NAZA : Pourquoi tant de bruit sur la riposte, si peu sur le 7 octobre qui l'a rendue nécessaire

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NAZA : Pourquoi tant de bruit sur la riposte, si peu sur le 7 octobre qui l'a rendue nécessaire

Un film primé à Venise accuse Tsahal de tuer délibérément des civils à Gaza. Son réalisateur entretient depuis 2019 un partenariat assumé avec un responsable d'une organisation soupçonnée de liens avec le Hamas.
Trois ans après le 7 octobre, un film primé à Venise ressort l'argument des "dégâts collatéraux" pour accuser Tsahal de crimes de guerre.
Derrière ce procès, une seule question compte : pourquoi tant de bruit sur la riposte, et si peu sur le massacre qui l'a rendue nécessaire ?

Un film construit pour accabler, pas pour informer

"NAZA" a remporté le Prix spécial du jury à la Mostra de Venise samedi, après une ovation de vingt-cinq minutes qui en dit long sur le public auquel il s'adresse. Le film, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, s'appuie sur les témoignages anonymes de vingt-quatre militaires et agents du renseignement israéliens pour accuser Tsahal d'avoir sciemment tué un nombre disproportionné de civils à Gaza, en utilisant l'intelligence artificielle et la surveillance téléphonique pour cibler des proches du Hamas jusque dans leurs foyers.

Le titre du film reprend l'acronyme hébreu désignant, dans le jargon militaire israélien, le nombre de victimes civiles collatérales anticipées avant une frappe.

Le problème n'est pas que ce nombre existe. Le problème est de faire croire qu'un nombre nul serait possible, et que son existence prouve une intention criminelle.

Aucune armée au monde, confrontée à un ennemi qui se retranche systématiquement sous des habitations, des écoles et des hôpitaux, ne mène de guerre sans dommages collatéraux.

C'est précisément l'inverse qui devrait interroger : en trois ans de guerre contre une organisation qui utilise sa propre population comme bouclier humain, le bilan revendiqué par le Hamas lui-même s'élève à environ 75 000 morts. Avec l'une des armées les mieux équipées et les plus technologiquement avancées du monde, une armée capable de raser des villes entières en quelques jours si elle le choisissait, ce chiffre est la preuve d'un ciblage d'une precision inédite, pas d'une politique de destruction aveugle. C'est justement parce que Tsahal a cherché à distinguer, frappe après frappe, le combattant du civil, que ce bilan n'est pas dix fois supérieur.

Un réalisateur dont le passé mérite d'être connu

Ce que "NAZA" ne raconte pas, c'est qui est réellement Yuval Abraham. Le chercheur en sources ouvertes Eitan Fischberger a documenté dimanche une relation ancienne et jamais démentie entre le cinéaste et Ahmed Alnaouq, qu'il présente comme un membre du Hamas.

Les deux hommes ont fondé ensemble en 2019 le projet médiatique "Across the Wall", destiné à traduire en hébreu des récits palestiniens à destination du public israélien. Abraham lui-même a décrit Alnaouq comme son "partenaire" non seulement dans ce projet mais dans une véritable "trajectoire politique" commune, selon les propos rapportés par Fischberger.

Cette relation prend un relief particulier au regard du poste actuel d'Alnaouq. Il siège comme trésorier et vice-président du comité de l'Euro-Mediterranean Human Rights Monitor, une organisation régulièrement accusée par Israël d'entretenir des liens avec le Hamas. Que le coréalisateur d'un film qui accuse Tsahal de crimes de guerre ait construit sa trajectoire personnelle et professionnelle aux côtés d'un cadre d'une organisation suspectée par Israël de servir de relais au Hamas n'est pas un détail anecdotique. C'est une information que le public qui a applaudi vingt-cinq minutes à Venise aurait mérité de connaître avant de se forger une opinion.

La colère d'un rescapé du 7 octobre

Face à ce film, une voix mérite d'être entendue en priorité : celle d'Eliya Cohen, 28 ans, enlevé lors du massacre du festival Nova et détenu 505 jours à Gaza avant d'être libéré pendant le cessez-le-feu de février 2025. Cohen a vivement condamné le documentaire, reprochant à ses auteurs de discréditer les soldats de Tsahal qui ont risqué leur vie pour tenter de le libérer. Le film a été construit à partir d'entretiens avec vingt-quatre militaires israéliens anonymes ayant servi à Gaza, dont l'identité et les motivations restent impossibles à vérifier de manière indépendante. Un ancien otage, qui a vécu dans sa propre chair l'engagement de ces soldats, a une légitimité que n'auront jamais des témoignages anonymes montés en récit à charge.

Une riposte à la hauteur de l'enjeu

Le chef d'état-major Eyal Zamir a instruit lundi le conseiller juridique en chef de l'armée d'examiner des poursuites contre les auteurs du film, qu'il qualifie de "libelle de sang" et de "distorsion délibérée de la réalité", tout en ordonnant une enquête sur la fuite de documents classifiés ayant servi à sa production.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dénoncé une "incitation antisémite choquante", regrettant que "deux réalisateurs israéliens dépeignant Tsahal en criminels de guerre reçoivent des applaudissements au festival de Venise" pendant qu'Israël combat l'antisémitisme dans le monde. Le ministre de la Culture Miki Zohar est allé plus loin en réclamant la déchéance de la citoyenneté israélienne des deux cinéastes.

Cette fermeté est justifiée. Un film qui prétend documenter la réalité du terrain sans jamais mentionner que son coréalisateur a bâti sa carrière aux côtés d'un responsable d'une organisation soupçonnée de relais avec le Hamas n'est pas un documentaire équilibré.
C'est un plaidoyer déguisé, servi à un public occidental qui n'a ni les moyens ni le temps, ni la volonté de vérifier,ce qu'on lui présente comme une vérité incontestable et il faut le dire , ravie un public déjà conquis à la cause dite palestinienne

La communauté doit rester vigilante face à ces productions qui, sous couvert de courage journalistique, alimentent la campagne de délégitimation d'Israël au moment même où ses soldats continuent de payer le prix du sang pour la sécurité du pays.

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