Georges Loinger : il est mort à 108 ans et a sauvé des centaines d'enfants juifs

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Mort du résistant Georges Loinger, qui avait sauvé des centaines d'enfants juifs

Il était âgé de 108 ans.

Mort du résistant Georges Loinger, qui avait sauvé des centaines d'enfants juifs (Photo prise en 2005).

JACQUES DEMARTHON / AFP

DÉCÈS - Le grand résistant juif Georges Loinger, qui avait sauvé des centaines d'enfants juifs pendant l'Occupation en France, est décédé vendredi 28 décembre à l'âge de 108 ans, a annoncé la Fondation pour la mémoire de la Shoah sur son site, ce samedi 29 décembre.

"Ancien résistant durant la Seconde Guerre mondiale, Georges Loinger nous a quittés vendredi 28 décembre à l'âge de 108 ans. Avec lui s'éteint un homme d'exception dont les combats resteront dans les mémoires", écrit la Fondation dans un bref communiqué.

Georges Loinger, né à Strasbourg en août 1910, commandeur de la Légion d'honneur, titulaire de la médaille de la Résistance et de la Croix de Guerre, a présidé l'Association de la Résistance juive de France (ARJF). En 1940, alors qu'il est prisonnier de guerre en Bavière, il reçoit une lettre de son épouse qui dirige une maison abritant 125 enfants juifs allemands, dont les parents avaient été arrêtés en 1938 en Allemagne. Il s'évade et rejoint La Bourboule (Puy-de-Dôme) en zone libre où elle s'est repliée avec les enfants. Comme ils risquent d'être arrêtés, le couple les sauve en les dispersant, d'abord dans des maisons de l'Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE) puis dans des familles ou institutions chrétiennes ou laïques.

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Il estimait avoir fait simplement "ce qu'il avait à faire"

Par la suite, Georges Loinger fera passer quelque 350 enfants juifs en Suisse, via Annemasse. Certains convois connaîtront des fins tragiques. Il fait partie du réseau Garel entre 1942 et 1944. Il choisit avec ses compagnons de résistance le nom d'"Organisation juive de combat" : "Fin 1943, lors d'un parachutage d'armes de Londres, nous avons trouvé dedans un paquet avec un livre qui racontait la révolte du ghetto de Varsovie", avait-il confié à l'AFP. Après la guerre, il œuvrera pour faciliter le passage des rescapés du nazisme en Palestine et jouera un grand rôle dans l'affaire de l'Exodus lorsqu'il fera escale en France.

Celui qui était le doyen de la Résistance juive en France a aussi participé à la création de "la Fraternité d'Abraham" qui prône le rapprochement des trois religions monothéistes. Interrogé en 2005, alors qu'il recevait les insignes de commandeur de la Légion d'honneur, il avait répondu qu'il estimait avoir fait simplement "ce qu'il avait à faire". Il a écrit plusieurs livres racontant son expérience, notamment : Les Résistances juives pendant l'occupation; L'odyssée d'un résistant : témoignage d'un centenaire, enfant d'Alsace.

Le président de l'Union des Étudiants juifs de France (UEJF) a réagi sur Twitter.

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