George Bush se rend dans la forteresse de Massada en Israël

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bushmassada.jpgArticle paru dans "L'Express",le 15/05/08

Au deuxième jour de sa visite en Israël, qui commémore le soixantième anniversaire de la création de l'Etat juif, le président américain George Bush s'est rendu jeudi dans la forteresse de Massada, symbole national de l'esprit de résistance et de sacrifice.

Un téléphérique a conduit le président des Etats-Unis, accompagné du Premier ministre israélien Ehud Olmert, au sommet de ce plateau où, selon un chroniqueur du Ier siècle de notre ère, quelque 960 zélotes juifs, hommes, femmes et enfants, se sont suicidés vers l'an 70 plutôt que de se rendre aux troupes romaines qui les assiégeaient.

"Le courage et la bravoure de ceux qui se sont battus à Massada se retrouvent parmi les Israéliens aujourd'hui", a dit la porte-parole de Bush, Dana Perino.

L'antique forteresse avait été érigée à proximité de la mer Morte, dans une région désertique au sud de Jérusalem.

Bush s'y est rendu quelques heures avant que les Palestiniens ne commémorent la "Nakba", la "Catastrophe" de l'exil de quelque 700.000 des leurs dans les jours ayant suivi la proclamation de l'Etat d'Israël.

A Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, la vie s'est arrêtée pendant deux minutes en souvenir des réfugiés.

"Deux peuples vivent sur cette terre bien-aimée - l'un célèbre l'indépendance et l'autre se souvient avec souffrance de sa Nakba", a dit le président palestinien, Mahmoud Abbas, dans un discours. "Il est temps de mettre une terme à la Nakba du peuple palestinien", a-t-il ajouté.

"LARGE VUE D'ENSEMBLE"

Le président américain devait ensuite prononcer un discours devant les députés israéliens de la Knesset.

Le texte de son allocution, remis à l'avance aux journalistes, ne fait allusion qu'à une seule reprise aux Palestiniens et ne comporte aucune ligne sur l'espoir de Bush de parvenir à un accord de paix israélo-palestinien avant la fin de son second mandat à la Maison blanche, en janvier prochain.

Bush se projette en revanche dans sa vision du Moyen-Orient dans soixante ans, prédisant qu'Israël commémorera son 120e anniversaire "en étant l'une des plus grandes démocraties de la planète" et que les Palestiniens "auront la patrie dont ils ont longtemps rêvé et qu'ils méritaient".

Son porte-parole, Gordon Johndroe, a souligné que ce discours était "une large vue d'ensemble des 60 dernières années et des 60 prochaines années, pas un discours conçu pour entrer dans le détail".

Dana Perino, porte-parole de la Maison blanche, a noté elle que "rien n'avait changé" et que George Bush conservait l'espoir qu'un accord puisse être atteint avant son départ de la présidence.

L'IRAN NUCLÉAIRE ? "UNE TRAHISON IMPARDONNABLE"

Bush devrait aussi réserver à l'Iran, principal ennemi d'Israël dans la région, ses principales critiques.

"Autoriser le principal soutien mondial du terrorisme à posséder l'arme la plus mortelle de la planète serait une trahison impardonnable des générations futures", devrait-il notamment dire.

"L'Amérique se tient à vos côtés dans votre ferme opposition aux ambitions nucléaires militaires de l'Iran", devrait-il également redire aux députés de la Knesset.

Depuis leur relance officielle, en novembre dernier à la conférence internationale d'Annapolis, dans le Maryland, les négociations de paix israélo-palestiniennes n'ont guère donné lieu à des déclarations optimistes ni été marquées de signes tangibles d'avancée.

Elles se déroulent en outre dans un climat rendu difficile, côté israélien, par les menaces judiciaires pesant sur Ehud Olmert. Les appels à la démission du Premier ministre se sont multipliés en raison des soupçons de pots-de vin que lui aurait versé un financier américain.

Olmert nie, mais a annoncé qu'il démissionnerait s'il était inculpé.

Côté palestinien, la partition de fait entre la Cisjordanie, dirigée par le Fatah du président Mahmoud Abbas, et la bande de Gaza, que contrôlent les islamistes du Hamas depuis juin de l'année dernière, obère les efforts en faveur de la paix.

Le Hamas a par ailleurs appelé les Gazaouis à marcher jeudi sur le point de passage d'Erez, à la frontière avec Israël, pour forcer le bouclage de la bande de Gaza. La garnison israélienne en poste à Erez a été placée en alerte.

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