Le 08/01/07, Manifestation monstre des partisans du président palestinien à Gaza

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     Manifestation monstre des partisans du président palestinien à Gaza
GAZA , le 08/01/07 - Des dizaines de milliers de partisans du Fatah, du président palestinien Mahmoud Abbas, se sont livrés dimanche à une démonstration de force à Gaza à l'occasion de l'anniversaire de leur parti, engagé dans une lutte de pouvoir meurtrière avec son rival, le Hamas.

Le photographe péruvien de l'Agence France-Presse, Jaime Razuri, retenu sept jours en otage à Gaza où il avait été enlevé par des hommes armés, a été libéré en bonne santé dimanche. Cette manifestation monstre, qui a eu lieu dans le stade Yarmouk, est l'une des plus grandes manifestations du Fatah depuis la création de l'Autorité palestinienne en 1994.

 L'homme fort du Fatah dans la bande de Gaza et bête noire du Hamas, le député Mohammad Dahlane, a menacé de riposter à toute attaque contre les partisans du Fatah, devant des milliers d'hommes armés qui scandaient à l'adresse du mouvement islamiste, qui contrôle le gouvernement: "La mort pour les meurtriers!". "Chiites! chiites!", criaient également les hommes du Fatah, qui accuse le Hamas d'être contrôlé par l'Iran chiite, alors que des centaines d'autres tiraient des rafales d'armes automatiques sous les portraits du défunt leader historique palestinien Yasser Arafat et une forêt de drapeaux jaunes. "Notre message aujourd'hui est l'union et la force, derrière la direction du Fatah, d'Abou Mazen (Mahmoud Abbas) et de ses forces armées pour dire que le sang du (colonel) Mohammed Ghraib marque un tournant dans nos relations" avec le Hamas, a lancé Mohammad Dahlane. Mohammed Ghraib, un colonel de la Sécurité préventive, un organe de sécurité fidèle à M. Abbas, a été tué jeudi par des partisans du Hamas qui avaient assiégé sa maison à Jabaliya (nord de la bande de Gaza). "S'ils pensent que ce meurtre restera sans réponse, ils se trompent. Nous quitterons ce lieu (...) avec un nouveau programme: si quelqu'un du Fatah est attaqué, nous riposterons deux fois plus fort", a ajouté M. Dahlane.

De son côté, le secrétaire général de la présidence, Tayyeb Abdelrahim a assuré: "Nous ne laisserons pas couler le sang des Palestiniens du Fatah". Le Fatah a été fondé en 1959 par Yasser Arafat mais a lancé sa première action armée contre Israël le 1er janvier 1965. Cette manifestation intervient au lendemain de la décision M. Abbas de déclarer "illégale" la Force exécutive du Hamas, si elle n'était pas intégrée dans l'appareil sécuritaire existant. Le Hamas a riposté en annonçant le doublement des effectifs de la force, pour la faire passer de 5.500 à 12.000, dans une escalade dangereuse qui fait craindre une confrontation d'envergure entre les deux camps. Les islamistes avaient décidé de créer leur propre force après l'entrée en fonction du gouvernement en mars, pour contrecarrer la mainmise du Fatah sur les appareils sécuritaires.

M. Abbas a accentué encore plus dimanche sa pression sur le Hamas en se disant déterminé à mener des élections générales anticipées contre l'avis des islamistes. "Je ne reviendrai pas sur la tenue d'élections législatives et présidentielles anticipées", a-t-il dit lors d'une réunion à huis clos du Fatah à Bethléem, selon des propos rapportés par un témoin. M. Abbas n'a toujours pas donné de date pour ces élections, dont il avait annoncé la tenue le 16 décembre après l'échec de discussions avec les dirigeants du Hamas pour former un gouvernement d'union. Côté israélien, le vice-Premier ministre Shimon Peres a estimé qu'"une guerre civile serait une tragédie pour les Palestiniens, la paix et Israël". Le photographe péruvien de l'Agence France-Presse, Jaime Razuri, 50 ans, a été libéré peu avant 20H00 locales (18H00 GMT) et remis aux services de sécurité palestiniens qui l'ont ensuite conduit au siège de la présidence, où il a retrouvé ses collègues de l'AFP. "Je vais très bien. Mes ravisseurs m'ont bien traité, bien nourri. Je suis très heureux d'être dehors", ont été ses premiers mots. "Ce n'était pas un hôtel cinq étoiles, mais c'était très bien. Je remercie toutes les personnes qui ont permis ma libération", a-t-il ajouté.

Accompagné de diplomates péruviens et français, Jaime Razuri a traversé le point de passage d'Eretz pour se rendre en Israël, juste avant 20H00 GMT. Le député et homme fort du Fatah, Mohammad Dahlane, qui a oeuvré à sa libération, s'est dit "heureux que cela se soit bien terminé". "Nous n'avons fait que notre devoir", a-t-il commenté. Selon des sources sécuritaires palestiniennes, Jaime Razuri était entre les mains d'un grand clan familial qui le retenait dans un quartier de Gaza. Une vingtaine d'étrangers, dont plusieurs journalistes, ont été enlevés ces derniers mois à Gaza, avant d'être tous relâchés, pour la plupart très rapidement. En Irak, l'AFP était toujours sans nouvelles de son collaborateur irakien Salah Jali al-Gharraoui, plus de neuf mois après son enlèvement à Bagdad par des hommes armés et cagoulés.



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