Entretien avec Richard Sitbon pour son livre, Les Anges Intermédiaires Pulsa di Nura

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Entretien avec Richard Sitbon pour son livre, Les Anges Intermédiaires Pulsa di Nura

C'est le second roman de Richard Sitbon, Les Anges Intermédiaires Pulsa di Nura.

C'est un roman passionnant, détonnant, qui nous rappelle au monde mystérieux de la Kabbale et de ses secrets, mais également nous rappelle que le judaïsme ne peut survivre sans le questionnement.

Richard Sitbon nous explique que l'intranquillité, le questionnement, le doute sont supérieurs aux certitudes dans le judaïsme.

Il insiste pour dire que le souffle de la vie juive est la question bien plus que la réponse.
La question ouvre, la réponse ferme.

Nous avons été intrigué par l'histoire de ce livre; Les Anges Intermédiaires Pulsa di Nura, et par cette connaissance pointue des secrets de la Kabbale qui émaille au fil des pages.

Richard Sitbon a bien voulu répondre à mes questions et nous livrer les réponses pour Alliance.
Quelques extraits du livre en cliquant-ici

Claudine Douillet : Comment pourriez vous résumer cette histoire ?

Richard Sitbon : Les Anges Intermédiaires Pulsa di Nura est une histoire qui se passe à Jérusalem ou un meurtre a lieu dans le milieu orthodoxe. À travers l’histoire, je confronte le lecteur à un questionnement qui le conduit à découvrir au fur et à mesure les réponses des kabbalistes aux questions auxquelles le judaïsme traditionnel ne donne pas de réponse.

À travers 4 personnages qui représentent les 4 enfants de la haggadah de la pâques juive.
Le roman nous questionne sur la limite de la liberté des hommes…peut être limitée……jusqu'à, à l'instar de Hénoch de la bible, lui permettre de devenir des presque Dieux…
Le roman nous questionne sur la notion du juste alors que dans cette même  haggadah de pessah il n'y pas de juste. Il y  fait figure de grand absent.

Mes personnages, un rabbin, un enquêteur, une universitaire, et un meurtrier doivent entraîner le lecteur jusqu’à la dernière page à repenser ce à quoi ils étaient si sûr de comprendre pour les amener non pas à une remise en cause de la "foi", mais a ne pas rester sur des certitudes et continuer toujours ce questionnement qui a commencé avec le premier homme, Adam, qui lui a choisi la liberté en refusant la facilité du paradis.

Claudine Douillet : vous avez étudié, sans aucun doute, les textes anciens, qu'en avez vous retenu et qu'en pensez vous et notamment de cette malédiction ?

Richard Sitbon : La malédiction pulsa de Nura nous conduit à travers le personnage du rabbin à la limite de l'utilisation de la kabbale et surtout au danger de conduire le judaïsme ou tout autre religion dans un lieu où la volonté d'étudier, de progresser conduit souvent à se détacher et de ne plus comprendre la réalité de la vie et des hommes.

Claudine Douillet : le livre raconte l'histoire d'une enquête sur un secret ?
Avez-vous durant vos études de textes appréhendé certains de ces secrets ?

Richard Sitbon : Un des géants du judaïsme et de la philosophie en général est sans aucun doute Charles Mopsik. Il a renouvelé l'étude de la kabbale, de la mystique juive en nous ouvrant à travers ses études et écrits une compréhension nouvelle et moderne des textes qui avant lui apparaissaient obscure.

Elève de jean Zacklad lui aussi spécialiste dans la tradition mystique, ces penseurs que j'invite à étudier nous conduisent dans un monde que souvent le judaïsme d'aujourd'hui oublié, sciemment, pour nous laisser dans une obscurité qui hélas n'a rien de moderne. Mon roman, Les Anges Intermédiaires Pulsa di Nura invite le lecteur à redécouvrir certaines vérités oubliées.

Claudine Douillet : quel est le message que vous souhaitez faire passer en vue de toute cette connaissance ?

