Israël: le Procureur général demande un délai pour s'expliquer dans le scandale Katzav

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Israël: le Procureur général demande un délai pour s'expliquer dans le scandale Katzav

 

JERUSALEM, le 03/07/07 - Le Parquet israélien a demandé lundi un délai supplémentaire de 48 heures à la Cour suprême pour justifier un compromis qui a permis à l'ex-président Moshé Katzav, coupable de délits sexuels, d'échapper à la prison.

La Cour suprême avait déjà donné dimanche au procureur général Menahem Mazouz un délai de 24 heures pour s'expliquer sur ce compromis, bloquant provisoirement le dépôt, prévu dimanche devant le tribunal de police de Jérusalem, de l'acte d'accusation édulcoré qui permettait à M. Katzav d'échapper à la prison. Selon ce compromis, M. Katzav a reconnu sa responsabilité pour "harcèlement sexuel", "actes indécents" et "subornation de témoin", et M. Mazouz a, en contrepartie, renoncé à l'accuser de viol, ce qui lui permet d'échapper à la prison ferme. Le procureur général avait mis en avant les difficultés à établir "des preuves solides" du viol, et l'intérêt de l'Etat d'éviter un interminable procès salissant l'intitution de la présidence.

Le chef d'accusation de viol aurait valu à M. Katzav d'encourir jusqu'à 16 ans de prison, alors que les délits dont il doit répondre aux termes du compromis, l'exposent uniquement à une peine de prison avec sursis et à des amendes. Face aux critiques, M. Mazouz est monté au créneau pour justifier sa décision tout en qualifiant publiquement l'ancien président de "délinquant sexuel multirécidiviste" et l'accusant d'avoir "menti" tout au long de l'enquête de police dont il a fait l'objet. Le compromis a suscité un tollé chez des organisations féministes et le Mouvement pour la bonne gouvernance qui se sont pourvus en appel auprès de la Cour suprême en qualifiant la décision du procureur d'"irrecevable" et de "choquante" pour l'opinion. Quelque 20.000 manifestants s'étaient rassemblés samedi soir à Tel-Aviv pour protester contre le compromis et le scandale Katzav ne décroche pas depuis plusieurs jours de la "une" des grands quotidiens du pays. Un total de cinq recours contre l'accord passé entre les avocats de M. Katzav et le procureur général ont été introduits devant la Cour suprême et M. Mazouz demande maintenant du temps pour se justifier.

"La rédaction de notre réponse à tant de recours d'origines diverses demande un minimum de temps pour les examiner. Nous demandons donc un délai de 48 heures pour présenter notre réponse, donc jusqu'au jeudi 5 juillet", indique le bureau du procureur général dans sa requête à la Cour suprême. M. Katzav a officiellement démissionné de ses fonctions depuis dimanche. Il est provisoirement remplacé par la présidente de la Knesset (Parlement), Dalia Yitzik, jusqu'à l'investiture le 15 juillet de son successeur élu Shimon Peres, 83 ans, ancien Premier ministre et Prix Nobel de la paix. Plusieurs initiatives ont d'autre part été lancées à la Knesset visant à priver d'une partie de leurs privilèges les officiels israéliens jugés coupables de délits ou crimes infamants.

En tant qu'ancien président, M. Katzav a en effet droit à une confortable pension mensuelle de 11.200 dollars, d'un bureau, de deux secrétaires, d'une voiture et d'un chauffeur, ainsi que d'un appartement de fonctions et d'un défraiement de ses communications téléphoniques, soit environ 235.000 dollars par an. "Financer l'emploi de deux secrétaires à Moshé Katzav équivaudrait à mettre du sel sur la plaie", a déclaré, scandalisée, la député Zehava Gal On (opposition de gauche), en faisant allusion aux deux secrétaires de l'ancien président qui ont affirmé récemment publiquement avoir été victimes de viol et dont les témoignages n'ont pas été retenus par le procureur général.

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