L’Iran exécute des manifestants blessés dans les hôpitaux et fait disparaître les corps

Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
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L’Iran exécute des manifestants blessés dans les hôpitaux et fait disparaître les corps

Iran, janvier 2026 : quand un régime tire sur les blessés et fait disparaître les corps

Un soulèvement étouffé dans le sang

Depuis le 8 janvier 2026, l’Iran traverse l’une des séquences répressives les plus meurtrières de son histoire contemporaine. Les manifestations, déclenchées par l’effondrement économique, l’inflation galopante et une contestation frontale du régime, se sont étendues à plus de 400 villes en quelques heures. Ce qui a suivi n’a plus rien d’un maintien de l’ordre.

Des documents internes examinés par Iran International, croisés avec des témoignages et des analyses indépendantes, font état de plus de 36 500 morts en deux jours, les 8 et 9 janvier. Un chiffre sans précédent, qui place cette répression au rang des massacres civils les plus massifs du XXIᵉ siècle. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur des foules en fuite, visant la tête, la gorge et le thorax. Ces faits sont documentés par Human Rights Watch, sur la base d’entretiens et de preuves matérielles vérifiées.

À cette violence s’est ajoutée une dimension rarement documentée à cette échelle : la traque des blessés.

Quand l’hôpital cesse d’être un refuge

Des médecins, des infirmiers et des familles décrivent un schéma récurrent. Des forces de sécurité entrent dans les hôpitaux, identifient les manifestants blessés, les retirent de leurs lits ou de salles d’urgence, parfois encore sous assistance respiratoire. Plusieurs témoins évoquent des exécutions par balle directement dans les établissements médicaux, ou immédiatement après le transfert des patients.

Des corps photographiés et analysés présentent des éléments impossibles à ignorer : électrodes ECG encore fixées à la poitrine, tubes trachéaux, cathéters veineux, pansements récents. Ces dispositifs ne sont posés que sur des patients vivants. Human Rights Watch a confirmé plusieurs cas où des victimes ont été retirées d’hôpitaux alors qu’elles respiraient encore, avant d’être retrouvées mortes, atteintes d’une balle à la tête.

Un médecin spécialiste, interrogé anonymement, parle explicitement de « tirs de grâce ». Dans un cas documenté, un jeune homme semi-conscient aurait été abattu à deux reprises dans une ambulance.

Ces éléments, à eux seuls, constituent déjà des crimes contre l’humanité.

Morgues saturées, corps empilés, familles humiliées

Le blackout total d’internet décrété par le régime n’a pas empêché certaines images de filtrer. La morgue de Kahrizak, au sud de Téhéran, apparaît sur des vidéos géolocalisées : des centaines de sacs mortuaires empilés, des corps entassés au sol, nombre d’entre eux présentant des impacts de balles ou de plombs métalliques.

La BBC a analysé près de 400 photographies fuitées, recoupées avec les réseaux sociaux et des témoignages directs, confirmant l’ampleur de la saturation des morgues. Au cimetière de Behesht-e Zahra, des témoins décrivent des camions frigorifiques déversant des cadavres, pendant que des familles, désespérées, cherchent un visage connu dans la masse.

Les autorités imposent des conditions indignes : confiscation des corps, demandes de paiements appelés cyniquement « frais de balle », selon le nombre de balles vous payez plus cher , obligation pour certaines familles de déclarer que leurs proches étaient membres des milices Basij afin de récupérer la dépouille. U
ne jeune femme de 23 ans, Robina Aminian, tuée d’une balle dans la tête, a dû être littéralement volée par sa famille pour être enterrée en urgence au bord d’une route, hors de tout contrôle officiel.

Enterrés vivants ? Ce que l’on sait, et ce que l’on ne peut pas encore prouver

C’est ici que la rigueur journalistique s’impose.

Des familles, à Téhéran, Arak et Ispahan, affirment avoir observé chez certains corps des signes vitaux résiduels lors de l’identification : mouvements thoraciques, chaleur corporelle, respiration faible. D’autres témoignages évoquent des manifestants blessés placés directement dans des sacs mortuaires, sans passage par un hôpital.

À ce stade, aucune autopsie indépendante internationale n’a pu confirmer formellement des enterrements de personnes encore vivantes, en raison de l’interdiction d’accès au territoire et de la confiscation des corps. Il serait intellectuellement malhonnête de l’affirmer comme un fait établi.

Mais ce qui est solidement démontré, c’est l’exécution systématique de blessés, leur retrait de structures médicales alors qu’ils étaient vivants, et le traitement délibérément inhumain des corps. La frontière entre « exécuté blessé » et « enterré vivant » devient alors tragiquement mince.

Un crime d’État documenté, un silence international assourdissant

Les preuves s’accumulent : 21 entretiens approfondis menés par Human Rights Watch, des dizaines de vidéos géolocalisées, des documents internes iraniens évoquant des ordres coordonnés de tir, et les analyses croisées de médias comme le New York Times et la BBC.

Le régime iranien nie, minimise, impose ses chiffres officiels et rejette les résolutions du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Le Guide suprême lui-même a reconnu des milliers de morts, tout en niant toute politique systémique.

Pendant ce temps, le Corps des gardiens de la révolution islamique continue d’agir en toute impunité.

Ce que l’Histoire jugera

Ce qui se joue en Iran en janvier 2026 dépasse la question d’une manifestation réprimée. Un régime qui tire sur les blessés, les extrait des hôpitaux, confisque les corps et terrorise les familles franchit un seuil irréversible. Ce sont les mécanismes mêmes des régimes totalitaires du XXᵉ siècle qui ressurgissent, documentés, filmés, analysés.

Le monde ne pourra pas dire qu’il ne savait pas.

Une enquête internationale indépendante n’est plus une option morale, c’est une obligation juridique. Des sanctions ciblées contre les responsables de cette chaîne de commandement ne relèvent plus de la diplomatie, mais de la justice.

Le silence, lui, serait une complicité.

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