Tamar Haberfeld fêtait sa Bat-Mitsva à Val Thorens elle ne rentrera pas vivante en Israël

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Tamar Haberfeld fêtait sa Bat-Mitsva à Val Thorens elle ne rentrera pas chez elle en Israël

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Dimanche 29 mars 2026  ·  Édition spéciale

Faits divers · Enquête judiciaire

Val Thorens : une fillette israélienne de 12 ans meurt dans la chute d'un car — accident ou énigme ?

Dans la nuit du 27 au 28 mars, un autocar transportant des touristes israéliens dévale une pente raide en Savoie. Une adolescente est tuée. Le chauffeur est en garde à vue. Une instruction judiciaire est ouverte. Mais plusieurs questions cruciales demeurent sans réponse.

Un groupe de vacanciers israéliens en fin de séjour au ski. Une panne inexpliquée. Un chauffeur qui sort du bus, passagers à bord. Un véhicule qui repart seul sur une pente abrupte de montagne. Une fillette de douze ans éjectée, écrasée, morte. Derrière les formules rassurantes du communiqué officiel, une série de questions troublantes s'imposent.

Les faits  : Dans la nuit des Belleville, le drame

Il est environ 00h45 ce samedi 28 mars 2026, sur la commune des Belleville, en Savoie, au pied de la station de Val Thorens. Un autocar s'apprête à ramener en pleine nuit un groupe de touristes israéliens au terme de leur séjour au ski.
Les passagers israéliens quinze au total sont déjà installés dans le véhicule. Les valises sont en cours de chargement dans la soute. Le départ semble imminent.

C'est alors que, selon les premiers éléments communiqués par les autorités, le conducteur rencontre un problème : le bus refuse de démarrer.
Face à cette panne, il fait le choix de sortir du véhicule pour intervenir sur le coupe-circuit de la batterie, manœuvre technique parfois utilisée pour réinitialiser le système électrique d'un autocar. Il quitte donc son siège. Le moteur est coupé. Quinze passagers sont à bord. La pente de la D117 est raide.

Le bus se met alors en mouvement. Il recule. Il dévale la pente herbeuse sur plus de dix mètres. Il heurte un mur de pierre. Il se renverse et s'immobilise. Les portes, restées ouvertes, ont provoqué l'éjection d'une adolescente de douze ans. Le vehicle la broie sous sa masse. Les secours, dépêchés en urgence 45 pompiers, 28 véhicules ne peuvent que constater le décès de la jeune fille.

Onze autres passagers sont légèrement blessés, deux sont hospitalisés à Albertville. Le chauffeur, lui, est indemne.

"Le bus a commencé à reculer, a dévalé une pente herbeuse très raide sur plusieurs mètres, puis s'est renversé et s'est immobilisé contre un petit bâtiment en pierre."

— Bruno Charlot, sous-préfet d'Albertville, déclaration officielle

 La procédure Garde à vue, parquet, instruction judiciaire

Dès le lendemain matin, le procureur de la République d'Albertville, Benoît Bachelet, prend la parole. Le parquet ouvre une enquête pour « homicide involontaire par conducteur d'un véhicule terrestre à moteur ». Le chauffeur est placé en garde à vue. Les tests d'alcoolémie et de stupéfiants réalisés immédiatement après les faits sont négatifs. Son permis de conduire est en règle.

Ce dimanche 29 mars, le chauffeur doit être présenté à un juge d'instruction.
Une information judiciaire est ouverte  ce qui signifie que l'enquête, confiée à la brigade territoriale des Belleville, passe sous contrôle d'un magistrat instructeur doté de pouvoirs étendus : expertises techniques, auditions sous contrainte, mise en examen formelle.

La qualification retenue est celle d'homicide involontaire. Aucune mention, à ce stade, d'un acte délibéré.

Pourquoi le chauffeur est-il sorti ? Comment le frein s'est-il desserré ?

C'est le cœur de l'énigme technique. Selon le procureur Bachelet, le chauffeur n'est pas parvenu à démarrer le véhicule alors que les passagers avaient pris place. Il aurait alors décidé d'agir sur le coupe-circuit de batterie, situé à l'extérieur du bus — une procédure qui existe sur certains autocars pour réinitialiser les systèmes électroniques.

