Poèmes de Michael Adam dédiés à la journée internationale du souvenir

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27 janvier 1945 libération des camps

Pour la journée internationale du souvenir, comme chaque année, comme chaque jour - et chaque nuit - 2 poèmes de  ma plume                            

                              YOM  HASHOAH

Le présent meurt, et voilà le passé qui recommence

Soudain, il n’existe plus rien, ni la vie ni le temps

Seulement ce qui reste de toi et de moi: une souvenance

Toi l’enfant mort, jamais devenue femme, que j’aime tant.

Moi je vieillis et je m’affaisse, de toi à jamais endeuillé

Merveilleux monument des plus beaux souvenirs

Toi la première rose que dans mon coeur j’ai effeuillée

Tu habites mes rêves et je le sais: bientôt tu vas revenir.

 A part moi, personne ne se souvient de toi, ni des autres

Sauf en ce grand jour funeste de la Commémoration

Où dans l’affliction, tous à l’unisson se vautrent

Dans un hurlement de sirène qui ressemble à une damnation. 

Puis pour eux le passé meurt, mais pour moi il recommence

Car ta mort, petite soeur, fait partie de ma vie

Où depuis ton départ il y a un vide immense

Depuis que de mon enfance les brutes t’ont ravie.

Et moi je reste dans un présent qui ressemble au passé

Sans ton sourire, avec les brutes, avec la haine et ses frayeurs

Avec ceux qui sont là, debout, face à notre rêve cassé

Et je suis avec toi, petite sœur, toujours: ici, là-bas, ailleurs.

Michael Adam

                         Demain, à la cérémonie

(Lettre à Hélène)

Demain, tu sais, ils font une grande cérémonie

Pour les milliers d’enfants partis et jamais revenus

Et moi je parlerai de toi, Hélène, sans parcimonie

Je leur dirai ma peine et ma douleur continues

Je leur parlerai du hurlement des trains de minuit

Et de leurs roues qui martèlent encore les rails

Je leur parlerai de nos peurs, la nuit

De tes cheveux d’or et de tes lèvres de corail

Je leur parlerai de l’horrible silence de ton absence

Petite fleur coupée sur le quai d’une gare

Je leur dirai que sans toi la vie n’a pas de sens

Je leur dirai que sans toi souvent je m’égare

Demain, à la cérémonie, je parlerai de toi

Et tout le monde te regardera et t’écoutera

Je leur parlerai de nous deux là-bas, à Frétoy

Et personne ne sait ce qu’il m’en coûtera

Je leur parlerai de ton sourire éblouissant

De ta présence qui vit malgré le temps

Je leur dirai, petite soeur, en frémissant

Que ta douceur me manque toujours autant.

                  Michael Adam
Les gaufres de maman Cécile 

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