A Jérusalem, un candidat qui sent le soufre

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Trois fois sainte, Jérusalem fait l'objet de toutes les convoitises. Aux élections municipales qui se déroulent mardi 11 novembre en Israël, trois candidats vont se disputer le poste de maire de cette ville fracturée par des frontières invisibles. Avant même le scrutin, l'un d'eux remporte sans conteste la palme du candidat le plus atypique: Arkadi Gaydamak, homme d'affaires sulfureux, actuellement jugé par défaut à Paris dans la cadre de "l'Angolagate", une sombre affaire politico-financière de trafic d'armes.

Riche d'un énorme pactole, Arkadi Gaydamak mise à fond sur la minorité arabe, qui représente un tiers des 750.000 habitants. Détail important: ces Palestiniens de Jérusalem disposent du droit de vote aux municipales, mais pas aux législatives. Pour les séduire, Arkadi Gaydamak n'a pas lésiné sur les moyens. Il s'est mis en scène sur d'énormes placards publicitaires, où il se présente comme un "homme d'affaires d'origine russe". Très agressif, il proclame que ses deux concurrents ont des "idées racistes", sans oublier de faire miroiter des projets immobiliers et de rénovation dans les quartiers arabes, très négligés par rapport au reste de la ville.

Arkadi Gaydamak a également rencontré secrètement le mufti de Jérusalem, multiplié les entretiens avec divers dignitaires arabes, assisté à un match de football au côté du Premier ministre palestinien Salam Fayad et semé à tour de bras les promesses d'aide. Selon les commentateurs, seule une percée parmi les Palestiniens pourrait lui permettre d'obtenir un score honorable. Du côté juif, en effet, il est crédité de moins de 10% des voix; il n'a pourtant pas, là non plus, lésiné sur les moyens en s'offrant par exemple le Betar Jérusalem. Etrange paradoxe: les supporters de cette équipe de football championne d'Israël sont connus pour leur comportement raciste anti-arabe.

Gaydamak n'a pas convaincu l'Autorité palestinienne

L'OPA lancée par Gaydamak sur le vote arabe est cependant loin d'être gagnée d'avance. Lors des précédentes municipales, plus de 90% des électeurs palestiniens ont boycotté le scrutin pour ne pas cautionner l'annexion par l'Etat hébreu de la partie arabe de la ville, où une douzaine de quartiers juifs ont été créés. Malgré tous ses efforts, Arkadi Gaydamak n'est pas parvenu à convaincre l'Autorité palestinienne, qui a appelé la population à s'abstenir à nouveau. Si ce mot d'ordre est suivi, le "millionnaire d'origine russe" va droit dans le mur. Seule certitude: ses adversaires ne lui disputent pas le soutien des Palestiniens.

Ils participent à une autre bataille tout aussi acharnée, mais plus classique, opposant laïcs et religieux. D'un côté, le rabbin Meïr Porush tente de succéder à un autre ultra-orthodoxe, le maire sortant Ouri Lupolianski. Avec sa longue barbe et son ton de prophète, cet homme en noir fait peur. Les laïcs et une partie des juifs religieux modérés redoutent qu'il impose une sorte de "dictature" des ultra-orthodoxes sur la ville. Son opposant Nir Barak, donné légèrement favori par les sondages, symbolise "l'autre Israël". Il a fait fortune à la tête d'une entreprise de haute technologie et tente d'incarner un pays à la pointe du progrès mais qui n'a pas oublié ses racines. Pour l'emporter dans cette ville très conservatrice, les deux hommes ont fait assaut de déclarations ultra nationalistes et promis à tour de bras des logements pour les familles juives dans la partie arabe de Jérusalem.

Pour compléter le tableau, Dan Biron, un joueur d'accordéon aux allures de vieux bohème, se présente également avec, pour cheval de bataille, la légalisation de la marijuna. Histoire, sans doute, d'alléger quelque peu l'atmosphère.

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