Israël vers un choc théocratique : l’orthodoxie en passe de devenir loi d’État

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Israël vers un choc théocratique : l’orthodoxie en passe de devenir loi d’État

Vers une métamorphose religieuse imposée ?

Nouvelle loi religieuse : la manœuvre législative qui ébranle Israël

Une proposition de loi controversée — élaborée par des députés du Likoud en coordination avec les factions ultra‑orthodoxes — provoque une onde de choc au sein du système judiciaire et dans la société civile.
Elle ambitionne de conférer un statut constitutionnel contraignant à certaines expressions religieuses orthodoxes dans l’espace public. Ses articles les plus radicaux menacent de bouleverser l’équilibre entre laïcité et identité juive de l’État. 

Selon cette initiative, sera inscrit dans la loi un « libre exercice religieux juif absolu » dans l’espace public. Toute entrave à une expression religieuse orthodoxe — telle que la prière dans la rue ou le port de tefilin — deviendrait un délit pénal.
Par ailleurs, chaque institution publique serait tenue d’apposer une mezouzah à ses entrées ; quiconque s’y refuserait pourrait être assigné en justice. 

Un des textes les plus explosives oblige les juges à passer un « examen religieux » pour pouvoir juger les affaires liées à cette nouvelle législation. Ceux qui échoueront se verront interdits de siéger dans les dossiers concernés ou de bénéficier d’une promotion. 

Avant même l’adoption de règlements spécifiques, le Grand Rabbinat deviendrait la juridiction unique compétente pour instruire les litiges liés à ce texte, ce qui fragiliserait le principe de séparation des pouvoirs. Autre volet controversé : une disposition confierait au Grand Rabbinat l’autorité exclusive pour définir la halakha ; seules les interprétations orthodoxes seraient reconnues. Résultat : l’État ne reconnaîtrait légalement que la tradition orthodoxe — ni réformés, ni conservateurs ne seraient considérés. 

En coulisses, c’est l’institut de recherche de droite « Merkez Yachin » qui orchestre cette démarche. La députée Galit Distel‑Atbaryan (Likoud) en est l’émissaire officielle.

Le projet vise un vote lors de la session parlementaire d’hiver à venir. Mais malgré l’opposition farouche de la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav‑Meyara, les promoteurs défendent leur texte comme « un ajustement indispensable pour préserver l’identité juive du pays ». 

Réaction virulente de l’opposition : vers un appel à la désobéissance légale ?

« Chez moi, bien sûr, il y a une mezouzah. Et aussi dans mon bureau. Mais je n’ai jamais pensé qu’il puisse exister une autre possibilité — jusqu’à ce que je voie cette coalition folle vouloir imposer la pose de mezouzot par la loi.
Le seul résultat possible sera que les gens cesseront de le faire », a déclaré Yair Lapid, chef de l’opposition.

Il poursuit : « Personne n’est prêt à ce qu’on lui impose l’accomplissement d’une mitsvah. Ni non plus qu’on lui impose de croire. Si la religion a besoin de l’État pour se faire respecter, c’est qu’en vérité son message spirituel est si déficient qu’elle recourt à la contrainte. Ce que la mezouzah proclame commence par “Tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur…”, jamais “ou paie une amende”. Cette loi n’honore pas l’État — mais par-dessus tout, elle n’honore pas Dieu. » 

Rabbi Shaul Farber, président et fondateur de l’organisation Atim, s’insurge : « En tant que rabbin et chef de communauté, je suis attristé de voir une proposition de loi aussi aberrante. En Israël, aucun doute : l’espace public est déjà juif. Tout effort pour imposer des rituels religieux là où il existe déjà des lieux dédiés nuira à la stature du judaïsme, menacera les synagogues et, surtout, creusera la fracture nationale. Une proposition aussi absurde ne mérite même pas d’être discutée — je demande aux initiateurs d’y renoncer. » 

 

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