L'adieu des Britanniques

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L'adieu des Britanniques

Peu avant le 14 mai à minuit, les Britanniques commencent à évacuer leurs camps militaires et leurs administrations. Ils sont aussitôt remplacés par les Juifs ou par les Arabes. Le plus souvent par les Juifs, qui disposent d'un excellent réseau de renseignements au sein des états-majors anglais. A peine les doldats de Sa Majesté ont-ils tounré le dos que ceux de la Haganah sont déjà dans la palce .
Au grand dam des Arabes.

Dans l'aprés-midi on a vu la haute silouhette d'un homme en grande tenue de général de l'armée britannique jeter un dernier regard sur une terre placée sous la tutelle anglaise depuis un peu plus de trentes ans. Sir Alan Gordon Cunningham
dernier haut commissaire de la Couronne britannique en Palestine, -faisait ses adieux à Jérusalem. Il regardait -également un détachement du Suffolk Regiment amener l'Union Jack et s'éloigner, dans les accents nasillards des cornemuses du Highland High Infantry, en direction de Haïfa.
Les troupes britanniques ne seraient plus, selon leur expression, un « ballon de football entre deux camps ».

Le soir même, en rade de Haïfa, à l'ombre du mont Carmel, Sir Cunningham embarque sur le croiseur Euryalus et passe une dernière revue navale : sur les ponts d'une demi-douzaine de vaisseaux de guerre, tous les hommes, vêtus de blanc, sont au gardeà-vous. Les fanfares jouent le God Save the King et, pour rend«re hommage aux ancêtres écossais de Sir Cunningham, la Highland lament. Il est un peu moins de minuit. Quelques minutes plus tard, le Moyen-Orient est livré à ses démons millénaires.

Dès l'annonce de la déclaration d'indépendance d'Israël, les États-Unis et l'Union soviétique reconnaissent le nouvel État. D'autres pays suivent. Mais les pays arabes déclenchent la guerre.

Quelques jours après sa naissance, Israël subit son baptême du feu. Ein breira (« l'invasion arabe ») est stoppée. Malgré l'intervention de la fameuse Légion arabe du roi Abdullah de Transjordanie, une remarquable unité de Bédouins aguerris et commandés par le célèbre Sir John Bagot Glubb, un Anglais digne de Lawrence d'Arabie, plus connu sous le nom de Glubb Pacha. Son unité se bornera à empêcher les Juifs d'ouvrir la route de Jérusalem et réduira, avec de lourdes pertes, le quartier juif de la Vieille Ville, interdisant pour une période de dix-neuf ans l'accès du Mur des Lamentations aux pèlerins israélites.

Au bout de quatre semaines de combat, les puissantes armées arabes - pourtant plus puissantes individuellement que les forces israéliennes, mais divisées et démoralisées - sont partout bloquées.

Le 11 juin, le Conseil de sécurité de, l'O.N.U. ordonne une trêve, acceptée par les deux camps. Les chefs israéliens en profitent pour renforcer leurs défenses et faire venir de l'étranger les armes lourdes, les blindés et mêmes les avions - des Messerschmitt 109 qui étaient en fait des rescapés des armées hitlériennes - qui lui font cruellement défaut.

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légende photo :

En novembre 1948, l'O.N.U. a proposé un cessez-le-feu qui est accepté par les deux parties belligérantes. La joie éclate dans les rues de Tel-Aviv, mais l'existence d'Israël n'en demeure pas moins menacée. L'armistice de 1949 sera suivi par trois conflits (1956 campagne du Sinaï; 1967 : guerre de Six Jours; 1973 : offensive du Yom Kippour) qui prouveront la détermination des Arabes et des Palestiniens à prendre leur revanche.



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