Les réfugiés soudanais en Israël: un dilemme difficile

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                 Les réfugiés soudanais en Israël: un dilemme difficile

Le 18/06/07, "Si le problème des réfugiés africains n'est pas réglé rapidement nous allons affronter un grave problème stratégique" a averti le ministre de l'Intérieur Roni Bar-On (Kadima), président du comité ministériel chargé de ce dossier sensible. Ces propos traduisent bien le dilemme que pose au gouvernement la vague de demandeurs d'asiles, du Soudan et d'autres pays d'Afrique, qui se sont introduits en Israël ces derniers mois.

Depuis le mois de mai, près d'un millier d'immigrants illégaux ont pénétré en Israël à partir du désert du Sinaï. En tout, ce ne sont pas moins de 5000 civils africains qui sont entrés dans le pays depuis le début de l'année 2007, dont plusieurs centaines de réfugiés soudanais fuyant les horreurs du Darfour. Tsahal ne parvient toujours pas à surveiller complètement les centaines de kilomètres de frontière commune avec l'Egypte dans le Néguev car aucune barrière n'a été édifiée entre les deux pays.

Il est évident que comme tout pays Israël ne peut tolérer l'arrivée de milliers de travailleurs illégaux mais c'est surtout le dossier des réfugiés soudanais qui posent problème. Israël est déchiré entre le devoir moral du peuple juif d'aider les opprimés et les moyens limités de l'Etat, qui peine encore à intégrer des milliers d'immigrants juifs éthiopiens.

Sous la pression d'organisations humanitaires israéliennes, le gouvernement a ordonné dernièrement à la police de cesser les arrestations des demandeurs d'asiles soudanais. L'effet immédiat de cette décision, d'après un rapport remis au ministre de l'Intérieur, a été une vague accrue de réfugiés qui ont traversé la frontière. Le ministre de la Justice, Daniel Friedman, a soutenu de son côté les organisations humanitaires en déclarant récemment qu'Israël devait "agir avec les réfugiés soudanais comme le souhaite la morale biblique".

Plusieurs kibboutzim ont accueilli quelques dizaines de familles soudanaises et d'autres réfugiés sont hébergés dans les hôtels de la chaîne Fatal où ils sont désormais employés. Mais des centaines d'autres se sont retrouvés à la rue une fois sortis de prison, aidés sporadiquement par diverses organisations humanitaires israéliennes. Le gouvernement et la commission ministérielle spéciale présidée par Roni Bar-On doivent donc élaborer au plus vite une politique très claire pour régler ce problème humanitaire urgent qui menace de déstabiliser également la société israélienne.

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