La ville la plus touchée d’Israël, Eilat, terrassée par la crise du coronavirus

Actualités, Alyah Story, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
La ville la plus touchée d’Israël, Eilat, terrassée par le coronavirus

La ville la plus touchée d’Israël

Le corona a terrassé Eilat

Le tuyau d'alimentation en oxygène de la ville touristique est obstrué : hôtels fermés, plages abandonnées, 85% de sans-emplois et un été avec un grand point d'interrogation. «C'est la plus grande crise jamais ressentie ici. Même si nous reprenons le travail en mai, les gens ne se bousculeront pas pour venir.»

La ville d'Eilat est devenue en deux semaines le plus grand foyer de chômage de l'Etat d'Israël, avec 70% de sans-emplois.

Ce nombre déjà élevé ne comprend pas les indépendants, les employés municipaux ou d'organismes gouvernementaux mis en congés payés, ni encore les dirigeants d'entreprises à l'arrêt. Ce qui fait concrètement que le taux de chômage avoisine les 85%.

Environ soixante mille citoyens d'Israël sont inscrits comme habitants d'Eilat. 80% du total des employés de la ville sont affiliés au tourisme et au trafic aérien, directement ou indirectement. Et aucun d'eux ne travaille depuis un mois déjà. Dans les chiffres, cela représente environ trente mille personnes privées de leur emploi, dont certaines ont été placées d'office en congés non payés, les autres ayant été licenciées.

Le tournant s'est produit le 15 mars, lorsque le gouvernement a pris la décision de fermer les hôtels en Israël. Du point de vue de la ville, ça représente l'arrachement du tuyau d'arrivée d'oxygène. 50 hôtels ou auberges de jeunesse ont été fermés et quelque 6000 employés ont été priés de rentrer chez eux. Parallèlement, toutes les attractions et autres affaires liées aux prestations de services de la sphère touristique ont fermé : les restaurants, qui fonctionnent principalement grâce à la manne touristique intérieure et étrangère, les yachts, les boutiques de confort, les centres commerciaux et diverses entreprises.

A titre de comparaison, pendant les vacances de Pessah 2019, un mouvement de près de vingt mille visiteurs par jour a été observé rien qu'au centre commercial Mall Hayam, l'un des plus populaires et des plus rentables économiquement dans le pays.

A Pessah 2020, le centre commercial a fermé ses portes et le mouvement s'est arrêté. Le maire d'Eilat, Meir Yts'hak-Lévy, est en contact permanent avec des parlementaires et des ministres pour tenter d'agir sur cette situation déplorable dans la ville. Mais, dans un même souffle (avec son masque), il définit la situation actuelle comme une «méga-catastrophe».

«Nous sommes la ville qui a le plus petit nombre d'habitants contaminés par le corona, mais si on ne nous apporte pas de solutions ou de réponses en avril, je ne sais pas de quoi le moi de mai sera fait. La ville est paralysée.»

Le ministère de la Santé

Chabbtaï Chaï, directeur général de l'union des hôtels de la ville, emploie des termes bien plus durs. «C'est la crise la plus grande qu'il n'y ait jamais eue ici.» Mais il pondère aussitôt son propos : «Tout dépendra du temps que ça prendra et de la manière à laquelle nous sortirons du confinement. Même si nous reprenons le travail en mai ou en juin, rien ne permet de penser que le public s'empressera de venir passer ses vacances à Eilat.

Il est clair que rien ne sera plus comme avant.» Moshé Rebibo, qui tient depuis 35 ans le restaurant du Golfe sur la promenade de la ville, parcourt d'un regard triste les plages désertées. «Toute la ville est fermée, il n'y a plus de travail. Les entreprises sont fermées. On ne voit pas un chien en promenade, et les chats meurent de faim.»

Sarah Ben de Trouver en Israël 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi