Crèche Mini Bambini à Petah Tikva : des nourrissons battus, une peine dérisoire et l’échec de la justice israélienne

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Crèche Mini Bambini à Petah Tikva : des nourrissons battus, une peine dérisoire et l’échec de la justice israélienne

Mini Bambini à Petah Tikva : violences sur nourrissons, accord judiciaire controversé et colère des parents

À Petah Tikva, l’affaire de la crèche privée Mini Bambini ne surgit pas de nulle part. Bien avant la réaction récente de la mère de jumeaux victimes, une enquête pénale lourde avait mis au jour des violences répétées sur des nourrissons. La condamnation clémente obtenue par accord de plaidoyer ravive aujourd’hui une colère profonde et pose une question centrale : la justice israélienne protège-t-elle réellement les tout-petits ?

Une enquête ouverte après des soupçons de violences graves

L’affaire dite de la crèche Mini Bambini éclate publiquement à la fin de l’année 2025, lorsque plusieurs parents de jeunes enfants signalent des comportements anormaux et inquiétants au sein de cette structure privée située à Petah Tikva. Une enquête est alors ouverte par la police et le parquet, appuyée par des témoignages de familles et des éléments recueillis lors des investigations.

Très rapidement, le dossier prend une ampleur dramatique. Selon l’acte d’accusation, plusieurs éducatrices sont soupçonnées d’avoir exercé des violences répétées sur des nourrissons et des enfants en bas âge, parfois âgés de moins de deux ans. Les faits évoqués incluent des coups portés à la tête, des gestes brusques, des traînements au sol et des comportements agressifs incompatibles avec toute mission éducative.

Trois employées mises en examen, des faits qualifiés de sévères

Au cœur de la procédure figurent trois employées de la crèche, dont Shifra Rachel Cohen, alors âgée de 37 ans. L’acte d’accusation décrit une série d’agressions commises alors que les enfants étaient totalement dépendants des adultes censés assurer leur sécurité. Les chefs retenus concernent des violences physiques sur de très jeunes enfants, dans un cadre institutionnel censé être protecteur.

L’enquête révèle également l’existence d’enregistrements et de témoignages faisant état de menaces verbales et d’un climat de peur au sein de la crèche. Ces éléments contribuent à renforcer la gravité perçue des faits et à susciter une vive émotion parmi les familles concernées.

Un accord de plaidoyer qui évite un procès complet

Début février 2026, l’affaire connaît un tournant judiciaire majeur. Shifra Rachel Cohen conclut un accord de plaidoyer avec le parquet, mettant fin à la perspective d’un procès pénal long et public. Dans ce cadre, elle reconnaît quatre cas d’agression sur de jeunes enfants.

Le tribunal de Petah Tikva valide cet accord et prononce une peine de trois mois de travaux d’intérêt général, assortie d’une compensation financière de 6 000 shekels destinée aux familles des victimes. Aucune peine de prison ferme n’est retenue, malgré la nature des faits reprochés.

Cette décision suscite immédiatement des interrogations, tant sur la qualification pénale retenue que sur le message envoyé en matière de protection de l’enfance.

La colère des parents face à une peine jugée dérisoire

C’est dans ce contexte que Tanya Cohen, mère de jumeaux victimes de maltraitance à la crèche Mini Bambini, prend publiquement la parole. Dans une interview accordée à Ynet, elle dénonce une justice qu’elle estime défaillante. Selon elle, la peine prononcée ne reflète en rien la gravité des violences subies par des nourrissons incapables de se défendre.

Elle évoque notamment les enregistrements qu’elle a pu entendre, contenant des menaces répétées à l’encontre des enfants, et affirme avoir été profondément choquée par leur contenu. Pour elle, l’accord de plaidoyer constitue une « bombe à retardement », laissant entendre qu’aucune véritable dissuasion n’existe pour empêcher que de tels faits se reproduisent ailleurs.

Une affaire emblématique des failles du système

Au-delà du cas individuel de la crèche Mini Bambini, cette affaire met en lumière une problématique plus large en Israël : celle du contrôle des structures privées de garde d’enfants et de la réponse pénale apportée aux violences commises sur des mineurs très jeunes.

L’absence de peine lourde, malgré des faits qualifiés de graves, alimente aujourd’hui un sentiment d’injustice chez les parents et relance le débat sur la nécessité de renforcer la législation, les contrôles et les sanctions. Pour de nombreuses familles, cette affaire n’est pas seulement un scandale local, mais le symptôme d’un système qui peine à protéger ceux qui n’ont ni voix ni défense.

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