Israël: Boaz Bismuth nommé pour imposer la loi sur la conscription des Haredim

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Israël: Boaz Bismuth nommé pour imposer la loi sur la conscription des Haredim

Boaz Bismuth, nouvelle figure à la tête de la commission des Affaires étrangères et de la Défense

Un début de mandat sous le signe de la force et du symbole

À peine vingt-quatre heures après sa nomination à la présidence de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le député du Likoud Boaz Bismuth a été vu dans un décor pour le moins inattendu : une salle de sport.
Aux côtés de son ami Yinon Magal, animateur de l’émission Les Patriotes, il s’exerçait à soulever des poids, tandis que Magal arborait un t-shirt frappé du slogan « Victoire totale ». La scène, immortalisée en photo et publiée sur la plateforme X, était accompagnée d’un message clair : « Ensemble, nous vaincrons. »

Entre tradition et puissance militaire

Hier soir, dans la foulée de sa nomination, Boaz Bismuth a livré sur X sa première déclaration officielle. « Le lien entre la tradition ancestrale et l’étude de la Torah, d’une part, et l’État et Tsahal, sa force protectrice, d’autre part, est un lien gagnant. Nous devons trouver l’équilibre pour parvenir à une solution historique qui nous ouvrira une nouvelle voie », a-t-il affirmé, traçant les lignes directrices de son mandat.

Selon notre correspondant à la Knesset, Avraham Hasson, Bismuth devait dès aujourd’hui rencontrer les organisations de réservistes afin d’accélérer l’adoption de la loi sur la conscription, un dossier que son prédécesseur n’a pas réussi à débloquer.

Un renversement spectaculaire à la Knesset

Cette nomination survient au terme d’un épisode parlementaire tendu. La veille, après un débat houleux de plusieurs heures, la commission de la Knesset avait voté à dix voix contre quatre la destitution de Yuli Edelstein, figure historique du Likoud, de la présidence de la commission des Affaires étrangères et de la Défense.

Au cœur de la discorde : la loi sur la conscription, enjeu brûlant qui divise profondément la coalition. Edelstein, malgré des semaines de tractations, n’est pas parvenu à proposer un compromis acceptable pour les partis ultra-orthodoxes. Cette impasse a provoqué une rupture politique nette entre lui et ses alliés Haredi, menant à sa mise à l’écart.

Une mission à haut risque

En succédant à Edelstein, Boaz Bismuth hérite d’un dossier explosif et d’attentes considérables. Sa promesse : « trouver un équilibre » entre les impératifs sécuritaires et les exigences du monde religieux, afin de formuler un texte consensuel qui puisse enfin franchir l’étape parlementaire.

La symbolique de son apparition publique aux côtés de Yinon Magal, dans un contexte de crispation politique et sociale, ne doit rien au hasard. Elle illustre la ligne qu’il entend défendre : force, unité et détermination, au service d’un objectif présenté comme vital pour l’avenir du pays.

Boaz Bismuth, personnage central à la tête de la commission des Affaires étrangères et de la Défense

Profil d’un député francophone aux multiples casquettes

Né le 25 novembre 1964 à Rehovot, Boaz Bismuth est issu d’une famille tunisienne juive. Il a été éduqué dans des établissements catholiques à Jaffa, avant d’obtenir une licence en sciences politiques à l’Université Bar‑Ilan et un master de l’Université de la Sorbonne ; il a également étudié les relations diplomatiques et les affaires africaines  .

Il débute sa carrière journalistique en 1983 comme correspondant sportif pour le quotidien Maariv, puis devient correspondant à Paris pour Yedioth Ahronoth entre 1990 et 2004, profitant de son passeport français pour couvrir des pays généralement interdits aux ressortissants israéliens  . Nommé ambassadeur d’Israël en Mauritanie de 2004 à 2008, il a vécu des épisodes de turbulence diplomatique, notamment une attaque contre l’ambassade qu’il dirigeait  .

De retour en Israël, il rejoint Israel Hayom comme rédacteur en chef des affaires étrangères, puis en prend la direction générale d’avril 2017 à janvier 2022  . Il entre en politique en 2022, se classant 19ᵉ sur la liste du Likoud pour les élections législatives, qui lui vaut un siège à la Knesset  .

Depuis 2023, il représente Israël à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, où il plaide souvent pour la libération des otages détenus à Gaza  . Début 2024, il pilote l’adoption d’une loi interdisant les activités de l’UNRWA en Israël, après des accusations d’implication de certains de ses employés dans des opérations terroristes  .

Un nouveau président aux défis cruciaux

Une ascension à la faveur d’un vote sans appel

Le 23 juillet 2025, 29 députés du Likoud ont voté en faveur de Boaz Bismuth contre 4 voix pour l’ancien président Yuli Edelstein, marquant ainsi un soutien massif du parti et du Premier ministre Benjamin Netanyahu  . Ce vote s’inscrit dans un contexte où les partis ultra‑orthodoxes avaient menacé de quitter la coalition en raison du blocage du projet de loi sur la conscription  .

Le jour suivant, la commission de la Knesset a officiellement voté l’éviction d’Edelstein (10 voix contre 4) et curieusement investi Bismuth à sa place, actant ainsi l’entrée en force d’un nouveau leadership  .

Une mission politique au cœur du débat sur la conscription

Bismuth hérite d’un dossier explosif : faire adopter une loi sur la conscription des Haredim, un enjeu qui divise la coalition depuis des mois. Son prédécesseur n’a pas su proposer un texte compatible avec les exigences ultra‑orthodoxes, provoquant une rupture au sein du bloc  .

Lui-même affiche une vision synthétique : « La Torah m’a amené ici, et l’armée me retient ici. … Ma fille, soldate avec un béret rouge, et mon fils avec des tzitzit et une kippa qui étudie à la yeshiva », une réalité personnelle qu’il présente comme illustration du pont possible entre tradition religieuse et service national  .

Bien qu’il doive composer avec les partis Haredi, il a promis une approche équilibrée : « trouver une solution historique », maintenir la légitimité de l’armée et préserver la cohésion nationale.

Contexte et perspectives

Le soutien explicite de Netanyahu à sa nomination et l’unanimité quasi totale de la faction Likoud témoignent de la confiance accordée à Bismuth comme acteur clé de stabilisation politique. Sa nomination est perçue comme un choix de rupture, destiné à débloquer un dossier législatif paralysé et réaffirmer la détermination de la coalition à faire passer le texte sur la conscription  .

Opposants et figures de l’opposition dénoncent une « victime des pressions ultra‑orthodoxes », craignant que cette nomination sacrifie la sécurité nationale à des concessions communautaires  . Malgré cela, Bismuth semble décidé à peser sur le calendrier législatif, en s’appuyant sur son expérience diplomatique, médiatique et politique imposante.

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