Mais voici le problème central : sur de nombreux autocars modernes, le frein de stationnement est dit électropneumatique, c'est-à-dire qu'il est maintenu serré par une commande électrique ou par une pression pneumatique alimentée par le circuit électrique. Couper l'alimentation électrique principale peut, sur certains systèmes, provoquer le relâchement automatique du frein de stationnement.

Sur la pente abrupte de Val Thorens  la station culmine à 2 300 mètres un véhicule non freiné repart immédiatement, sans possibilité de rattrapage.

Est-ce ce scénario qui s'est produit ? Le chauffeur ignorait-il ce risque ? Le frein était-il déjà défectueux avant l'accident ? Ces questions ne sont pas encore tranchées. Elles sont précisément au cœur du travail que le juge d'instruction devra confier à des experts techniques.

 Les questions sans réponse. Ce que l'instruction devra élucider

  • Pourquoi le bus refusait-il de démarrer ? Quelle était la nature exacte de la panne déclenchante ?
  • La coupure du coupe-circuit batterie a-t-elle mécaniquement libéré le frein de stationnement ? Était-ce prévisible ?
  • Le frein de stationnement était-il en état de fonctionnement correct avant le départ ? Le véhicule était-il en règle de contrôle technique et d'entretien ?
  • Pourquoi les portes du véhicule étaient-elles restées ouvertes alors que des passagers se trouvaient à bord sur une pente ?
  • Le chauffeur avait-il reçu une formation à ce type de risque ? L'entreprise de transport a-t-elle respecté ses obligations de sécurité ?
  • Le bus disposait-il d'un enregistreur de données (boîte noire) et, si oui, que révèlent ses données ?

L'ombre qui plane : coïncidence ou autre chose ?

Toutes les autorités traitent aujourd'hui cet événement comme un accident. Aucun élément matériel ou judiciaire officiel ne désigne, à ce stade, une intentionnalité. Le procureur n'a évoqué aucune piste délibérée. La qualification retenue est bien celle d'homicide involontaire.

Pourtant, un fait s'impose à l'esprit et mérite d'être nommé : le groupe à bord de cet autocar était exclusivement composé de ressortissants israéliens. Dans le contexte géopolitique actuel, dans un pays traversé par des tensions et des actes antisémites en recrudescence, l'accumulation de « coïncidences »  une panne inexpliquée, un chauffeur qui quitte le bus, un frein qui se desserre, des portes qui restent ouvertes, une jeune fille tuée ne peut pas ne pas interpeller.

Ce n'est pas céder à la paranoïa que de formuler la question. C'est le rôle de la presse libre, et celui de la justice, de ne pas l'esquiver. L'instruction judiciaire ouverte devant un juge d'instruction est précisément le cadre pour y répondre — à charge et à décharge, avec tous les moyens de l'État.

La vérité, quelle qu'elle soit, est due à cette enfant. Elle est due à sa famille. Elle est due à la communauté israélienne et à tous ceux qui, légitimement, s'interrogent.

Elle s'appelait Tamar .

Tamar Haberfeld, 12 ans, était originaire de Haïfa. Elle se trouvait dans ce car au terme d'un séjour organisé pour célébrer sa bat-mitsva. Sa sœur jumelle, également présente dans le véhicule, se trouve toujours en France aux côtés de membres de la famille. La mère, restée en Israël, a été informée dans la nuit. Le rapatriement du corps et des proches est attendu dans les prochains jours. 

Un détail qui rend le drame encore plus poignant : elle fêtait l'un des moments les plus importants de la vie d'une jeune fille juive, son passage à l'âge adulte selon la tradition. Elle n'aura pas eu le temps de rentrer chez elle.

 La réaction : Israël, communauté, autorités françaises

L'ambassade d'Israël en France ainsi que les autorités israéliennes ont été informées de l'incident. La famille de la jeune fille décédée se trouve en France. Les autorités françaises, au premier rang desquelles le parquet d'Albertville et la gendarmerie, ont assuré d'une prise en charge rapide et d'une transparence totale sur le déroulement de l'enquête.

Cette jeune fille de douze ans venait skier en France. Elle aurait dû rentrer chez elle avec des souvenirs plein les yeux. Que la vérité soit établie, et que justice lui soit rendue.

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