Vivre après les attentats

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Attentats Paris le 13 Novembre

Attentats Paris le 13 Novembre

 

Le 13 Novembre,à Paris,  une série d’ attentats a eu lieu,nous avons basculé dans une situation jusqu'alors inconnue .
La menace terroriste passée de risques probable , à certains en passant à mesurables.

Ces attaques terroristes ne sont pas qu'un moment douloureux . La parole présidentielle est à prendre sérieusement, une menace qui échappe aux probabilités. C’est cela la guerre : le passage du risque à la menace. On passe du plan Vigipirate à l’état d’urgence.
L’enjeu politique déterminant consiste à prendre les mesures qui nous feront repasser de la menace au risque.

Comment traverser la peur quand le terrorisme peut frapper "dans les jours qui viennent" souligne Manuel Valls. Comment surmonter les attentats lorsque, sans faire partie des victimes, on se sent touché ?

Vous n’êtes pas seuls, beaucoup se sentent mal, pas besoin d’avoir été touché directement pour être choqué et vous n'êtes surtout pas obligé d’aller bien.

Se protéger de la peur et de  l’angoisse 

Il faut savoir se prémunir d'un trop-plein d'information, pour essayer de penser un peu moins aux attentats, savoir s'éloigner des chaînes d'information en continue.
Nous sommes pris dans la temporalité des événements vécus en direct.

De ce fait, nous vivons en contact permanent avec l’horreur, avec la monstruosité, mais nous nous y habituons malgré tout.

Le sociologue allemand Georg Simmel explique que la vie en milieu urbain,  se caractérise par une intensification des stimulis nerveux permanents, du flux de personnes, de marchandises, d’images à la fois fortes et dissociées. Les images de la misère, par exemple, nous laissent démunis.

Il ne faut pas se couper des médias mais les approcher  autrement, privilégiez La presse écrite, web ou radio, cela vous permettra  d’avoir une meilleure compréhension de l’actualité. En effet, à la lecture ou à l’écoute on imprime mieux l’information.    

Et en même temps, nous en arrivons à ce que Georg Simmel appelle une « attitude blasée ». C’est un moyen de défense dans les situations où l’on est soumis à un « bombardement » d’impressions éprouvantes.

L’homme médiatique d’aujourd’hui est en permanence confronté à des images d’horreur, de violence. Du coup, il développe des capacités de mise à distance. Sinon la vie serait insupportable. Dans les jours qui viennent, nous allons retrouver cette capacité de mise à distance.

Ce genre d’événement peut amener à une fragilité préexistante. On considère généralement qu’environ 12 % de la population a des problèmes d’anxiété légers ou modérés, qui ne sont pas pris en charge, et qui d’ailleurs se gèrent très bien au quotidien. Lors d’un choc, l’angoisse ressurgit et devient incontrôlable, ce qui explique le grand nombre de personnes qui se sentent mal actuellement.

Il faut se couper des sources d’angoisses

Ce qui est anxiogène est à bannir,. Les réseaux sociaux sont à double tranchant : certains y trouvent du soutien et du réconfort, d’autres sont déstabilisés par les récits des victimes ou les messages racistes ou haineux et cela devient une source d’angoisse. Pour ceux-là, il vaut  mieux prendre de la distance avec les médias et sources d’information.

Parlez-en le plus possible, mais ensemble, pas seul. C’est important. Plus on nomme, plus on crée une distance intellectuelle, on transforme en récit ce qui était ressenti de façon déstabilisante et indéfinie.

Ce passage-là est une première mise à distance. "Si vous avez besoin d'en parler, faites-le mais avec mesure. (...) La plupart des gens ont besoin d'en parler. Un événement comme celui-là paraît complètement insensé. C'est d'une telle violence qu'on arrive pas à mettre du sens là-dessus", explique Marianne Kedia, psychologue

Il vaut mieux ne pas rester seul avec ses angoisses.
Savoir en parler, si ce n’est à un professionnel, au moins à un proche.
Les groupes de parole ne sont pas forcément l’idéal, car on met dans la même pièce des gens qui ont vécu des choses très différentes.

Pour celui qui est anxieux, entendre quelqu’un évoquer les proches qu’il a perdus ou l’enfer qu’il a vécu peut faire plus de mal que de bien. Mieux vaut privilégier, dans la mesure du possible, un accueil individuel. »

Il est normal, de na pas passer à autre chose.  Même après plusieurs jours et plusieurs semaines, il est tout à fait normal d'avoir l'esprit occupé par ces attentats. C'est un état qu'il faut accepter car il ne sert à rien de refoulé. "Essayer de ne plus y penser, c'est finalement le meilleur moyen d'y penser. Il faut plutôt laisser faire les processus normaux. Après, ça va faire partie de notre histoire collective. C'est un moment qui est important donc on ne va pas l'oublier mais on va y penser de moins en moins", explique la psychologue

On alimente parfois « la situation »

L’idée de cet art de vivre qui nous fait tenir ensemble est à prendre très au sérieux, car elle peut susciter de la résistance et du lien. Se prendre en photo à la terrasse des cafés et le poster sur Twitter, c’est un symbole de liberté, d’attachement à cette insouciance, face à un islamisme radical qui a compris que s’en prendre aux modes de vie est un levier de déstabilisation.

On a vu sur les réseaux sociaux tous ces gens qui ont ouvert leur porte à d’autres qui ne savaient plus où aller… Le jour même des attentats ! Et ceux qui se sont précipités pour donner leur sang. Ce sont des gestes qui resserrent les liens, qui produisent des effets.

Soyez attentif aux signes d’un stress plus profond

Si vous avez des difficultés à trouver le sommeil et que vous faites des cauchemars,que vous n'y arrivez plus alors consultez un spécialiste,il vous aidera à surmonter.

Passer du temps avec vos proches,pour aller mieux, certains recommandent avant tout de consommer. La meilleure solution pour se remettre d'un événement traumatisant, c'est avant tout de passer des moments avec ses proches, de favoriser son réseau social, pas au sens numérique mais au sens propre, et pouvoir se distraire un petit peu", ajoute la spécialiste.

Laisser les enfants voir vos émotions,face à cette tragédie, les enfants ne doivent pas être livrés à eux-mêmes. Expliquez leur avec des mots en accord avec leur âge. En effet, "on ne va pas utiliser les mêmes mots" avec un enfant de 6 ans et un autre de 10 ans. De plus, comme les enfants sont très "attentifs" aux émotions de leurs parents, "il ne faut pas hésiter à leur dire qu'on est triste, en colère, qu'on ressent des émotions assez fortes". Cela va leur permettre de "donner du sens" à cette actualité morose.

Partez,laissez le temps passer et faites-vous du bien

Nous ne pouvons pas faire grand-chose pour aller mieux, le temps est le seul remède. Petit à petit, nous allons réapprendre à avoir confiance au quotidien, dans les transports, dans notre environnement.

L’essentiel est de prendre des moments de plaisir pour soi, de se réfugier dans tout ce qui fait du bien. Et enfin,voyager,de l'air frais,un changement d'horizon,ça va vous aider.
En changeant de lieu ,vous aurez moins les images du quotidien qui vous ont touché.

Nathalie ZADOK

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