Tous les juifs de Seine-et-Oise doivent se présenter avant le 20 août 1941

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Nous avons échappé de justesse à la rafle du Vel d'hiv

« A 6 heures du matin, la concierge est montée dans les escaliers, accompagnée de policiers, en répétant à haute voix Ils ne sont pas là, ils ne sont pas là. Nous sommes passées avec ma mère et ma sœur par la fenêtre de la cuisine pour nous échapper. Mais nous ne pouvions pas descendre. Nous avons attendu. De l’autre côté de la cour, un policier nous a observées. Mais il n’a rien dit… ».

Traqués jour et nuit par la police allemande, Isabelle et André ont finalement échappé à la déportation. Non sans mal, sans douleurs vives. Séparés des mois de leurs mamans respectives, cachés dans des familles d’accueil parfois malveillantes, vivant même parfois dans la rue pour André, ils ont subi l’enfer jusqu’au 8 mai 1945. Avant d’entamer une lente et longue reconstruction.

Depuis Isabelle et André Zdroui, habitants de Palaiseau depuis 1966, ne se sont jamais quittés, apprenant au fil du temps que l’histoire avait déjà réuni leurs deux familles venues de Pologne et de Russie quelques années plus tôt.

Un demi-siècle après leur mariage, ils découvrent que leurs pères ont été déportés dans le même convoi
« Nos deux pères sont décédés à Auschwitz (Pologne). On a voulu en savoir davantage sur eux », témoigne Isabelle, qui s’est lancée activement dans les recherches depuis 1999. C’est notamment grâce à son enquête dans les archives des bibliothèques qu’une exposition sur les déportés de Villebon vient de s’ouvrir dans la ville voisine.

« Nous nous sommes rendu compte que nos deux pères étaient dans le même convoi, le 5 juin 1942, qui allait à Auschwitz depuis Compiègne (Oise). Et c’est le même officier allemand qui a signé les certificats de disparition que nos mamans ont reçus après », montre André (son prénom officiel est Adolphe), preuves à l’appui.

Dans une pochette, André, a gardé une lettre que son père a jetée d’un convoi entre Drancy et Compiègne, le 24 avril 1942, récupérée par un anonyme qui la lui a transmise plus tard.

« Mon cher fils. Je suis très content que tu sois parti à la campagne… Il faut avoir de la patience. Nous nous reverrons bientôt », écrit alors ce réfugié russe, arrivé en France en 1921.

 

LEUR HISTOIRE était passée à l’oubli. Grâce au travail de recherches d’Isabelle Zdroui sur les déportés de la vallée de Chevreuse, Villebon-sur-Yvette a découvert il y a peu que sept de ses habitants avaient été arrêtés au cours des rafles de 1942 et 1943 avant de mourir au camp de concentration d’Auschwitz (Pologne).
Mercredi soir, l’élu a inauguré une exposition retraçant ces événements tragiques de la Seconde Guerre mondiale.

L’histoire locale méconnue est mise en valeur jusqu’au vendredi 15 mai en salle du conseil municipal.

Le public peut y découvrir, grâce à la collaboration d’Isabelle Zdroui et de l’archiviste communale Catherine Binard, des documents d’époque qui montrent notamment l’évolution des mesures répressives envers les juifs durant l’Occupation dans la région.

« Tous les juifs de Seine-et-Oise doivent se présenter avant le 20 août 1941 », définit ainsi la loi du 2 juin 1941, censée recenser tous les juifs de France.

La moitié d’entre eux, dont certains habitants de Villebon, ont répondu à cette convocation, pensant que ce n’était qu’une formalité administrative. Au final, ils seront arrêtés avant d’être envoyés dans les camps d’internement du Loiret (Pithiviers et Beaune-la-Rolande).

 

D'après le Parisien


Vos réactions

  1. marianoluis2003@yahoo.fr'elcaramanchon

    Quel magnifique témoignage, merci et encore bravo de diffuser ces vérités qui, malgré les fortes émotions qu’elles suscitent dans nos « entrailles », nous rassasient d’espoir et de convictions dans la proche attente de la Guéoula. Merci.

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