Émeutes en France : l'intifada à la française est-elle en marche ? LFI les pros du chaos

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Émeutes en France : l'intifada à la française est-elle en marche ? LFI les pros du chaos

La France a franchi un seuil le 17 octobre 2026. Une mairie réduite en cendres, des hôtels de ville forcés, des préfectures attaquées, des rues entières pillées : ce qui avait commencé comme une colère lycéenne ressemble désormais à un soulèvement contre l'État lui-même. Le mot intifada, longtemps réservé au Proche-Orient, s'impose dans la presse.

Par Claudine Douillet

Du blocus lycéen à la guérilla urbaine

Tout est parti des lycées. Fin septembre, il s'agissait d'une protestation contre le sous-financement des établissements scolaires, avant que le mouvement ne dégénère en violences. En trois semaines, la mécanique s'est emballée. Le 14 octobre, le bilan du Premier ministre faisait état de 937 blessés parmi les forces de l'ordre, ainsi que de 248 élèves et 149 membres du personnel éducatif. Ces chiffres ne décrivent plus une manifestation. Ils décrivent un front.

La date du 17 octobre n'est pas née dans les lycées. Elle est apparue sur les réseaux sociaux avant même la contestation lycéenne, dans une vidéo TikTok du 8 septembre vue 3 millions de fois, puis relayée par des comptes proches des Gilets jaunes pour dénoncer la hausse des carburants et le coût de la vie. La convergence était annoncée. Elle a eu lieu.

Samedi 17 octobre, la République frappée dans ses symboles

Environ 800 000 personnes selon les syndicats, 550 000 selon les autorités, ont défilé. Puis la nuit est tombée sur les institutions. L'hôtel de ville de Limoges, incendié, est en grande partie perdu. À Marseille, plusieurs dizaines de manifestants ont enfoncé la porte de la mairie et envahi le hall en criant « c'est la Révolution ! ». À Lille, une partie des locaux de la mairie a été saccagée. À Lyon, les forces de l'ordre ont dû intervenir vers 20 heures pour stopper le pillage des rues commerçantes de la Presqu'île. À Paris, le maire Emmanuel Grégoire a décrit des rues entières méthodiquement ravagées.

Le bilan national est sans appel : 1 200 interpellations et 150 policiers et gendarmes blessés. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a parlé d'un point de non-retour.

Les cibles ne doivent rien au hasard. Mairies, préfectures, commissariats, et même un média : le siège parisien de CNews et d'Europe 1 a été visé dès le matin par une centaine de personnes. On ne pille pas une rédaction pour manger. On l'attaque pour faire taire.

Une violence organisée, pas une colère spontanée

La thèse de l'explosion sociale ne résiste pas aux faits. Le ministère de l'Intérieur lui même décrit un mouvement qui se traduit par une très forte mobilisation de la mouvance ultragauche, et la préfecture de police évoque des black blocs de plusieurs centaines d'individus constitués autour de l'ultragauche. Laurent Nuñez ajoute que des délinquants d'opportunité en ont profité pour s'en prendre aux commerces et les piller.

Le Journal du Dimanche décrit sur le terrain une véritable division du travail : lanceurs de pavés, tireurs de mortiers, casseurs de vitrines et incendiaires se relayant contre les forces de l'ordre. Le Figaro parle de scènes de guérilla urbaine et de pillages à la chaîne. Une division du travail suppose une organisation. Une organisation suppose des chefs.

Pourquoi le mot intifada n'est plus tabou

Le terme choque. Il s'impose pourtant à des observateurs qui n'ont rien d'excités. À Londres, le magazine Spiked a titré que ce n'est pas une manifestation étudiante mais une intifada contre la France, en décrivant des adolescents qui brûlent des écoles, agressent des policiers et glorifient des terroristes islamistes. Dans le New York Post, Brendan O'Neill parle d'une intifada au cœur de l'Europe. Même le président américain a affirmé, selon Le Figaro, que l'islam et une immigration massive hors de contrôle étaient à l'origine du mouvement lycéen.

Le parallèle tient à la forme autant qu'au fond : une jeunesse en première ligne, des pierres contre l'uniforme, des institutions désignées comme ennemies, des images pensées pour circuler dans le monde entier. Et en arrière plan, une génération biberonnée depuis le 7 octobre 2023 aux appels à « l'intifada dans Paris », slogan qui a déjà valu une condamnation à un militant pour avoir appelé à une intifada à Paris, dans les banlieues et dans les quartiers.

Des casseurs venus d'ailleurs ? La question que l'État refuse de trancher

Beaucoup de Français posent la question : qui sont vraiment ces émeutiers ? À ce jour, le gouvernement n'a publié aucune donnée sur la nationalité ou l'origine des personnes interpellées. Ce silence nourrit le soupçon. Le précédent de 2023 est connu : une mission d'inspection conclut que les émeutiers condamnés après la mort de Nahel avaient essentiellement agi par opportunisme et seraient majoritairement issus de l'immigration, principalement du Maghreb ou d'Afrique subsaharienne. Issus de l'immigration ne signifie pas étrangers. Mais la question mérite une réponse chiffrée, et les Français y ont droit.

