Tel-Aviv le choc ! Par André Darmon

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Tel-Aviv le choc ! Par André Darmon

Tel-Aviv le choc ! Par Andre Darmon

Rédacteur en Chef d'Israël Magazine (du même groupe que TLV Magazine)

Décidé à ne pas rester les bras croisés pendant ces jours difficiles, nous sommes donc allés dans la rue, pas seulement comme journalistes, mais comme citoyens afin de prendre le pouls de la ville, les premiers jours de guerre.

La veille, sur la route de 124 News a Yaffo je m'étais rendu pour commenter l'actualité, et la police avait déjà encadré les rues, et l'on sentait du taxi les effluves brûlées des grenades assourdissantes lancées à Bat Yam au même moment.

Ce sont plusieurs missiles qui nous ont contraints à nous réfugier rapidement dans le Machsan d'une grande pharmacie de Dizengoff Center, ces mêmes missiles qui ont finalement tué un homme de 55 ans à Ramat Gan.

Un peu plus tard dans la soirée, notre attention fut attirée par une manifestation sur le Kikar Habima, au pied de notre immeuble où nous pensions véritablement que le sujet ne pouvait être que de demander aux citoyens arabes d'arrêter leurs agressions et les lynchages contre les Juifs dans les villes mixtes israéliennes, de manifester donc son soutien à ses compatriotes juifs, placés devant le choix le lynchage ou la fuite ; de manifester contre l'agression caractérisée d'une organisation terroriste, le Hamas qui avait lancé au 15 mai plus de 3000 missiles contre un pays souverain, Israel.

Quelle ne fut pas ma surprise de voir des manifestants appeler à un cessez-le-feu alors que ce même jour, ce Shabbat du 15 mai, les missiles n'arrêtaient pas de pleuvoir sur le pays.

Un cessez-le-feu hypocrite, dangereux, alors que le Hamas avait déclenché délibérément les hostilités. Et de quoi parlait-on dans cette manifestation, on parlait d'Occupation sioniste.

J'ai osé demander si Ashdod, Ashkelon, Tel Aviv étaient sous occupation. On m'a répondu oui pour Ashdod et Ashkelon.

On m'a alors demandé rudement de quitter la manifestation (de me "casser", en français dans le texte) dès que j'ai interpellé de loin Aman Oude, le député arabe (je n'ose pas dire Israélien) et que j'ai traité de suppôt du terrorisme.

Et ce sont des Israéliens, des Juifs, avec des pancartes dans les deux langues qui applaudissaient l'orateur, un orateur qui, nous le savons, va de temps en temps prier et se recueillir sur la tombe de Yasser Arafat, l'archi terroriste.

J'avoue que j'ai été déboussolé, ayant toujours pensé que nos ennemis se trouvaient au-delà de la frontière. Découvrir en une semaine que les Arabes israéliens sont d'abord et surtout délibérément palestiniens, antisionistes, quand tout simplement ils ne sont pas antijuifs, puis de découvrir que des Israéliens de l'Etat Tel-Aviv' pensent au final, que tout ce qui n'est pas Tel-Aviv est sous occupation sioniste fut un vrai choc !

Un peu comme si après 32 ans, je m'apercevais que je me suis trompé d'Alya et de pays d'immigration.

Auteur : André Darmon 

 

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