Israël :mais Bibi, comment n’as-tu pas pu voir que tout prédisait que l’impossible deviendrait possible ?

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Source Slate.frFranchement, je n’aimerais pas être le premier ministre israélien. D’abord, parce que de toute éternité, les juifs peuvent se targuer d’être le peuple le plus emmerdant à gouverner. Pire que les français. Râleurs et insatisfaits par nature, rebelles dans l’âme, indociles par principe, ils entretiennent des rapports plus que compliqués avec la notion d’autorité. Souvenez-vous du sketch de la sortie d’Égypte : Dieu, après avoir joué au chat et à la souris avec le Pharaon, se décide enfin à libérer son peuple et l’envoie gambader dans le Sinaï, direction la terre promise. Après quelques jours d’errance dans un désert aride et rocailleux, le peuple commence à gronder et s’en va enguirlander cette nouille de Moïse : “c’est quoi ce voyage organisé de mes deux que tu nous as concocté ? Il fait une chaleur pas possible, la bouffe est dégueulasse, on meurt de soif et la nuit il caille comme c’est pas permis. Si on avait su, on serait resté en Égypte. Au moins, on mangeait à notre faim.”

Le premier ministre israélien et son cabinet ministériel se retrouve aujourd’hui confronté à un terrible dilemme où Israël joue avec sa survie. S’il prend la décision de laisser l’Iran disposer de la bombe atomique, il s’expose au risque qu’un beau matin, il se réveille en découvrant que son pays n’est plus qu’un vaste champ de ruine.

Foutaises argumentent les grands experts des relations internationales qui, dans le confort douillet de leurs bureaux situés dans les grandes capitales occidentales, vous expliquent que l’Iran n’aurait rien à gagner à s’en prendre à Israël puisqu’en agissant de la sorte, elle signerait là son arrêt de mort. Raisonnement à priori impeccable. Sauf que ces sommités de la pensée occidentale partent du présupposé intangible que les dirigeants iraniens raisonnent comme vous et moi et qu’à priori l’idée de finir en particules de poussière atomique ne les enchantent pas outre-mesure.

Pourtant, dans la longue histoire de l’humanité, il semble qu’on ait déjà vu des peuples et leurs gouvernants, apparement sains d’esprit, apparement animés de bon sens et apparement possédant une once de rationalité, précipiter leur pays dans des abysses insoupçonnables. La tentation de l’apocalypse et “d’après moi le déluge” a de quoi séduire des esprits un tantinet dérangés. Sans verser dans la politique fiction à rebours, il n’est pas totalement abscons de penser que si Adolf avait reçu comme cadeau de baptême une belle bombe atomique, il n’aurait guère eu de scrupules à s’en servir. Quand bien même cela eut signifié la destruction totale de son pays.

Si le premier ministre israélien opte pour une non-intervention en Iran, il prend le risque qu’un jour, des générations de survivants l’apostrophent en lui disant “mais Bibi, comment n’as-tu pas pu voir que tout prédisait que l’impossible deviendrait possible ? Comment as-tu pu ne pas entendre les discours de l’autre meschuge répéter à longueur de temps que la destruction d’Israël constituait son vœu le plus cher ?  Pourquoi as-tu été sourd à ces menaces ? Pourquoi l’as-tu laissé disposer de la bombe ? Tu pensais quoi ? Qu’il allait se contenter de la cajoler du regard ? Qu’il allait jouer au jokari avec ?

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