Qui finance, qui coordonne ?

Aucune preuve publique ne démontre à ce stade que des casseurs soient payés ou envoyés depuis l'étranger. Mais trois faits interrogent. La date a été lancée sur TikTok, réseau sous contrôle chinois. Les cortèges violents se forment simultanément dans plus de vingt villes. Et la France dispose d'un service, VIGINUM, dont la mission est précisément de détecter les manipulations de l'information venues de l'étranger visant à déstabiliser l'État. Il n'a rien dit publiquement sur ce mouvement. Après les violences de 2023, l'Assemblée nationale avait ouvert une commission d'enquête sur la structuration et le financement des groupuscules violents. La même exigence s'impose aujourd'hui.

Ce que répondent ceux qui refusent le mot

Le débat existe et il faut l'entendre. À gauche, selon Le Figaro, le pourrissement de la mobilisation est surtout imputé à une doctrine de maintien de l'ordre jugée violente.
La colère sociale est réelle : le prix de l'essence a plus que doublé depuis 2019, certaines stations dépassant 2,50 euros le litre.

L’ultragauche à la manœuvre, LFI en couverture

Le ministère de l’Intérieur ne laisse aucune place au doute. Avant même le départ du cortège parisien, plusieurs centaines d’individus violents, essentiellement issus de l’ultragauche, se sont attaqués directement aux forces de l’ordre à coups de pierres et de projectiles. L’entourage de Laurent Nuñez avait prévenu : cette mouvance ne cherche qu’à créer le désordre, et la probabilité qu’elle fasse dégénérer les cortèges était très forte. Elle l’a fait.

Face à cela, la gauche radicale accuse la police. Le Figaro rapporte que, pour elle, le pourrissement de la mobilisation est surtout la faute d’une doctrine de maintien de l’ordre jugée violente. Marine Tondelier se dit excédée par cette doctrine, pas par les mairies en feu. Quant à La France insoumise, elle apporte un soutien appuyé au mouvement : Jean-Luc Mélenchon appelle ses militants à se mobiliser devant les lycées, et certains élus dénoncent d’abord la répression policière. Les mots de prudence pèsent peu face aux actes.

Sébastien Lecornu a tranché en s’adressant directement à LFI : entre les forces de l’ordre et les casseurs, il faut choisir son camp. Marine Le Pen accuse l’extrême gauche d’avoir une nouvelle fois pris en otage les revendications sociales légitimes. Car c’est là le cœur du scandale : la colère réelle des Français, ceux qui paient l’essence à plus de 2,50 euros le litre, a été confisquée par des professionnels du chaos qui n’ont que faire du pouvoir d’achat.

 

Le 17 octobre, un avertissement pour la République

Le 17 octobre 2026 laisse derrière lui des bâtiments endommagés, des commerces pillés, des policiers blessés et des questions encore ouvertes sur la préparation des violences.
Il serait prématuré d’affirmer que toutes les attaques relevaient d’un plan coordonné ou qu’une puissance étrangère aurait tiré les ficelles. Il serait tout aussi irresponsable de renoncer à enquêter sur les réseaux, les méthodes et les éventuelles responsabilités qui ont rendu ces débordements possibles.

Les autorités doivent établir les faits, les partis politiques répondre de leurs déclarations et la justice identifier les auteurs. Les citoyens, eux, doivent pouvoir comprendre ce qui s’est passé sans que les faits soient noyés dans la bataille des récits.
La colère sociale peut être entendue. La violence contre les institutions ne peut devenir une méthode politique ordinaire.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la question dépasse le seul bilan d’une journée : la République saura-t-elle protéger le droit de manifester tout en empêchant que ses institutions deviennent les cibles de groupes déterminés à imposer leur loi dans la rue ?

Est-ce la fin de la France ?

Ni la colère des lycéens ni celle des automobilistes ne justifient qu'on brûle une mairie avec des agents à l'intérieur. Quand les symboles de l'État tombent un à un, quand les pillages se répètent selon une même tactique de Paris à Lyon, quand l'ennemi désigné n'est plus le gouvernement mais la République elle même, le diagnostic n'est plus celui d'un mouvement social. C'est celui d'une insurrection en gestation. Gérald Darmanin promet des comparutions immédiates pour les auteurs identifiés de violences, d'intrusions, d'incendies et de pillages. La réponse pénale est nécessaire. Elle ne suffira pas si l'État refuse de nommer ce qui se passe, de dire qui frappe et qui arme les mains. À six mois de la présidentielle, la question n'est plus de savoir si la France est en danger. C'est de savoir si elle a encore la volonté de se défendre.

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