Et si Israël expulsait enfin l’ambassadeur de Lituanie ?

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Article paru dans "JSS"

Au lieu d’avoir honte de son passé, la Lituanie tente de réécrire son histoire, en pardonnant à ceux qui ont aidé les nazis à tuer des Juifs… Et en accusant les Juifs survivants de la Shoah d’être des criminels de guerre !

Le 30 août, le surintendant Tamar Bat Sharon et un autre enquêteur de la police israélienne se présentent au bureau de Joseph Melamed, en tant “qu’émissaires” du gouvernement lituanien, qui accuse Melamed de la mort de 9 soviétiques qui collaboraient avec les nazis. Ces derniers sont considérés dans leurs pays comme des héros.

Chiune Sugihara, Consul général du Japon à Kovno (aujourd’hui Kaunas), en Lituanie, qui émit en juillet-août 1940 plus de 2 000 visas de transit à des réfugiés juifs.

L’ancien avocat Melamed, âgé de 86 ans, est un survivant du ghetto de Kovno et un partisan qui s’est caché dans les forêts de Lituanie pour pouvoir survivre.

En 1999, il envoie au procureur général de Lituanie un document intitulé « La Lituanie : Crimes et Châtiments », qui contient une liste de milliers de noms de Lituaniens qui ont collaboré avec les nazis pour assassiner des Juifs pendant la Shoah. La liste est basée sur des témoignages recueillis par les survivants et par des témoins oculaires. Melamed exige que le procureur général lance enfin une enquête sur leurs crimes.

La Lituanie ne lève pas le petit doigt. Et, 12 ans plus tard, le gouvernement décide de réclamer la mise en demeure du résistant juif.

L’une des neuf personnes que Melamed aurait tuée, selon le gouvernement lituanien, est Juazas Luks’a, un officier de l’armée qui, en 1941, avait utilisé son arme pour scier la tête du Rabbin Zalman Osovsky qu’il avait ensuite fixée au bout de fusil, défilant ainsi à travers les rues.

Beaucoup de Lituaniens ont volontiers collaboré avec les nazis et les ont accueillis comme des libérateurs. En 1941, avant même que la “libération” arrive, les Lituaniens avaient commencé à massacrer leurs voisins juifs. La plupart des Juifs de Lituanie, environ 200.000, ont été exterminés pendant l’Holocauste. Beaucoup de leurs assassins étaient des Lituaniens. Ils n’avaient pas besoin d’encouragements nazis.

Miliciens lituaniens à Kovno raflant des Juifs au cours d’un des premiers pogroms. Kovno (aujourd'hui Kaunas), Lituanie, du 25 juin au 8 juillet 1941.

Au lieu d’avoir honte de son passé, la Lituanie tente aujourd’hui de réécrire son histoire. Elle accorde le pardon aux Lituaniens qui ont été jugés après la guerre dans les tribunaux soviétiques pour le crime de collaboration avec les nazis. Ils sont aujourd’hui des héros de la nation. En 2010, la Lituanie a même ré-autorisé l’utilisation de la croix gammée…

Le silence embarrassant d’Israël est interprété comme une faiblesse en Lituanie. Encouragée par l’absence de réponse israélienne, la Lituanie ne se contente pas seulement d’encourager ou de sanctifier les “patriotes”. Ces dernières années, il y a eu une escalade de la khutzpah lituanienne. Ils ont exigé d ‘Israël une enquête sur les survivants juifs de l’holocauste pour leurs « crimes de guerre ». Puis ils ont demandé l’extradition du Brigadier Général Yitzhak Arad : le recteur et président de Yad Vashem. Les Lituaniens affirment qu’il était un “partisan” et donc, qu’il a combattu contre les nazis. Tout un crime !

Au lieu de répondre fermement et de dire aux Lituaniens d’aller se faire voir chez leurs amis les Turcs, le ministère israélien de la Justice a simplement rejeté la demande préférant expliquer d’un défaut dans la méthode de soumission de la demande.

Alors les Lituaniens ont répété la manœuvre, mais de manière à satisfaire l’administration israélienne, accusant de “crimes de guerre” deux rescapées de la Shoah… Si elles n’ont pas été expulsées, aucune condamnation israélienne n’a été publiée.

Il s’avère que dans le cas de Melamed il n’y avait aucune coordination entre la police israélienne et le ministère de la Justice. Il est surprenant que la police israélienne, qui étudie habituellement si lentement les dossiers, se soit empressée d’agir sur ce dossier. Mais encore plus troublant est le silence assourdissant du gouvernement israélien. Le temps est venu pour le gouvernement d’arrêter de faire semblant. Une fois pour toute : faisons cesser l’audace lituanienne.

Il est temps de déclarer l’ambassadeur de Lituanie en Israël persona non grata, ou au moins d’abaisser le niveau des relations diplomatiques…

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