Richard Sitbon : En tant qu'essayiste, mon but est toujours de provoquer de nouveaux débats. Avec "Une réponse juive à l'anarcho capitalisme " et "l'économie selon la bible" j'ai été le premier à remettre d'actualité le débat d'une économie qui serait un mode de vie et non une suite de recommandations…

A travers ce roman, Les Anges Intermédiaires Pulsa di Nura, j'appelle ici aussi à repenser notre étude du judaïsme à travers une étude qui serait non pas une étude exclusive de la halakha, pratiques du rituel, mais une étude qui serait un retour vers ce qui a toujours été l'étude : le questionnement, le doute, l'étude de la morale, la pensée juive, la philosophie juive…, même aux prix de perdre les personnes qui retournant à la religion juive ne demandent que des réponses simples, toutes faites, qui conduisent hélas de plus en plus vers un judaïsme extrémiste, appelant exclusivement un messie à l'aide, au lieu de se baser sur le travail des hommes….

Claudine Douillet : Pensez vous que les événements actuels de Jérusalem ont un lien avec les textes cachés ?

Richard Sitbon : Les textes cachés, je ne sais pas, ce qui est sûr c'est que nous sommes dans un monde où tous les peuples choisissent leur camp et prennent position, par rapport au destin du peuple juif et d'Israël.

Mon dernier essai "La France peuple élu de l'Europe ?" paru en 2016 appelait la France à reprendre son destin en main et a revenir vers ses valeurs qui sont proches des valeurs du judaïsme…hélas il n'y a pas ce réveil.

Claudine Douillet :  pourquoi avez vous ressenti la nécessité de parler de certains
secrets ?

Richard Sitbon : Comme je l'ai dit, le judaïsme doit reprendre son drapeau qui est avant tout le drapeau de l'étude de la pensée et de la philosophie et non exclusivement celui de la facilité, qui est axé sur la halakha ou des slogans du style "gog ou magog" ou machiah now".
Même au risque de délaisser ou laisser de côté ceux d'entre nous qui pensent que la facilité, la certitude est le chemin…

Claudine Douillet : Y croyez vous ? Et si oui pourquoi ?

Richard Sitbon : Je crois avant tout à tous les textes qui malmènent nos certitudes.
Le premier homme Adam nous a montré le chemin. A une vie tranquille prés de Dieu, il a préféré la liberté de choisir son destin, de commander sa vie, de prendre des risques …

Claudine Douillet : Avez vous la certitude que nous avons été abusé par Dieu ? Alors que vous avez étudié les textes sacrés ? Pourquoi cette impression d'être désabusé, déçu, amer ?

Richard Sitbon : On ne peut s'empêcher de penser à la création de l'homme comme un piège ou une escroquerie …dès la création du premier homme les dés sont pipés.
Adam et Ève ne peuvent rester dans la contemplation de l'arbre de la connaissance qui leur ouvre la voie de la liberté, d'un savoir secret qu'ils ne détiennent pas : celui de progresser par soi-même, celui surtout de passer d'un stade de gestionnaire de la création de Dieu ; à celui d'être libre, maitre de son destin, pour le bien ou le mal et surtout recevoir une certaine forme créatrice, qui lui donne un nouveau pouvoir et qui le rapproche de dieu.

Il n'y a pas d'amertume juste une réflexion sur l'injustice de la création qui fait porter à l'homme une énorme responsabilité alors même que les conditions de sa réussite ne sont jamais réunies. Après avoir pris sa liberté, le regard de l'homme ne peut se tourner vers le stade suprême, devenir lui-même une sorte de dieu en restant aussi un homme

C'est le destin de Hénoch de la bible, du prophète Elie, ou de Moïse qui selon les textes était avant de mourir un "eved elohim" c’est-à-dire un travailleur de dieu, et à sa disparition  un "ich elohim" un homme -dieu.

 

 

Claudine Douillet

Les Anges Intermédiaires Pulsa di Nura de Richard Sitbon

Les Anges Intermédiaires Pulsa di Nura de Richard Sitbon

 

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