Pourquoi 30 % des petites entreprises israéliennes échouent et comment l’éviter

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Pourquoi 30 % des petites entreprises israéliennes échouent et comment l’éviter

« Qui sauvera le sauveteur ? » : pourquoi 30 % des petites entreprises israéliennes échouent et comment l’éviter

30 % des petites entreprises en Israël ferment dès la première année – non par manque de professionnalisme, mais par déficit de compétences managériales. Un programme d’accompagnement associant mentors bénévoles et crédit social les aide non seulement à survivre, mais à prospérer.

« Je pense que être indépendant est un endroit très solitaire », confie Esti Zomer, propriétaire d’une entreprise spécialisée dans l’intégration de systèmes Salesforce.
« On porte une immense responsabilité. Quand on réussit, on a beaucoup de partenaires. Quand on perd, on se retrouve parfois dans une situation vraiment effrayante. Il n’y a pas de filet de sécurité, et vis-à-vis des employés, il faut afficher une confiance et une stabilité absolues. C’est un équilibre complexe. Alors, oui, on se demande parfois : qui sauvera le sauveteur ? »

La solitude des entrepreneurs

Cette question hante des centaines de propriétaires de petites et moyennes entreprises en Israël. Elles représentent 99,6 % des sociétés du pays et contribuent à plus de la moitié du produit économique national. Pourtant, la réalité est impitoyable : les chances de survie d’une petite entreprise durant sa première année sont loin d’être assurées.
Selon les données de l’Agence pour les petites et moyennes entreprises, l’obstacle le plus fréquent est la prospection de clients – 42 % des entrepreneurs le citent. Mais le problème plus profond réside ailleurs : l’absence de connaissances managériales élémentaires.

Esti Zomer en a fait l’expérience personnellement. Durant la pandémie de Covid, la rentabilité de son entreprise s’est érodée. « Nous avons décidé de migrer vers des systèmes CRM », se souvient-elle. « Mais je n’imaginais pas tout ce qu’il me restait à apprendre en gestion d’entreprise. »

Un accompagnement décisif

En quête d’aide, elle découvre le programme « Russell-Berry » de l’organisation Ogen, dédié à la promotion des femmes dans le secteur ultra-orthodoxe. Ce qu’elle y trouve dépasse ses attentes. « Nous avions une mentore exceptionnelle, Tali Bason », raconte-t-elle. « Elle nous a aidées à affiner notre mode de fonctionnement, à nous libérer de croyances limitantes. J’ai acquis des connaissances qui me manquaient cruellement. Et surtout, un soutien moral : quelqu’un qui croit en moi et voit mon potentiel. »

Yossi Rahmin, responsable des programmes « Russell-Berry » et de l’activité entrepreneuriale chez Ogen, rencontre quotidiennement ces entrepreneurs. « Souvent, un professionnel excelle dans son domaine, ouvre une entreprise, et le lendemain, il doit devenir comptable, marketer, gestionnaire de ressources humaines, négociateur avec clients et fournisseurs – sans en avoir les compétences », explique-t-il. « Environ 30 % des petites entreprises ferment durant leur première année faute de savoir-faire managérial. C’est précisément là qu’Ogen intervient. »

Mentorat et crédit social : la combinaison gagnante

Ogen soutient les petites et moyennes entreprises via deux leviers principaux : un accompagnement par des mentors bénévoles – cadres supérieurs issus de grandes organisations – et un crédit social. Cette alliance entre expertise et financement se décline en programmes adaptés à différentes populations. « Russell-Berry » cible les femmes ultra-orthodoxes, avec mentorat individuel et outils numériques avancés. « Nimaa » opère dans la société arabe, en misant sur le développement stratégique.

Parallèlement, les pistes de crédit permettent de refinancer des prêts existants, de réduire les remboursements mensuels ou de financer une expansion. L’accent est mis sur un suivi prolongé, loin des solutions ponctuelles.

Des témoignages concrets

Yonatan Mor Yosef, propriétaire de la chaîne de clubs de fitness « Mor-Fit », a traversé une crise majeure. « Dans les premiers jours après le 7 octobre, tous nos clubs étaient fermés », relate-t-il. « Puis, de nombreux abonnés réservistes ont suspendu leur abonnement – entre 25 et 30 %. Recruter de nouveaux membres était presque impossible. L’impact sur le chiffre d’affaires a été direct. »

Un an après le début de la guerre, il se tourne vers Ogen pour refinancer un prêt et alléger les charges mensuelles. « Cela nous a permis de nous stabiliser », dit-il. « Nous avons même sollicité un nouveau financement pour ouvrir un site supplémentaire. »

Fouad Dabas, dirigeant d’une société de solutions électriques industrielles, a participé au programme « Nimaa ». « Mon mentor m’a apporté une vision plus large, un recul stratégique », témoigne-t-il. « Il m’a aidé à structurer mes idées et à regarder plus loin que l’horizon immédiat. Aujourd’hui, l’entreprise est en croissance constante. »

Esti Zomer, elle, a profondément transformé sa gestion. « Je me suis impliquée davantage dans la dimension financière, que j’avais jusque-là négligée. Passer d’une gestion intuitive à une approche structurée, chiffrée. Dans notre entreprise familiale, nous avons clarifié les responsabilités. Le marketing est devenu plus institutionnel. »

Une œuvre essentielle

« La mentore voyait au-delà du business : elle voyait les personnes », poursuit Esti avec émotion. « Ogen accomplit un travail presque sacré. Elle met à disposition des experts véritables, pas seulement un soutien émotionnel. »

Fouad Dabas conseille : « À tout entrepreneur, je dis : cherchez des personnes compétentes pour vous aider. Ne luttez pas seul. »

Yonatan Mor Yosef ajoute : « Dans un pays où les crises sont récurrentes – guerres, confinements –, un soutien externe est vital. »

Esti conclut : « Un mentor offre une vision objective de l’ensemble. Cela renforce la confiance en soi et évite les biais personnels. »

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