Cinq ans après l'assassinat de son fils en Israël : Il faut voir la vie avec une lentille plus large

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Il y a 5 ans son fils Naftali âgé de 16 ans a disparu ainsi que deux autres adolescents juifs qui avaient été vus pour la dernière fois vivants, près d'Alon Shvut, en Judée-Samarie, Rachelle Sprecher Fraenkel a trouvé le réconfort dans l'apprentissage approfondie du judaÏsme et dans  la puissance de la prière. .

"Dieu ne travaille pas pour nous", a-t-elle déclaré aux médias israéliens. "Dieu n'est pas notre serviteur", "mais la prière est digne, peu importe le résultat."

Lors des funérailles de son fils, après que les forces de sécurité aient retrouvé les corps sans vie des adolescents enlevés près d'un village palestinien en juin 2014 - elle s'est à nouveau tournée vers la tradition. La prière est digne malgré le résultat final, a-t-elle déclaré, car «chaque prière a son propre travail à faire».

Pour ceux qui ne connaissaient que Rachelle Sprecher Fraenkel comme l'une des mères des adolescents assassinés, dont l'enlèvement avait entraîné une énorme chasse à l'homme et un traumatisme national, elle était le visage pieux d'une campagne brûlante et finalement infructueuse «Bring Our Boys Home» " ramenez nos garçons à la maison"

Mais les amis et la famille connaissaient Rachel Fraenkel comme enseignante et universitaire à part entière, pionnière de l’enseignement intensif des textes pour les femmes orthodoxes.
Rachel Fraenkel est une éducatrice de longue date chez Nishmat - le Centre Jeanie Schottenstein pour les études avancées de la Torah pour les femmes et la directrice de Hilkhata,programme avancé de Halakha, du Matan Women's Institute pour les études de la Torah.

«La vérité est que la tragédie ne définit personne. En tout cas pas moi », a déclaré Rachel Frankel lors d'un entretien téléphonique quelques jours avant l'anniversaire des cinq ans du décès de son fils Naftali et des deux autres adolescents tués, Gilad Shaer et Eyal Yifrach.

Ce qui définit une personne c’est son dévouement à l’apprentissage du judaïsme.
Son dévouement ,à elle, l'a poussé à entreprendre un nouveau programme d'étude de la halakha, la loi juive, équivalent aux étude pour devenir rabbins. Elle a validé tous ses diplômes.

En fait, selon la Rabbanit Malka Bina, directrice de Matan, le lendemain de la fin du shiva, soit après sept jours après la mise en terre de son fils, Rachel Fraenkel était de retour à l'école afin d'aider ses élèves à réviser pour leurs examens.

Rachel Fraenkel et les 13 autres femmes ayant obtenu leur diplôme du programme Hilchata à Matan le 12 juin, sont toutes des anciennes élèves des d’établissements qui proposent une étude textuelle aux femmes orthodoxes.
Ces établissement sont en nombre croissant en Israël.
Rachel Frankel dit que beaucoup d’entre elles, en tant que femmes, ont déjà étudié daf yomi, l’étude quotidienne du Talmud, d’une longueur de 2 711 pages, achevée en sept ans et demi.

Certaines des étudiantes sont diplômées d'un programme de trois ans à Nishmat qui les certifie comme yoetzot halacha, conseillers halachiques.

Ce programme permet aux femmes de répondre aux questions de droit religieux relatives au corps des femmes, telles que la menstruation et la fécondité.

Bien que l'apprentissage de Hilchata soit aussi complet que celui de l'école rabbinique, Rachel Frankel le décrit comme "un enseignement spécial", car elle ne sera pas ordonnée rabbin. C'est apprendre pour apprendre.

Contrairement à certains groupes orthodoxes libéraux qui forment des femmes pour des rôles qui sont explicitement ou implicitement liés à ceux du rabbinat, elle explique que l'achèvement du programme Hilchata ne donne  aucune sorte d'ordination (en hébreu, smicha). Elle n'est pas rabbin mais peut répondre à des questions halachiques.

Selon Rachel Frankel, les diplômes remis indiquent uniquement " que cette  personne a appris ceci et cela et que nous espérons pour que cette étude  lui permettra de rapprocher des personnes de la Torah".Ces certificats indiquent que le titulaire a étudié «sérieusement et de façon approfondie».

