De Gaza à Beilinson : la réhabilitation des cinq sentinelles d’Israël kidnappées le 7 octobre

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De Gaza à Beilinson : la réhabilitation des cinq sentinelles d’Israël kidnappées le 7 octobre

Des sentinelles oubliées à la réhabilitation : le destin des cinq observatrices survivantes

Avant le 7 octobre : les yeux d’Israël ignorés

Elles s’appellent Daniela Gilboa, Liri Albag, Naama Levy, Karina Ariev et Agam Berger. Cinq jeunes femmes, simples conscrites, affectées comme tatzpitaniyot, observatrices aux écrans postés le long de la frontière de Gaza. Leur mission : repérer le moindre mouvement suspect, scruter sans relâche des images souvent monotones mais décisives pour la sécurité d’Israël.

Le 7 octobre, leur quotidien bascule. Les terroristes du Hamas les kidnappent, les maltraitent et diffusent les vidéos de leur enlèvement, visage tuméfié, mains ligotées, entourées de cadavres. Cette mise en scène macabre devient l’un des symboles les plus glaçants de la barbarie du Hamas/ Parmi les vingt-six surveillantes en poste ce jour-là, quinze seront assassinées, sept emmenées vivantes dans la bande de Gaza, une seule sauvée plus tard par l’armée.

Plus cruel encore : depuis des mois, ces observatrices avaient signalé à leurs supérieurs des anomalies, des comportements suspects, des préparatifs inquiétants côté palestinien.
Leurs alertes ont été ignorées, jugées exagérées ou anecdotiques — peut-être parce qu’elles étaient de jeunes femmes, reléguées dans un rôle perçu comme secondaire. Cette surdité institutionnelle a ouvert la voie à l’inimaginable.

Six mois plus tard : du cauchemar au long chemin de la réhabilitation

Six mois après leur retour en Israël, un autre combat a commencé. Celui de la reconstruction. Les cinq survivantes ont passé ces derniers mois dans l’unité spéciale des détenus de l’hôpital Beilinson du groupe Clalit. Leur sortie récente de ce service marque une étape charnière : la fin d’une surveillance hospitalière intensive et l’amorce d’un suivi personnalisé.

Dès la première journée de « check-up », un protocole complet leur est appliqué : consultation médicale générale, analyses sanguines, bilans en physiothérapie et ergothérapie, suivi nutritionnel et examens d’imagerie. Chaque femme bénéficie désormais d’un plan thérapeutique adapté, pensé sur le long terme, pour tenter de réparer ce qui a été brisé dans la chair et dans l’esprit.

Un moment de grâce au cœur du soin

Le moment le plus fort n’a pas été médical, mais symbolique : un cours de danse animé par Julia Shachar, star de Dancing with the Stars.

En bougeant ensemble, ces femmes ont recréé l’image bouleversante de leur réunion au retour d’Agam. La danse, simple et fragile, s’est transformée en langage de résilience, une tentative de réappropriation du corps et du lien social, au milieu des traumatismes encore vifs.

Un dispositif innovant au service de la guérison

Cette approche globale, baptisée « jours de check-up », est née de l’initiative de la professeure Noa Elikim-Raz, cheffe du service des détenus, et du docteur Michael Bechar, directeur de la réhabilitation. Tous deux ont voulu offrir un cadre qui ne soit pas seulement médical, mais aussi symbolique et collectif.

« Ces cinq femmes sont retournées pour la première fois au service des détenus, qui incarne pour elles la sortie de la captivité. Notre reconstruction en tant que nation ne sera complète que lorsque les 50 otages seront revenus », affirme Elikim-Raz. Une déclaration qui replace ces destins individuels dans l’ombre persistante des autres captifs.

Un combat individuel et national inachevé

Leur réhabilitation témoigne d’une résilience extraordinaire, mais elle reste incomplète. Car tant que des otages demeureront prisonniers à Gaza, la cicatrice collective d’Israël ne se refermera pas. L’histoire des observatrices survivantes incarne cette double vérité : un corps qui tente de se réparer et une nation qui cherche encore à se relever.

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