Israël: le Premier ministre Ehud Olmert fragilisé par une nouvelle affaire de corruption

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Israël: le Premier ministre Ehud Olmert fragilisé par une nouvelle affaire de corruption

JERUSALEM , le 16/10/07, L'annonce de l'ouverture d'une troisième enquête judiciaire à l'encontre du Premier ministre israélien Ehud Olmert, fragilise encore plus sa position, sans le contraindre à démissionner.

Ce scandale tombe particulièrement mal pour un chef de gouvernement, dont la popularité n'arrive pas à remonter depuis les ratés de la guerre au Liban de l'été 2006, alors qu'il est engagé dans une problématique de relance du processus de paix avec les Palestiniens.

Le conseiller juridique du gouvernement, qui tient le rôle de procureur général, Ménahem Mazuz a "ordonné à la police d'ouvrir une enquête criminelle" à l'encontre de M. Olmert pour trafic d'influence, a annoncé le ministère de la Justice dans un communiqué.

La décision a été prise "suite aux soupçons qui pèsent sur M. Olmert, dans ses fonctions passées de ministre de l'Industrie et du Commerce", d'avoir favorisé des investisseurs et nommé des amis politiques, selon cette source. Il est aussi soupçonné de népotisme.

Selon des sources policières citées par le journal Haaretz, il sera difficile d'établir la preuve d'une malversation de M. Olmert qui affirme "avoir les mains totalement propres dans cette affaire".

La Présidence du conseil a qualifié dans un communiqué l'enquête de "superflue", réaffirmant l'innocence de M. Olmert et se déclarant convaincue qu'elle "ne débouchera sur rien".

Elle a assuré que l'enquête "n'empêchera pas le Premier ministre d'assurer pleinement ses fonctions".

Cette décision, qui concerne des faits remontant à 2005 et 2006, n'oblige pas légalement le Premier ministre à démissionner, mais elle le fragilise politiquement.

Des députés de l'opposition de droite ont d'ores et déjà réclamé sa démission, estimant que l'accumulation d'enquêtes dont il est la cible empêche M. Olmert d'assumer ses fonctions.

M. Olmert, 62 ans, fait en effet déjà l'objet d'une enquête concernant des transactions immobilières et d'une autre relative à la privatisation de la Bank Leumi, la deuxième banque d'Israël.

Il est soupçonné d'avoir bénéficié d'une remise de 300.000 dollars lors de l'achat d'un appartement dans un quartier chic de Jérusalem-ouest auprès d'un entrepreneur.

Selon la presse, des proches de M. Olmert, ancien maire de Jérusalem, ont aidé l'entrepreneur à obtenir par la suite des permis de construire dans le même bâtiment, classé "site historique", lui permettant de doubler la superficie totale des logements.

Dans l'autre affaire, il est soupçonné d'être intervenu, alors qu'il était ministre des Finances par intérim en 2005, en faveur d'un homme d'affaires australien, Frank Lowy, initialement candidat à la reprise d'une partie du capital de la banque Leumi.

L'appel d'offres avait été finalement remporté par un autre candidat, sans relation avec M. Lowy.

M. Olmert avait été mis en cause dans cette affaire par le contrôleur de l'Etat d'Israël, Micha Lindenstraus, chargé de superviser la gestion des institutions publiques, mais qui n'a pas de pouvoir judiciaire.

Les trois prédécesseurs de M. Olmert au poste de Premier ministrer, Ariel Sharon, Ehud Barak et Benyamin Netanyahu, ont tous fait l'objet en leur temps d'enquêtes dans des affaires de corruption ou de trafic d'influence, sans qu'elles n'aient débouché sur des inculpations.

La popularité de M. Olmert reste basse en dépit d'une remontée depuis un raid de l'aviation israélienne mené le 6 septembre en Syrie.

Il est en outre menacé par les conclusions que doit remettre la commission gouvernementale d'enquête Winograd sur la guerre au Liban, bien que selon la presse, elle pourrait ne pas blâmer personnellement le Premier ministre.

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