Le Palais de Molly : la maison la plus enchantée d’Israël au cœur d’un kibboutz

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Le Palais de Molly : la maison la plus enchantée d’Israël au cœur d’un kibboutz

Le Palais de Molly : un chef-d’œuvre de bois et de mémoire au cœur du kibboutz

Un lieu hors du temps, où chaque objet raconte une histoire

Au bout d’un sentier tranquille du kibboutz Ramat HaKovesh, une maison attire l’œil et bouleverse le regard : 107 mètres carrés de poésie sculptée, de souvenirs transformés, de bois travaillé à la main, où rien n’est laissé au hasard. Cette maison unique n’est pas qu’un lieu de vie. C’est une œuvre d’art vivante, une déclaration d’amour au bois, aux objets abandonnés et à la mémoire collective. Son auteur : Molly Schlofer, menuisier et artiste de 73 ans, qui y vit depuis plus de deux décennies avec sa compagne Ofira Alon.

« Cette maison est une création de mon âme », confie Molly. Et il suffit de franchir le seuil pour le comprendre.

Le Palais de Molly : la maison la plus enchantée d’Israël au cœur d’un kibboutz

Le Palais de Molly : la maison la plus enchantée d’Israël au cœur d’un kibboutz

 

Un plafond fleuri, des meubles ressuscités et une âme en bois

Dès l’entrée, un pot de fleurs en bois coloré donne le ton. Ici, tout a été conçu, recyclé, détourné, repensé. Le plafond en bois accueille plus de 550 fleurs sculptées à la main, patiemment fixées au fil des ans. Le couple a baptisé cette œuvre monumentale « La Fleur de Vie ». Il aura fallu trois années entières pour lui donner forme. Symbole d’un renouveau, elle incarne la force du couple face aux épreuves et leur volonté de renaître par l’art.

« Je n’ai jamais réussi à m’adapter à l’école, sauf aux cours de bricolage et de peinture », se souvient Molly. Déjà enfant au kibboutz, il dessinait des fresques, construisait des charrettes en bois et cousait des vêtements à la machine. Ce goût du geste et de la création l’a accompagné toute sa vie, même lors de ses années passées au ministère de la Défense puis chez Tediran, où il a toujours poursuivi une activité artistique et spirituelle.

Le Palais de Molly : la maison la plus enchantée d’Israël au cœur d’un kibboutz

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Chaque objet ici est un fragment d’histoire. Une ancienne armoire ayant appartenu à Leah et Yitzhak Rabin a été transformée en façade de porte. Un vieux cadre de lit double, abandonné par un voisin, est devenu un impressionnant plafond au-dessus du lit conjugal. Un climatiseur a été camouflé derrière un faux foyer en bois. Une sculpture hybride, représentant un paon au corps de femme aux jambes de mannequin et aux plumes en bois, trône dans un bocal.

Même les appareils électroménagers — réfrigérateur, four, blender — sont savamment dissimulés derrière des œuvres colorées, et les tiroirs sculptés, peints, discrets, s’ouvrent sur des rangements ordinaires. Ce mariage entre fonctionnalité et onirisme est la signature de Molly.

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Une maison-musée au service de la mémoire collective

La maison, bien qu’elle ne soit pas enregistrée au nom du couple, est devenue une véritable attraction culturelle. Depuis qu’elle a remporté un concours national, de nombreux médias lui ont consacré des reportages. Molly et Ofira y accueillent désormais des visites guidées, retraçant leur histoire, celle du kibboutz, et du sionisme.

« Les gens repartent d’ici avec un cadeau dans le cœur », confie Ofira, émue par l’écho émotionnel de chaque visite. Le couple ne vend rien. Ils partagent. Des récits. Des souvenirs. Une esthétique rare.

Un héritage vivant, transmis sans vitrine

Ils ont cinq enfants, douze petits-enfants, qui courent librement dans cette maison peuplée d’œuvres fragiles. « La maison est vivante », insiste Ofira. « Les petits jouent, nous ne leur interdisons rien. Nous nettoyons après. »

La lumière naturelle est tamisée, préservant les œuvres des assauts du soleil. Molly continue de peindre à l’huile, de vernir, de sculpter. Ofira, elle, dépoussière chaque pièce avec soin, à l’aide de lingettes, d’un vaporisateur, parfois d’un simple chiffon humide.

Le Palais de Molly : la maison la plus enchantée d’Israël au cœur d’un kibboutz

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Un Jordanien a proposé 150 000 shekels pour le pot de fleurs à l’entrée. Le couple a refusé. « Il fait partie de l’âme du lieu, il reste ici », explique Molly.

Une visite au Palais de Molly dure environ une heure et demie, pour un groupe de huit personnes minimum, au tarif de 50 shekels par personne. Mais le vrai prix est ailleurs : dans l’émotion que laisse cette maison, ce sanctuaire de bois, de mémoire et de beauté, bâti de toutes pièces par un homme qui a su faire de l’art un acte de résistance douce et lumineus

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