Le prix à payer par Israël dans les accords d'Avraham

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Le prix à payer par Israël dans les accords d'Avraham

Parmi les multiples accords fructueux entre Israël et les Émirats arabes unis, l’accord du transport du pétrole brut EAU à travers Israël, est un véritable traquenard pour l’environnement ainsi que l’économie Israélienne.

L'enthousiasme pour un éventuel profit a occulté l’avis des experts, et Israël paiera cher en victimes collatérales.

En vertu de ce nouvel accord, le pétrole brut des Emirats Arabes est transporté par des pétroliers géants jusqu’au port d’Eilat. Il y est stocké, puis il traverse le pipeline EAPC, de 60 ans d’âge, vers Ashkelon, où il est stocké et enfin acheminé vers des pétroliers qui le transporteront vers l’Europe.

Le pipeline sert également dans le sens Ashkelon — Eilat pour le pétrole du Kazakhstan et d’Azerbaïdjan vers l’Asie. Il faut s’attendre à une file d’attente de super pétroliers dans les ports d’Eilat et Ashkelon pour charger ou décharger le pétrole.

Ainsi 120 pétroliers par an à Eilat et Ashkelon, un désastre écologique, sanitaire et financier, irréversible. Le nouveau gouvernement fera t-il face à ce fléau ?

Pourquoi les vieux pétroliers viennent-ils ici ?

« Dans d’autres pays, par exemple en Europe du Nord et en Amérique du Nord, les règlements sur les émissions sont plus stricts, de sorte que les compagnies maritimes préfèrent y envoyer de nouveaux navires. Les navires plus anciens, qui ne répondent pas aux exigences, atteignent des endroits où la réglementation est plus lâche, comme Israël. En fait, ils nous envoient les navires polluants du monde entier.

MRLB est en « négociations avancées » avec un certain nombre de grandes compagnies pétrolières pour des accords de service à long terme.

Cet accord n’a fait l’objet d’aucune expertise environnementale préalable.

En Octobre 2020, la société d’État israélienne Europe-Asia Pipeline Company (EAPC « Katsa ») a signé un protocole d’accord avec MED-RED Land Bridge Ltd (MRLB) – qui est une co-entreprise joint-venture entre Petromal, basée à Abu Dhabi, et deux entreprises israéliennes.

Mais qui est l’EAPC ?

L’entreprise a toujours été l’un des secrets les plus étroitement gardés d’Israël. Encore aujourd’hui, EAPC ne publie aucun communiqué financier. Le PDG  et le président sont respectivement Izik Levi et Erez Halfon.

EAPC est une société gouvernementale agissant en tant que société privée, créée en 1968 en tant que co-entreprise israélo-iranienne, afin d’éviter de faire passer les pétroliers par le canal de Suez.

En raison du secret de ce processus, le gouvernement a accordé à l’entreprise, enregistrée au Canada, des avantages exceptionnels dans le cadre de la loi sur les concessions.
Ainsi, l’entreprise pétrolière n’est soumise qu’au ministre des Finances, elle n’est pas soumise à la loi de planification et de construction, elle n’est pas soumise aux lois du droit administratif, elle est exonérée de taxes et de droits de douane. Et elle n’est pas soumise à la loi sur les marchés publics. Ses directeurs sont nommés sans appel d’offres, généralement choisis parmi d’anciens membres du personnel militaire et gouvernemental.

En début d'anné 2021, 250 experts ont adressé une lettre s’opposant à ce projet au premier ministre de l’état d’Israël B.Netanyahu.

Au terminal d’Ashkelon, un estuaire pétrolier arrêtera le dessalement de l’eau dans les usines de dessalement qui fournissent une grande partie de l’eau potable d' Israël. Un déversement majeur aura alimenté les côtes méditerranéennes sur des kilomètres, nuisant aux entreprises et à d’autres infrastructures vitales.

En mai dernier, la Société pour la protection de la nature et les associations Adam Teva vedin ainsi que Tsalul, ont déposé une requête contre l’accord et ont demandé au tribunal de déterminer qu’il était invalide parce qu’il n’y avait pas eu d’audience à ce sujet et que le gouvernement ne l’approuvait pas.

« Le Premier ministre Naftali Bennett et le Premier ministre suppléant et ministre des Affaires étrangères Yair Lapid discutent des implications de l’accord avec les Émirats arabes unis pour le transport du pétrole du golfe d’Eilat à Ashkelon, avec la requête de la Haute Cour déposée par la Société pour la protection de la nature et d’autres organisations pour annuler l’accord, qui est déjà en cours. Le gouvernement s’inquiétait des conséquences du gel de l’accord, l’État a donc demandé une prolongation de plus de trois mois pour soumettre sa réponse à la Haute Cour ».

Le ministre des Affaires étrangères Lapid a déclaré aux Globes lors d’une récente visite aux Émirats que la question devait être étudiée. « Nous ne voulons pas nuire à l’environnement, nous avons un pays pour le protéger et plus aucune catastrophe ne devrait se produire comme par le passé (la fuite dans la réserve d’Evrona). » La question est également examinée par la Haute Cour de justice et l’État est censé donner sa réponse à la pétition sur le sujet.

 Or les pétroliers sont déjà là.

Réponse des Emirats Arabes Unis :

Une source économique Emiratie a déclaré à The Globes que « le retrait d’Israël de l’accord signé par QASA avec MED-RED Land Bridge Ltd. Pour transporter le pétrole de la région du golfe Persique vers Israël, tout en le fournissant à divers clients du bassin méditerranéen, nuira aux relations économiques entre les deux pays et dissuadera les entreprises émiraties. Il a déclaré que la mise en œuvre réussie de l’accord, c’est-à-dire le passage des premiers pétroliers par le port d’Eilat à Ashdod sans dysfonctionnement ni fuite, devrait répondre aux préoccupations israéliennes, et le potentiel d’élargissement de l’accord est énorme. »

Les experts politiques s’accordent pour dire que la diplomatie Israélienne saura résoudre ce désaccord.

Eliane Setbon Lezmy

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