Guerre judiciaire contre Israël : plainte déposée contre un soldat en séjour à Prague

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Guerre judiciaire contre Israël : plainte déposée contre un soldat en séjour à Prague

Une ONG belge dépose une plainte pénale contre un soldat israélien en République tchèque

La Fondation Hind Rajab a annoncé, vendredi 2 janvier 2026, avoir saisi les autorités judiciaires tchèques d’une plainte pénale visant un soldat des Forces de défense israéliennes (Tsahal). La plainte, déposée auprès du bureau du procureur général de Prague, l’accuse d’actes constitutifs de crimes de guerre, de persécution et de génocide, allégués avoir été commis lors de l’offensive israélienne à Gaza. 

Identification du soldat et contexte de la plainte

La plainte vise Hagay Monsonego, soldat de l’armée israélienne, actuellement en visite privée à Prague. Selon la HRF, il aurait été déployé à Gaza entre décembre 2023 et novembre 2025, période durant laquelle l’armée israélienne a mené des opérations intensives dans l’enclave palestinienne après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. 

La plainte affirme que Monsonego, en tant que membre du 424e bataillon « Shaked » de la brigade Guivati, aurait participé à des opérations liées notamment au siège et à la démolition du complexe médical Al-Shifa, le plus grand hôpital de Gaza, utilisé par les autorités israéliennes comme cible stratégique contre des infrastructures supposées servir de bases à des combattants du Hamas. 

Accusations précises portées par la plainte

La HRF prétend que les actions reprochées à Monsonego s’inscrivent dans une série d’actes graves commis à Gaza :

Attaques contre des installations médicales protégées ;

Siège de civils, patients et personnel soignant ;

Détentions massives et mauvais traitements de civils palestiniens ;

Utilisation de tactiques humiliantes et dégradantes lors d’arrestations. 

La plainte invoque à cet égard la compétence universelle du droit tchèque, selon laquelle les autorités judiciaires sont tenues, en vertu du droit international et du code pénal national, d’enquêter lorsque des crimes graves tels que génocide et crimes de guerre sont suspectés sur leur territoire. 

Un tournant dans la stratégie judiciaire de la HRF

Pour la Hind Rajab Foundation, cette plainte est la troisième déposée en République tchèque contre des soldats israéliens depuis plusieurs mois. L’organisation affirme qu’elle marque un passage d’un test de théorie juridique à un test de mise en pratique par les États des obligations découlant du droit international. 

Dyab Abou Jahjah, directeur général de la HRF, a insisté : « Les États qui prétendent être gouvernés par l’état de droit doivent le prouver en pratique. S’engager sérieusement dans ces dossiers n’est pas un choix politique mais une obligation juridique et morale. » 

Origine, objectifs et antécédents de la Fondation Hind Rajab

La Fondation Hind Rajab (HRF), établie à Bruxelles en 2024, est une organisation non gouvernementale qui se donne pour mission de mettre fin à ce qu’elle qualifie d’impunité israélienne pour des crimes commis contre des civils palestiniens, en particulier dans la bande de Gaza. Elle porte le nom de Hind Rajab, une fillette gazaouie de cinq ou six ans tuée lors d’une offensive israélienne en janvier 2024, dont la mort est devenue un symbole pour les mouvements pro-palestiniens internationaux. 

Depuis sa création, la HRF a multiplié les actions judiciaires dans le monde : à l’International Criminal Court (CPI), où elle a déposé des plaintes contre des responsables militaires et politiques israéliens, et dans plusieurs pays en Europe, en Amérique latine et ailleurs, déposant plaintes et demandes d’arrestation contre des soldats israéliens pour génocide, crimes de guerre ou crimes contre l’humanité présumés. 

Réaction de l’État israélien et précédents similaires

Israël, qui nie catégoriquement avoir commis des crimes de guerre ou un génocide à Gaza, considère ces démarches comme politiques et potentiellement dangereuses pour la sécurité de ses citoyens. Des cas antérieurs montrent que des soldats israéliens ont dû abandonner des voyages à l’étranger après des plaintes de la HRF, notamment au Brésil en janvier 2025, où un militaire en vacances a quitté le pays pour éviter une éventuelle arrestation sur la base d’accusations similaires. 

Jusqu’à présent, malgré ces dépôts de plainte et parfois des arrestations temporaires de soldats en Europe, aucune des actions initiées par la HRF n’a abouti à une condamnation pour crimes de guerre ou génocide. 

Défis juridiques et contexte international

Ce type de plainte engage des débats sensibles autour de la compétence universelle et de l’application du droit international aux membres des forces armées étrangères en visite dans un pays tiers. Les États qui reconnaissent cette compétence font face à un dilemme : soit ouvrir des enquêtes judiciaires complexes, soit risquer des critiques pour protéger de fait des individus potentiellement impliqués dans des violations graves. 

Pour l’heure, les autorités tchèques n’ont pas encore réagi publiquement à la plainte déposée à Prague. Les prochains jours pourraient être déterminants pour savoir si le dossier sera suivi d’une enquête officielle ou classé sans suite. 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi