Israël : Le fils de l'écrivain israélien David Grossman tué au Liban

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     Le fils de l'écrivain israélien David Grossman tué au Liban

Le sergent Uri Grossman, 20 ans, qui servait dans une unité de blindés, a été tué samedi par une roquette anti-chars pendant l'offensive terrestre destinée à occuper le plus de terrain possible au Sud-Liban avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu avec le Hezbollah.

La journée de samedi a été la plus meurtrière pour Tsahal depuis le début du conflit, avec 24 morts. Parmi eux, Uri Grossman, fils d'un des Israéliens les plus connus, respectés et écoutés, et l'Etat hébreu en est bouleversé.

Dimanche matin, des amis et des proches en larmes avaient commencé à se rassembler chez les Grossman, à Mevasseret Tzion, dans la banlieue de Jérusalem, et l'information s'est rapidement transmise dans la ville. Mais l'armée a attendu pour annoncer la mort du jeune homme, le temps que ses proches à l'étranger aient été informés.

L'appel des trois intellectuels "colombes" a été lancé jeudi, au lendemain du feu vert donné par le cabinet de sécurité à cette offensive renforcée.

Comme la plupart des Israéliens, David Grossman avait soutenu la riposte israélienne après l'incursion du Hezbollah sur le sol de l'Etat hébreu le 12 juillet. Mais jeudi, il était intervenu dans le débat pour appeler à l'arrêt des combats et exhorter le gouvernement à accepter la proposition de Beyrouth de déployer l'armée libanaise au Sud-Liban, conjointement avec le renforcement de la FINUL.

"Cette solution est la victoire qu'Israël voulait", a-t-il alors déclaré, estimant que le renforcement de l'offensive risquait de faire chuter le gouvernement de Fouad Siniora et de renforcer le Hezbollah.

Né en Israël, d'un père qui avait fui les nazis, David Grossman est l'auteur acclamé de nombreux romans sur l'holocauste et sur l'injustice sociale et politique. Il a également écrit "Le Vent jaune", récit-reportage en Cisjordanie occupée, dans lequel il donnait la parole aux Palestiniens, chose rarissime en 1987, et qui déclencha scandale et émotion dans un Israël alors en pleine Intifada. "L'enfant zigzag" et "Tu seras mon couteau" sont parmi les derniers ouvrages de cet écrivain engagé qui ne cesse de prôner la réconciliation entre Israéliens et Palestiniens. Ses romans et essais politiques ont été traduits en 20 langues.

Il s'est joint jeudi à deux autres auteurs israéliens connus, Amos Oz et A.B. Yehoshua, pour exhorter le Premier ministre Ehud Olmert à privilégier la diplomatie plutôt que d'appliquer la décision de son cabinet de sécurité de renforcer l'offensive terrestre israélienne au Liban.

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