Paracha de la semaine : CHELAH LE'HA Ne suivez pas les désirs de votre coeur et de vos yeux

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Ne pas juger sur le plan humain les événements qui nous arrivent

CHELAH LE'HA

Ne suivez pas les désirs de votre coeur et de vos yeux

Le récit biblique n'aime pas les abstractions. Rarement nous y trouvons l'affirmation de grands principes.

Les grandeurs et les misères des personnages bibliques doivent avoir pour nous une valeur exemplaire, dans le bon et le mauvais sens, c'est à nous de tirer les leçons de leur conduite.

L'épisode des explorateurs envoyés en Canaan et la tragédie qui en résulte n'échappent pas à cette règle.

Les dix malheureux espions dont le rapport sera si lourd de conséquences, répondent objectivement aux questions posées par Moïse.

Le seul indice que nous possédons de leur grave responsabilité dans le découragement de l'ensemble du peuple est un petit mot au début du verset 28: efess" "cela n'est rien " - toutes les vertus du pays exploré -le peuple qui habite ce pays est puissant"-.-. C'est peu de chose, et pourtant c'est ce témoignage d'angoisse, ce réflexe de négativité qui allait gripper toute la machine, enrayer tout le mouvement.

Un mouvement qui devait conduire de l'alliance spirituelle avec le Seigneur, qui venait d'être scellée au Sinaï, mais qui ne s'était pas encore pleinement exprimée dans les faits.

Ce n'était, en effet, qu'en Canaan, installés sur la Terre promise à leurs ancêtres, que les enfants d'Israël pouvaient accomplir le destin historique, temporel, auxquels iles étaient promis par l'alliance du Sinaï.

Hésiter, refuser de s'engager, c'était demeurer hors de l'histoire, au désert des hommes, telle est la morale de l'épisode des explorateurs qu'expose notre lecture biblique.

Un élément supplémentaire situé à la fin de la lecture et apparemment sans lien avec l'essentiel du récit viendrait confirmer cette interpétation: la loi sur les Tsitsit (Nb 15, 34-41).

Ces franges aux quatre coins du vêtement doivent rappeler concrètement au juif, à chaque moment de la journée, un engagement qui, s'il est d'essence spirituelle, s'exprime concrètement à toute heure dans son comportement.

Lorsque nos sages s'interrogent (Bera'hot 12b) sur la place éminente de ce passage des tsitstit dans la profession de foi juive, le Chema, au coeur même de la prière d'Israël.

Ils estiment que ce voyant lumineux, ce rappel physique des franges au coin du vêtement est par lui-même suffisamment éloquent: "...Vous ne suivrez pas les désirs de votre coeur et de vos yeux... vous vous souviendrez de tous mes commandements ; ceci, contrairement à la pente naturelle qu'avaient suivie les explorateurs en se fiant uniquement à leur observation des faits.

La lecture de ce passage doit également nous mettre en garde contre nous-mêmes:..."Et vous ne vous aventurerez pas après votre coeur et après vos yeux" .

C'est-à-dire, explique Maïmonide, que chacun de vous ne se laisse pas attirer par la faiblesse de son esprit à imaginer que sa pensée saisit la vérité.
Plus d'une chose nous échappe et si des contradictions peuvent nous apparaïtre dans l'action divine, nous devons les imputer uniquement à la faiblesse de notre entendement.

C'est ce que les explorateurs envoyés par Moïse n'ont pas compris et c'est pourquoi ce commandement se trouve à la fin de la sidra..

Les explorateurs ont jugé leur mission sur le plan humain exclusiement.

Ils n'ont pas compté avec la foi et la confiance dans le D.ieu d'Israël qui a promis cette terre à leurs ancêtres. Et une génération qui a vécu les dix plaies et la sortie d'Egypte, le passage de la mer Rouge, la promulgation de la Thora sur le Mont Sinaï, n'a plus le droit de douter.

CLAUDE LAYANI

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