Rony Brauman ou la haine absolue d'Israël

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Rony Brauman antisioniste antisemite

Rony Brauman : la haine absolue d'Israël

La haine de soi chez les personnalités juives, une spécialité française

Episode 2

Né à Jérusalem en 1950, Rony Brauman est professeur à Sciences Po Paris. Ancien président de Médecins sans frontières, il est régulièrement invité dans les médias français pour s'exprimer sur le conflit proche-oriental.

A quel titre ? Aucun, sinon en sa qualité de Juif. Le hasard de sa naissance fait de lui, aux yeux des journalistes qui l'interrogent, le parfait interlocuteur pouvant « tout dire » sur Israël sans être taxé d'antisémitisme.

Ses propos témoignent d'une méconnaissance totale du judaïsme et de l'histoire du sionisme et mêlent une bouillie idéologique tiers-mondiste à des diatribes si vindicatives qu'elles seraient sans doute impubliables dans la presse généraliste si elles ne provenaient d'un intellectuel juif. C'est donc bien de haine de soi qu'il s'agit.

En 2006, il déclare à la télévision qu'il est opposé au principe même de l'existence d'Israël.

Pourfendeur de l'opération militaire menée par Nicolas Sarkozy en 2011 pour empêcher le colonel Kadhafi de massacrer un million de civils à Benghazi, il affirme alors : « Le tort de Kadhafi a été de se fâcher avec tout le monde (…). Ailleurs, en Birmanie ou en Israël, les auteurs d'exactions ont des parrains qui les mettent à l'abri des sanctions ».

En d'autres termes, non seulement Rony Brauman pense qu'il fallait sauver le régime libyen, qui fut l'un des plus sanguinaires d'Afrique, mais il n'hésite pas à comparer ledit régime avec ceux de Birmanie (à l'époque, dictature militaire classée par l'ONU parmi les pires de la planète) et... d'Israël.

Plus récemment, en 2014, il publie un « Manifeste pour les Palestiniens » aux éditions Autrement, en compagnie d'antisionistes patentés, dont quelques Juifs.

Parmi eux, le sinistre Shlomo Sand, dont les livres précédents résonnent comme un programme qui se passe de commentaire : « Comment le peuple juif fut inventé » et « Comment j'ai cessé d'être juif ».

La contribution de Rony Brauman à cet ouvrage collectif s'intitule : « Sortir de l'apartheid », amalgame injurieux utilisé couramment par les officines de propagande anti-israélienne.

Dès 2001, il expliquait dans L'Express qu'il « subissait », enfant, les fêtes religieuses, dont il ignorait le sens. « Une corvée », précisait-il. De souche polonaise, parti de Jérusalem (dont il avoue n'avoir aucun souvenir) à l'âge de 5 ans, il n'est retourné que trois fois - brièvement - en Israël.

Ses convictions ne sont pas le fruit d'une étude ou d'une simple connaissance du terrain, mais d'un parcours entièrement cérébral influencé par son cousin, le cinéaste israélien Eyal Sivan, antisioniste lui aussi et installé en France.

Pour Rony Brauman, le CRIF ne représente que 10 % des Juifs. Il conteste sa légitimité avec la violence de ceux qui, aux deux extrêmes de l'échiquier politique, dénoncent un prétendu « lobby » qui dicterait sa volonté au pouvoir en place.

En cette année 2015, il a affirmé « ne pas être Charlie » après les attentats de janvier, jugeant l'hebdomadaire satirique trop complaisant à l'égard d'Israël, et a défendu Roland Dumas, antisioniste obsessionnel.

Ce dernier, ancien chef de la diplomatie française sous François Mitterrand, avait insulté en février la personne et brisé l'intimité familiale de Manuel Valls, le soupçonnant d'être « sous influence juive », allusion non voilée aux origines de son épouse.

Opposé aux partis israéliens dans leur ensemble, y compris Meretz (extrême gauche), Rony Brauman milite en faveur du retour de tous les réfugiés palestiniens et de leurs descendants dans l'Etat hébreu, afin de mettre un terme à l'expérience sioniste.

Il reprend aussi régulièrement à son compte le poncif selon lequel la naissance, puis la soi-disant « toute puissance d'Israël » seraient nées de la culpabilité de l'Occident après la Shoah. En substance : sans le « verrou » du génocide, l'Etat juif n'existerait pas.

Une vision caricaturale qui gomme deux millénaires d'espérance spirituelle et un siècle de sionisme politique, mais qui permet à Rony Brauman d'alimenter la version contemporaine de l'antisémitisme : la délégitimisation absolue d'Israël.

Dans l'Hexagone, rares sont les personnalités non-juives osant s'exprimer ainsi, à l'exception de certains communistes ou de proches du propagandiste Alain Soral, fasciste autoproclamé qui estime d'ailleurs que l'ex-patron de Médecins sans frontières est « sur la même ligne » que lui. Ceux-là, contrairement à Rony Brauman, n'ont pas table ouverte dans les médias.

Norbert Cohen

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