Cosmétiques et nazisme : Weleda accusée d’avoir collaboré avec les SS à Dachau

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Cosmétiques et nazisme : Weleda accusée d’avoir collaboré avec les SS à Dachau

Crème de l’oubli : Weleda face aux fantômes de Dachau

Une enquête historique jette une lumière glaçante sur les liens présumés entre l’entreprise suisse Weleda et les expérimentations humaines menées dans l’enfer du camp de concentration de Dachau. Derrière les slogans apaisants du monde de la cosmétique naturelle, une réalité brutale refait surface, bouleversant la mémoire et interpellant les consciences.

Un nom doux, une vérité brutale

Depuis sa fondation en 1921, Weleda cultive une image de pureté et de respect de la nature, portée par les principes anthroposophiques du Dr Rudolf Steiner.
Pourtant, derrière cette façade végétale, un pan obscur de l’histoire ressurgit.
D’après les révélations de l’historienne allemande Anne Sudrow, spécialisée dans les relations entre science, industrie et nazisme, Weleda aurait fourni une crème “anti-gel” utilisée dans les expérimentations médicales les plus inhumaines du régime hitlérien.

Le nom du camp de Dachau, installé à une quinzaine de kilomètres de Munich, reste associé à une double horreur : celle de la violence physique et de la froide rationalité scientifique pervertie.
C’est là, entre les barbelés et les baraquements, que le médecin SS Sigmund Rascher aurait testé des crèmes destinées à protéger les pilotes de la Luftwaffe contre les températures extrêmes. Pour “vérifier” leur efficacité, des prisonniers étaient immergés dans des baignoires remplies d’eau glacée, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Un supplice minutieusement consigné.

Les ombres d’un partenariat mortifère

Selon les documents exhumés par Sudrow, cette fameuse crème testée sur des cobayes humains aurait été fournie par Weleda. L’entreprise aurait par ailleurs bénéficié d’un accès privilégié à des cultures de plantes médicinales sur des terres appartenant aux SS, près du camp. Ces récoltes auraient été achetées à bas prix, parfois cultivées grâce au travail forcé, une main-d’œuvre réduite en esclavage sous l’uniforme rayé des déportés.

L’élément le plus troublant réside peut-être dans le fait que plusieurs employés de l’entreprise suisse auraient eu connaissance de ces tests. Certains auraient même reçu des comptes rendus des résultats obtenus sur les prisonniers de Dachau. Des informations remontées à la direction, sans que cela ne provoque, semble-t-il, de scandale ou de rupture.

Une enquête qui dérange les certitudes

Weleda avait pourtant commandé en 2023 un rapport interne sur son passé durant la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci affirmait alors qu’aucune preuve directe ne liait l’entreprise aux crimes nazis. Mais les découvertes récentes ébranlent cette version. La direction a réagi en annonçant l’ouverture d’une nouvelle enquête indépendante et internationale. Elle promet de ne rien dissimuler, d’examiner sans détour les archives disponibles et d’établir, si nécessaire, les responsabilités historiques.

La société suisse a également réaffirmé sa condamnation du nazisme, de l’antisémitisme et de toute forme de racisme, rappelant son engagement en faveur de la transparence. Une posture attendue, certes, mais qui ne suffit pas à répondre aux interrogations morales et aux blessures ouvertes.

Le prix du silence

Il ne s’agit pas ici d’accuser sans preuve formelle, mais de rappeler que l’oubli, volontaire ou non, est une forme de complicité.
Une crème utilisée dans un protocole d’expérimentation nazi, même à l’insu partiel de son fournisseur, n’est pas un fait anodin.
Le bénéfice retiré par l’entreprise d’une coopération directe ou indirecte avec les SS, qu’il s’agisse d’avantages agricoles ou de retours scientifiques issus de crimes contre l’humanité, soulève des questions éthiques majeures.

La Shoah n’est pas seulement un drame du XXe siècle. Elle est un miroir tendu à notre XXIe siècle. Quand une entreprise encore en activité aujourd’hui se voit rattrapée par son passé dans les barbelés de Dachau, c’est toute la société contemporaine qui doit s’interroger : que savons-nous vraiment de l’histoire de ceux que nous finançons, que nous admirons, que nous consommons ?

Une mémoire à vif

Weleda n’est pas la seule entreprise européenne dont les racines plongent dans la terre brune de la compromission. D’autres multinationales ont été rattrapées par leurs accointances avec le Troisième Reich. Mais l’affaire Weleda illustre à quel point la frontière entre la neutralité industrielle et la collaboration silencieuse est ténue.

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