Israël: l'étau se resserre sur Olmert, confronté à une fronde de son parti

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   Israël: l'étau se resserre sur Olmert, confronté à une fronde de son parti
 
JERUSALEM, le 03/05/07- Le Premier ministre israélien Ehud Olmert, affaibli par un rapport accablant de sa gestion de la guerre au Liban, était confronté mercredi à une fronde de son parti dont l'une des principales figures, Tzipi Livni, l'a publiquement appelé à démissionner. Alors que M. Olmert se bat pour rester à son poste et à la tête du parti centriste Kadima, Mme Livni, la chef de la diplomatie jadis son alliée, a déjà annoncé son intention de briguer la présidence de cette formation.

"Je lui ai dit que la démission était la bonne mesure à prendre", a-t-elle dit dans une conférence de presse à Jérusalem, après une rencontre avec M. Olmert. La ministre est souvent présentée comme possible successeur à M. Olmert s'il venait à démissionner.

"Kadima doit élire une direction et quand le temps viendra je serai candidate", a ajouté Mme Livni, épargnée par le "rapport Winograd", publié lundi et qui a mis en cause M. Olmert dans l'échec de la gestion du conflit contre le Hezbollah au Liban (12 juillet-14 août 2006).

Mais M. Olmert a répété qu'il n'avait pas l'intention de partir, lors d'une réunion du groupe parlementaire de Kadima consacrée au rapport.

"Je ne suis pas dans la position la plus confortable mais j'ai plus de 60 ans et j'en ai vu d'autres dans ma vie et j'ai appris à ne pas me dérober face à mes responsabilités", a-t-il dit, cité par des sources parlementaires. Le chef du groupe parlementaire de Kadima, Avigdor Itzchaky, a annoncé qu'il quittait son poste pour protester contre le refus de M. Olmert de démissionner. Cependant, le vice-Premier ministre Shimon Peres a affirmé que M. Olmert avait "bénéficié d'un soutien sans précédent" lors de la réunion de Kadima. "C'est un grand jour pour Kadima qui sort uni et convaincu de sa force". Selon la radio militaire israélienne, seuls trois parlementaires, Avigdor Itzchaky, Marina Solodkin et Tzipi Livni, sur les 29 que compte le Kadima, se sont prononcés pour une démission de M. Olmert.

Un conseiller politique de M. Olmert, Tal Zilberstein, a affirmé à la télévision que Mme Livni "doit partir" après avoir désavoué le Premier ministre. Durant l'offensive israélienne qui a dévasté le Liban, Israël n'a ni réussi à briser l'appareil militaire du Hezbollah, ni pu empêcher les tirs de milliers de roquettes sur Israël, ni pu obtenir la libération de deux soldats capturés par le Hezbollah. Le Kadima a été créé en novembre 2005 par l'ancien Premier ministre Ariel Sharon, plongé dans le coma depuis plus d'un an. La charte du parti ne comporte pas de disposition prévoyant le limogeage de son chef, selon un haut responsable du Kadima.

Egalement mis en cause par le rapport, le ministre de la Défense Amir Peretz s'apprêterait aussi à démissionner, selon les médias. A Beyrouth, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a affirmé qu'il respectait Israël qui, dans le rapport Winograd "a reconnu sa défaite" face au parti chiite. "C'est la commission d'enquête désignée par Ehud Olmert, qui l'a condamné. Ceci est digne de respect". Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui a dit suivre la situation en Israël avec un "grand intérêt", a affirmé ne pas craindre un éventuel retour au pouvoir du faucon Benjamin Netanyahu si la crise politique devait se solder par des élections anticipées. "Notre position consiste à traiter avec le Premier ministre d'Israël quel qu'il soit", a-t-il dit. Le Parlement israélien se réunit jeudi à Jérusalem en session extraordinaire pour examiner la crise politique. Le même jour, à Tel-Aviv, une manifestation est organisée pour appeler M. Olmert à la démission.

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