NAZA : les liens du réalisateur Yuval Abraham avec le Hamas exposés au grand jour

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NAZA : les liens du réalisateur Yuval Abraham avec le Hamas exposés au grand jour

Une enquête du journaliste Eitan Fischberger révèle que Yuval Abraham, réalisateur du documentaire NAZA tout juste récompensé à Venise, entretient depuis des années un partenariat étroit avec Ahmed Alnaouq, cadre dirigeant d'une organisation qu'Israël identifie comme une vitrine du Hamas en Europe. Un dossier qui éclaire d'un jour nouveau les intentions réelles d'un cinéaste déjà accusé de trahison par le gouvernement israélien.

Un partenaire d'affaires directement lié au Hamas

L'enquête publiée dimanche par Eitan Fischberger met au jour une relation ancienne et assumée entre Yuval Abraham et Ahmed Alnaouq. Dès 2019, Abraham a contacté Alnaouq pour recueillir des témoignages à Gaza, avant de fonder avec lui Across the Wall, une plateforme conçue pour diffuser en hébreu des récits palestiniens et influencer directement l'opinion publique israélienne.

Ahmed Alnaouq n'est pourtant pas un simple contact journalistique. Il occupe aujourd'hui les fonctions de responsable de la sensibilisation et de trésorier au sein d'Euro-Med Human Rights Monitor, où le registre du commerce suisse le désigne également comme vice-président.

Son appartenance à la mouvance du Hamas ne relève pas de la simple suspicion : Alnaouq a lui-même déclaré, en juin dernier au média Novara, que son frère Ayman, tué en 2014, était un « membre de la résistance ». Les brigades Al-Qassam, bras armé du Hamas, avaient publié à l'époque un hommage à Ayman Alnaouq, le montrant en treillis, une arme à la main, coiffé du bandeau du mouvement terroriste. Le partenaire de longue date du réalisateur de NAZA évolue donc au cœur même de l'écosystème du Hamas, jusque dans sa cellule familiale.

Euro-Med Monitor, une officine identifiée de longue date par Israël

L'organisation qui emploie Ahmed Alnaouq n'a rien d'une ONG humanitaire ordinaire.
Son prédécesseur, Euro-Mid Observer for Human Rights, a été interdit en Israël dès 2015 en tant qu'association non autorisée, avant d'être formellement désigné en 2016 au titre de la loi antiterroriste.
Le ministère israélien de la Diaspora a interdit en mai dernier l'entrée du territoire à une quarantaine de ses collaborateurs, les accusant d'avoir alimenté devant la Cour internationale de justice les accusations de génocide contre Israël et d'avoir mené une campagne de désinformation dans les médias internationaux.

Le fondateur et président d'Euro-Med, Ramy Abdu, est directement désigné par le ministère israélien de la Défense comme un opérateur du Hamas et a fait l'objet en 2020 d'un ordre de saisie administrative.
Son prédécesseur à la tête de l'organisation, Mazen Kahel, figurait dès 2013 sur la liste israélienne des principaux opérateurs du Hamas en Europe.
Les deux hommes ont été photographiés aux côtés d'Ismail Haniyeh, ancien chef du bureau politique du Hamas à Gaza. C'est cette structure, identifiée depuis plus d'une décennie par les services israéliens comme un relais du Hamas en Europe, qui a formé l'un des plus proches collaborateurs de Yuval Abraham.

Une consécration à Venise qui prend un tout autre sens

Ces révélations tombent quelques jours seulement après que NAZA a reçu le Prix spécial du jury à la 83e Mostra de Venise, dans un climat d'ovation qui traduit l'appétit d'une partie de la critique internationale pour les récits à charge contre Tsahal.

Le film s'appuie sur des témoignages anonymes, dont l'identité et les fonctions réelles n'ont jamais pu être vérifiées, pour accuser l'armée israélienne d'avoir causé des pertes civiles massives à Gaza. Son titre reprend, de façon délibérément provocatrice, l'acronyme militaire israélien désignant les « dommages collatéraux ». L'armée israélienne a catégoriquement rejeté ces accusations, pointant l'absence totale de vérifiabilité des sources.

Le ministre de la Culture Miki Zohar a immédiatement dénoncé un « acte de trahison envers l'État » et annoncé une procédure pour retirer la citoyenneté israélienne à Yuval Abraham et à sa coréalisatrice Rachel Szor.
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir est allé plus loin, assurant sur X que les cinéastes seraient accueillis « à bras ouverts » par leurs « amis du Hamas à Gaza », une formule qui prend aujourd'hui une résonance particulière à la lumière de l'enquête de Fischberger. Yuval Abraham s'était déjà illustré en 2024 avec No Other Land, documentaire consacré aux expulsions de communautés palestiniennes en Cisjordanie, primé aux Oscars en 2025 malgré une orientation tout aussi orientée contre Israël.

Un réseau qui ne doit plus rien au hasard

Loin d'un simple contact professionnel isolé, le lien entre Yuval Abraham et Ahmed Alnaouq dessine un partenariat construit et durable avec un homme personnellement rattaché, par sa fonction comme par son histoire familiale, à la mouvance du Hamas. À l'heure où NAZA est célébré par une partie du monde du cinéma comme une œuvre courageuse, cette enquête rappelle que son auteur évolue depuis des années dans l'orbite directe d'une organisation qu'Israël considère comme l'un des relais du Hamas en Europe

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