Ce programme est une réelle évolution  a-t-elle déclaré.
Les femmes comme elle, possédant de solides connaissances des textes juifs,  qui participent à daf yomi et enseignent la Torah, doivent s'en remettre à d'autres autorités en cas d'aspect de la Torah qu'elles n'auraient pas étudiées. Elles ne peuvent pas se substituer aux autorités rabbiniques concernant certaines études de la Torah. 

Apprendre à un tel niveau était pour moi  «une étape évidente», a-t-elle déclaré, car en tant
qu '«enseignants de la Torah, les étudiants attendent de vous des réponses à des questions qu'ils ne peuvent pas trouver seuls ou en dehors d'un système éducatif d'un haut niveau. C'est à nous de leur apporter ces réponses.

Une suite prévue est le programme Shayla Women's Online Responsa , questions et réponses sur le droit religieux pour les femmes dirigée à Matan par Surale Rosen, une autre récente diplômée de Hilchata

Au cours des six années, les élèves ont progressé à travers une série de sujets,notamment les questions de statut personnel, les lois du Shabbat et des jours fériés, les lois relatives au deuil et les lois relatives aux femmes et les rituels entourant la menstruation.

Le programme Hilchata a été lancé au cours de l'année universitaire 2013-2014, quelques mois avant l'assassinat de son fils.

Il est donc naturel de se demander en quoi son apprentissage l'a aidée à faire son deuil et à canaliser sa douleur. Elle a ri et a dit que cela n'avait de sens que parce qu'elle était soutenue par un groupe d'amis proches et par sa famille.

Lorsqu'on lui a demandé quels souvenirs de son fils elle voulait garder, elle a d'abord répondu qu'elle ne pouvait pas répondre.
Puis, interrogé sur les souvenirs de son fils qui la soutenaient le plus et lui donnaient la capacité de poursuivre , Rachel Frankel a expliqué que "que le défi était de séparer le souvenir de la douleur» et que c'était un processus difficile"

Quand me revenait les souvenirs de mon fils, chacun d'eux, même les plus heureux, étaient fatalement associés à l'image atroce du coup de couteau dans son ventre. Aujourd'hui ,j'ai réussi à dissocier la douleur et le souvenir, les pensées et les souvenirs sont devenues joyeux"

Elle a poursuivi: «Pourtant, persiste un côté tragique face auquel je ne peux pas lutter : il nous manque tellement»
Les amis de son fils continuent à rester en contact avec elle et entre eux.
Rachel Fraenkel, a six enfants, elle reconnait qu'elle avait été épuisée émotionnellement et qu'il lui avait été difficile de s'occuper de son petit dernier durant cette période.

Rachel Frankel dit qu'elle a appris, en termes de gestion du deuil, que «l'important est d'être là pour les gens».
Elle parle d'une autre mère endeuillée qui a perdu son fils au Liban. Elle a appelé Rachel Frankel avant Rosh Hashanah, jour de l'an juif et lui a fait part de son inquiétude à l'approche des vacances pour la première fois sans son fils. Ces mots simples et tellement vrais m'ont un peu apaisés."

Elle cite les paroles d'une autre mère endeuillée - Sherri Mandell, dont le fils, Kobi, a été assassiné par un terroriste à Tekoa en 2001 - qu'il ne s'agit «pas de vaincre, mais de devenir."

Elle compare le deuil et l'éloignement à l'utilisation d'un appareil de photographie.

Elle a compris qu'on pouvait se concentrer sur soi, focus, sur sa propre blessure" et rester sur cette vision de la situation, qui est finalement juste mais terriblement limitante.

"C'est un peu comme avec un appareil à photo on peut réduire la lentille ou au contraire l'agrandir. Choisir d'utiliser une lentille plus large.
Et si on agrandit son champ de vision, on peut voir après, voir plus loin, car tant de choses nous attendent, si nous acceptons de les percevoir.
D'autres bénédictions, espoirs , succès mais aussi échecs sont sur notre chemin de vie.
Quand vous travaillez avec un objectif plus large alors les bénédictions pleuvent".

La douleur et le deuil sont des épreuves à dépasser. La prière a son propre chemin ce que vous demandez n'est pas toujours pour votre bien. Mais une chose est certaine, apprendre à dépasser l'épreuve apporte les bénédictions.

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