crimes de masse

« Il y a vingt ans, fraîchement nommé dans mon collège de Saint-Denis, je me lançai avec passion dans l’enseignement de l’histoire de la Shoah. Devant mes élèves, j’évoquais avec gravité le drame absolu des victimes. J’organisais des rencontres avec des survivants et insistais sur l’horreur que furent les ghettos et Auschwitz.
Mais une partie d’entre eux ne supportaient pas mon discours. Ils en avaient assez de la souffrance des juifs, me disaient-ils, car “d’autres peuples ont souffert et on n’en parle jamais !”.

Ce qui avait fonctionné pour ma génération ne fonctionnait plus.

Convaincu qu’il fallait sortir de l’approche victimaire, je décidai de renverser le prisme et d’entrer dans cette histoire par les bourreaux, par ceux qui sont les moteurs de ces processus politiques.

Il me fallait montrer en quoi l’histoire de la Shoah devait dépasser l’aspect antiraciste moralisant pour avoir une véritable utilité. » I. R.

Nourri de documents exceptionnels sur la Shoah, ce livre s’adresse à tous ceux qui pensent que son enseignement peut éclairer et fortifier les citoyens que nous sommes.

Choix de Claude Layani

Livre juif : Criminaliser les Juifs de Pierre-André Taguieff

Les Juifs ont souvent été accusés de pratiquer le «  meurtre rituel  »  : de la judéophobie antique à l’antisionisme radical d’aujourd’hui, en passant par l’antisémitisme racial moderne, cette accusation mensongère s’est traduite par des légendes qui n’ont cessé de susciter des mobilisations politiques et des violences meurtrières (émeutes sanglantes, pogromes, attentats terroristes).

Ces récits de meurtres, qui stimulent la haine, permettent la criminalisation d’un peuple tout entier  : les Juifs. Un peuple imaginé comme étant constitué d’assassins potentiels. La haine des Juifs n’a certainement rien inventé de pire.

Pierre-André Taguieff, à travers l’analyse de nombreux exemples, montre que cette accusation n’a cessé, au cours de l’histoire, d’être reformulée dans des contextes très différents, et qu’elle est la matrice d’un enseignement de la haine destiné à susciter de l’indignation.

En se diffusant massivement sur Internet, ces récits diffamatoires préparent le passage au «  tout est permis  » contre les Juifs, et ainsi justifient les actions les plus violentes contre eux. L’examen critique de ces récits offre au lecteur les moyens de démonter les mensonges d’une propagande judéophobe qui s’est globalisée.

 

Choix de Claude Layani

Livre juif : Éprouver Auschwitz

Auschwitz est à part. Temporellement et spatialement. C’est un passé métamorphosé en présent perpétuel, un lieu et un non-lieu.

Une plaie qui ne cicatrise pas, béante sous les yeux de qui veut bien les ouvrir. Il n’est pas d’autre endroit sur terre où l’être humain peut s’exposer à ce que l’humanité a engendré d’extrême à partir d’elle-même.

C’est un seuil. Une frontière. Une limite. Un trou noir aussi. Effacement de l’espace, fracture du temps. Auschwitz ne laissera plus les vivants reposer en paix.

Choix de Claude Layani