Israël: Le scandale continue pour les olim diplômés !

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les diplômes toujours pas reconnus en Israël

Pour les olim diplômés, le scandale continue ! Par Norbert Cohen

C'est la galère. Un scandale qui dure depuis trop longtemps. Les gouvernements israéliens successifs ne cessent de promettre des allégements dans les procédures permettant aux professionnels originaires de France de travailler après leur alya, par le biais d'un serpent de mer : la fameuse reconnaissance des diplômes.

Or, rien ne bouge, à quelques exceptions près.

Ainsi, il a fallu que Meyer Habib, député UDI (centre-droit) représentant au Palais-Bourbon les Français installés en Israël, tape du poing sur la table cet hiver pour que les dentistes puissent enfin exercer leur métier dans l'Etat juif sans freins ni conditions exorbitantes.

L'élu, pourtant proche de Benjamin Netanyahou, a exprimé sa colère en menaçant de recommander carrément... l'arrêt temporaire de l'alya.

Meyer Habib député UDI représentant des Français qui vivent en Israël

Meyer Habib député UDI représentant des Français qui vivent en Israël

Un coup de gueule lié au lobbying de David Tibi, militant sioniste de toujours, qui a expliqué sur la Toile qu'en tant que dentiste et père de famille, il ne pouvait rester en Israël dans le contexte absurde qu'il subissait. Du coup, la Knesset a préparé à la hâte une loi facilitant l'intégration des membres de cette profession médicale.

Mais pour les autres... ?

Il faut être clair : c'est parfois l'enfer. Les témoignages d'olim qui renoncent à leur rêve et retournent dans l'Hexagone, le coeur meurtri et la bourse vide, sont légion. Raison invoquée : les obstacles administratifs insurmontables et ubuesques les empêchant de reprendre l'activité qu'ils exerçaient en France, après de longues études dans la plupart des cas.

Pour les olim diplômés, la première difficulté tient à la multiplicité des interlocuteurs (chaque ministère de tutelle, chaque université a sa propre politique) et la confusion législative.

La seconde est la paperasserie : pour la moindre formalité, il faut des dizaines de documents - avec traduction... notariée, donc tarifée, ou qui nécessitent une démarche physique sur le sol français, autrement dit un aller et retour contraignant.

La troisième est le nombre considérable de métiers qui imposent une équivalence, soit un parcours du combattant sans garantie de succès.

Voici quelques exemples : les psychologues, orthophonistes, diététiciens, assureurs, agents immobiliers, avocats... et même chauffeurs, opticiens ou électriciens (!) français sont réputés incompétents pour travailler en Israël sans une procédure rébarbative de mise à niveau.

Les médecins généralistes s'en sortent plutôt mieux qu'auparavant, mais de nombreux spécialistes se heurtent à des entraves qui ressemblent à de l'obstruction, dont l'origine n'est pas seulement bureaucratique : dans le secteur de la santé, le corporatisme est tel que les professionnels ayant étudié en Israël font tout pour sauvegarder leurs privilèges et un numerus clausus officieux mais réel.

Ce corporatisme est presque aussi handicapant dans l'informatique, selon certaines sources. De surcroît, il existe des qualifications non reconnues du tout. Par exemple, un kinésithérapeute doit recommencer son cursus depuis le début ou changer de métier !

Pour quel motif ? Mystère. La quatrième difficulté est la barrière de la langue : les autorités vous obligent parfois à maîtriser parfaitement l'hébreu avant d'exercer, dans des domaines où cette perfection est absolument injustifiée.

Enfin, les systèmes universitaires israélien et français sont très dissemblables. L'Etat juif ne connaît ni la maîtrise, ni le BTS (ils n'ont ici aucune valeur), ni... les grandes écoles.

Etre diplômé d'HEC ne vous ouvrira pas les mêmes portes qu'à Paris ou Marseille. Les Israéliens, comme les Américains, privilégient l'expérience. C'est une vision positive et dynamique des choses, mais qui peut se révéler humiliante pour un jeune olé sorti de Polytechnique ne trouvant aucun emploi à sa mesure.

Pour Meyer Habib et les associations de défense des olim (il y a même, désormais, un embryon de « lobby français » à la Knesset), il est urgent de placer le gouvernement face à ses responsabilités : après des promesses à répétition, la nomination de commissions ad hoc et des rapports non suivis d'effets, le temps de l'action est venu.

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